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EN DIRECT – « Nous allons prendre le contrôle de l’ensemble des activités stratégiques d’Atos », annonce Bruno Le Maire sur LCI

Le ministre de l’Économie est l’invité de Darius Rochebin ce dimanche à 18 heures
A la veille de présenter aux députés ses prévisions pour un retour du déficit sous la barre des 3% en 2027, Bruno Le Maire reviendra notamment sur le verdict de Moody’s et Fitch, qui ont décidé de maintenir la note de la France.
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Déficit public : la France dans le rouge

« LA RUSSIE EST SUR LE CHEMIN DE LA DÉPENDANCE »

« L’économie russe ne va pas très bien », estime Bruno Le Maire. « L’avenir montrera malheureusement, parce que j’ai beaucoup d’affection pour le peuple russe, que le pays s’est engagé sur la voie de la dépendance. La guerre est le moteur de l’économie russe. Oui, les sanctions sont efficaces. »

BRUNO LE MAIRE « NE PRÉPAREZ PAS 2027 »

« Je ne prépare pas 2027 », assure Bruno Le Maire sur LCI. « Cela fait sept ans que je suis à ma tâche, je me concentre sur mes responsabilités. Il faut continuer à obtenir des résultats économiques, garantir le retour à des finances publiques saines. Cela suffit à remplir la journée d’un homme. »

« TANT QUE EMMANUEL MACRON ME FAIT CONFIANCE, JE RESTERAI »

Bruno Le Maire restera-t-il au gouvernement jusqu’à la fin du mandat d’Emmanuel Macron ? « Tant que le président de la République me fera confiance, je resterai », assure-t-il sur LCI. « Je ne pars pas quand les choses deviennent difficiles. Mes relations avec le président de la République sont très bonnes et l’ont toujours été. La preuve, il m’a gardé sa confiance. Je vois beaucoup de remarques de la part de personnes qui n’ont aucune idée. Je n’ai jamais assisté à une discussion.

« LE PROGRAMME ÉCONOMIQUE DE MARINE LE PEN EST COMMUNISTE »

« Le programme économique de Marine Le Pen est de type communiste », dénonce Bruno Le Maire, qui cite « le retour à la retraite à 60 ans, la nationalisation des autoroutes » ou encore « le refus de la politique de l’offre ». « Ce sont des gens qui ne croient plus en la France », fustige le ministre de l’Économie. « Ne cédons pas à cette capitulation spirituelle. La politique de Marine Le Pen serait une catastrophe pour notre pays.»

« IL NE FAUT JAMAIS AVOIR PEUR DES GENS »

Faut-il organiser un référendum sur l’immigration, comme le réclame le Rassemblement national ? « Aucune question difficile ne doit échapper au vote des Français », répond Bruno Le Maire sur LCI. « Il ne faut jamais avoir peur des Français. Il est important de consulter les Français.»

L’ÉTAT VEUT ACQUÉRIR « TOUTES LES ACTIVITÉS DE SOUVERAINETÉ D’ATOS »

« J’ai déposé ce week-end une lettre d’intention en vue d’acquérir l’ensemble des activités de souveraineté d’Atos », a annoncé Bruno Le Maire sur LCI. « L’agence des participations de l’État, sous mon autorité, réalisera cette opération. J’espère que l’État n’est pas seul, mais que c’est l’État qui prend l’initiative.

Pour rappel, Atos possède notamment des supercalculateurs utilisés pour la dissuasion nucléaire et des contrats avec l’armée française. «C’est une décision lourde», explique Bruno Le Maire. « Quand on voit des menaces sur un groupe privé qui exerce des activités stratégiques, je prends mes responsabilités et je garantis que ces activités stratégiques restent françaises. »

« TOTALENERGIES DOIT RESTER UNE ENTREPRISE FRANÇAISE »

« Total doit rester une entreprise française », souhaite Bruno Le Maire, alors que le pétrolier réfléchit à une cotation principale à la bourse de New York. « Si nous voulons que le siège boursier de Total reste en Europe, il faut lui donner les moyens de se développer. Le Président se bat pour l’union des marchés des capitaux : une entreprise, lorsqu’elle voudra lever des fonds, pourra le faire sur le marché de l’Union européenne. »

BRUNO LE MAIRE APPELLE À « OUVRIR UN DÉBAT SUR NOTRE MODÈLE SOCIAL »

Pour faire des économies, faut-il réduire les dépenses de santé et demander aux Français de payer davantage de leur poche ? « Il faut ouvrir un débat serein sur le financement de notre modèle social », répond Bruno Le Maire. « Où la France dépense-t-elle beaucoup plus que ses voisins ? Retraites et protection sociale. Il faut regarder ce qui est légitime ou non et se poser les questions à temps.»

« NOTRE SITUATION ÉCONOMIQUE EST SOLIDE »

« Ceux qui, hier, m’ont écrit des lettres pour me dire de dépenser plus pendant le Covid-19, viennent aujourd’hui me dire que je ne redresse pas suffisamment les comptes publics », dénonce Bruno Le Maire sur LCI. « Gardons notre sang-froid. L’économie française se porte bien, nous n’avons pas connu de récession. Je ne minimise pas les difficultés de nos finances publiques, mais notre situation est solide. »

« LA PROTECTION DE NOS ENTREPRISES ET COLLABORATEURS, J’EN SUIS FIER »

« Durant le Covid-19, nous avons dû protéger nos entreprises, nos grands secteurs industriels, nos salariés. J’en suis fier », déclare Bruno Le Maire sur LCI. «Maintenant, il faut reprendre le chemin du redressement des finances publiques avec sérénité, mais fermeté. Nous avons pris les décisions qui s’imposaient et nous appliquons un principe simple : nous gagnons moins, nous dépensons moins.

