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La truite fardée de retour dans le parc national de Banff, un demi-siècle plus tard


Pour Megan Goudie, qui fait partie de l’équipe travaillant sur le projet, c’est une nouvelle aussi encourageante qu’inattendue. Je ne peux même pas croire que nous réhabilitons enfin la truite fardée versant de l’ouest… c’est comme le summum de notre travail, dit-elle. Le biologiste a également confié qu’il avait parfois douté de l’issue de l’initiative.

La restauration de l’habitat de la truite fardée versant de l’ouest est un projet sur lequel Parcs Canada travaille depuis plus d’une décennie.

Pour ce faire, les agents transfèrent les œufs fécondés de l’écloserie vers des incubateurs éloignés du bord du ruisseau, afin d’éviter qu’ils ne deviennent des proies. Ainsi, des seaux bercent des truites en croissance, tandis que l’eau, s’écoulant à travers des tubes et une valve, simule un environnement de nidification.

Si tout se passe bien, dans cinq ans cette population de minuscules poissons sera suffisamment mature pour se reproduire.

Corriger une erreur historique

Le projet de restauration d’un milieu propice à la conservation de la truite fardée versant de l’ouest vise à corriger une erreur commise dans les années 1900. À l’époque, les autorités avaient introduit des espèces non indigènes dans de nombreux lacs du parc national pour aider les pêcheurs à augmenter leurs prises.

La pratique a depuis été arrêtée, mais le mal était fait. En conséquence, la truite mouchetée et la truite arc-en-ciel ont prospéré aux dépens des espèces indigènes. À cela s’ajoute l’augmentation des températures de l’eau, qui a rendu plus difficile la survie de la truite fardée versant de l’ouest indigène. L’espèce occupe maintenant moins de 10 % de son aire de répartition historique.

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Les œufs fécondés sont transférés du couvoir aux incubateurs.

Photo : Radio-Canada/Helen Pike/CBC

De grands défis à venir

Nous corrigeons une erreur que nous avons commise il y a environ 50 ans à cet endroit, reconnaît Shelley Humphries, spécialiste de la faune aquatique et membre du projet. Cependant, elle a souligné qu’une telle initiative leur présentait de grands défis. Par exemple, l’équipe devait trouver des truites génétiquement pures.

Elle devait aussi et surtout débarrasser les lac caché des poissons non indigènes qui y avaient été introduits, comme l’omble de fontaine. Après avoir essayé sans succès plusieurs méthodes, dont l’utilisation de filets, la pêche à la ligne et même la pêche électrique, pendant environ quatre ans, on s’est rendu compte qu’en fait ça ne marchait pasa expliqué Mme Humphries.

C’est alors que l’équipe a décidé d’utiliser la roténone, une substance toxique naturelle pour les poissons. Shelley Humphries a expliqué que cette poudre rose, dérivée des racines des plantes, est ajoutée à l’eau qui pénètre dans le système du poisson par les branchies, inhibant sa respiration. Il n’est toxique que pour les poissons et n’est pas nocif pour les personnes, les mammifères ou les oiseaux aux niveaux utilisés.

Après deux ans, ce traitement a permis à Parcs Canada d’avoir un lac sans poisson prêt pour la truite fardée versant de l’ouest.

Grâce aux efforts de l’équipe de recherche, les alevins nagent désormais, sous surveillance, dans les incubateurs installés à cet effet, jusqu’à ce qu’ils soient prêts à être relâchés.

Avec des informations d’Helen Pike

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