« UN ACCIDENT SUR LES REVENUS EN 2023 »

« Il y a eu un accident sur les recettes en 2023 », reconnaît Bruno Le Maire, alors que le gouvernement a revu à la baisse ses prévisions. « Je veux comprendre ce qui s’est passé. C’est un accident qui vaut 20 milliards d’euros, c’est très important. Il faut le comprendre pour que cela ne se reproduise plus. D’un autre côté, les dépenses publiques ont été parfaitement exécutées. »

« UN SIGNAL CLAIR DE LA CRÉDIBILITÉ DE NOTRE STRATÉGIE »

Vendredi, Fitch et Moody’s ont décidé de ne pas abaisser la note de la France. « Cette décision est un signal clair de la crédibilité de notre stratégie de redressement de nos finances publiques », se réjouit sur LCI le ministre de l’Économie, Bruno Le Maire. « Nous discutons avec les agences, il y a un dialogue régulier entre mes services et les agences. C’est toujours un bon signal lorsque les agences disent que l’économie française est solide.»

Bonjour et bienvenue sur TF1info pour suivre l’interview du ministre de l’Economie et des Finances. Bruno Le Maire répondra aux questions de Darius Rochebin à partir de 18 heures sur LCI (canal 26).

Un emploi du temps chargé pour Bruno Le Maire. Le ministre de l’Economie s’apprête ce lundi à défendre devant les députés le Programme de stabilité (« PSTAB »), en présentant ses prévisions d’un retour du déficit public en dessous de 3% pour 2027.

Vendredi, le ministre de l’Économie « a pris note » de la décision de Fitch et Moody’s, deux des plus grandes agences de notation internationales, qui ont décidé de laisser inchangées leurs notes pour la France. « Cette décision doit nous inviter à redoubler de détermination pour assainir nos finances publiques et répondre à l’objectif fixé par le président de la République : être sous la barre des 3% (du PIB, NDLR) de déficit en 2027 », a ajouté le locataire de Bercy.

Leur avis sur la solidité de la dette française a été particulièrement surveillé après une série de mauvaises nouvelles concernant les finances publiques depuis février, notamment un déficit plus important qu’estimé.

Fitch, qui avait abaissé l’an dernier la note de la France à « AA- » avec une perspective stable, a réaffirmé cette note, ce qui signifie que le risque de défaut est très faible. Elle avait prévenu au début du mois qu’elle n’entendait pas en changer. Moody’s, de son côté, n’a pas « réaffirmé » à proprement parler sa note de Aa2, avec une perspective stable, un cran au-dessus de celle de Fitch, mais ne l’a pas non plus modifiée.

Le déficit public de la France a diminué de manière significative à 5,5% du PIB en 2023 au lieu des 4,9% espérés, principalement en raison de recettes inférieures aux prévisions, et avec 110,6% du PIB de dette, elle a le troisième taux d’endettement le plus élevé de l’UE après la Grèce. et l’Italie. Depuis février, le gouvernement a dû annoncer en urgence deux paquets d’efforts budgétaires de 10 milliards d’euros chacun.

La dette française a toujours une économie « vaste et diversifiée »

« Nous maintiendrons notre stratégie basée sur la croissance et le plein emploi, les réformes structurelles et la réduction des dépenses publiques »a toutefois assuré le ministre après le verdict des deux agences.

Dans leurs communiqués respectifs, il est clair que ni Fitch ni Moody’s ne pensent que le déficit reviendra en dessous de 3% en 2027, ce qui est une exigence de Bruxelles. Pour Moody’s, les perspectives pourraient toutefois s’améliorer si le gouvernement « réussit à avoir et à mettre en œuvre des mesures » permettant une réduction significative de la dette. Mais les perspectives et la notation elle-même pourraient à l’inverse se dégrader à l’avenir si la situation de la dette se dégradait davantage en France que parmi ses « pairs ».

Fitch observe que la notation de la France est justifiée à la fois par un contexte économique « vaste et diversifié »établissements « solide et efficace » Et « une stabilité reconnue ». Mais d’un autre côté, cette note est fragilisée par les finances publiques et notamment le niveau élevé d’endettement.

Les notations attribuées par les deux agences classent toujours la dette française parmi celles de « haute qualité ». La France a perdu son triple A en 2012, ce qui en fait la dette souveraine la plus sûre, comme celle de l’Allemagne actuellement.

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Le gouvernement devra encore affronter le 31 mai la notation de l’agence la plus surveillée, S&P, qui la place sur la même ligne que Moody’s, à AA, mais avec une perspective négative, c’est-à-dire qu’il a prévenu que la notation pourrait baisser à moyen terme.

Bruno Le Maire devra défendre le Programme de stabilité (« PSTAB ») et les prévisions qu’il contient pour un retour du déficit public en dessous de 3% en 2027, devant les députés lundi, puis devant les sénateurs mardi.

Les oppositions sont restées discrètes vendredi soir. Le rapporteur général du budget à l’Assemblée nationale, Jean-René Cazeneuve (Renaissance), a au contraire immédiatement souligné que le maintien des notes était « un signal positif qui valide notre politique de réduction des déficits et les décisions prises en début d’année dès que le ralentissement de la croissance s’est confirmé ».


La rédaction de TF1info

Ray Richard

Head of technical department in some websites, I have been in the field of electronic journalism for 12 years and I am interested in travel, trips and discovering the world of technology.
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