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La pénurie de main-d’œuvre encore plus aiguë qu’on ne le pense


Le taux de chômage a atteint un creux historique au Québec en avril, à 3,9 %. Cependant, ces données frappantes ne révèlent pas toute l’ampleur des difficultés de recrutement rencontrées par les PME, a noté Le journal.

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C’est au Québec que le taux de chômage est le plus bas au pays, en baisse de 0,2 % en avril, malgré la perte de 27 000 emplois, notamment dans le secteur de la construction.

« On se retrouve avec une baisse de l’emploi, mais on a une baisse encore plus prononcée de la population active, c’est pourquoi on voit une baisse du taux de chômage », a expliqué Joëlle Noreau, économiste principale chez Desjardins.

Difficulté à attirer les jeunes

La situation est bien visible sur le terrain. Chez Transport F. Roussel, une PME du Bas-Saint-Laurent, il est difficile d’attirer des travailleurs.

« Nous cherchons des employés et nous ne les trouvons pas », explique Sylvette Lemieux, copropriétaire avec son mari François Roussel de l’entreprise fondée en 1999.

De 31 ouvriers, la PME fonctionne avec seulement une vingtaine de salariés aujourd’hui. L’entreprise a dû vendre six camions et doit refuser des contrats.

« Nous avons beaucoup de mal à attirer les jeunes pilotes. Et c’est très compliqué, parce que les compagnies d’assurances refusent d’assurer ceux qui ont moins de trois ans d’expérience », dit-elle.

Une production désorganisée

Au Saguenay, le patron d’IOS Services géoscientifiques, une PME du secteur minier, peine aussi dans le contexte actuel.

« En 30 ans, je n’ai jamais eu une période aussi compliquée à gérer que maintenant, raconte Réjean Girard.

La chaîne de production qui a déraillé pendant la pandémie a nui à l’entreprise.

«Je vais vous donner un exemple, nous avions une machine d’un demi-million de dollars qui est restée garée dans la cour, parce que nous ne pouvions pas obtenir un joint de tête de 13 $; il a fallu un an pour l’obtenir », dit-il.

Ces derniers mois, ce dernier a dû refuser trois fois plus de contrats et a été contraint d’augmenter sa grille salariale de plus de 40%. « La pénurie est terrible, et même quand on la trouve, on a du mal à les garder », déplore-t-il.

Chez Desjardins, on voit que la recherche de nouveaux travailleurs restera très difficile.

« Nous avons un marché du travail de plus en plus tendu. Il deviendra de plus en plus difficile d’assurer une adéquation entre les compétences recherchées par les employeurs et celles offertes par les employés potentiels », confirme Mme.moi Noreau.

Une situation critique vécue quotidiennement par de nombreux membres de la Fédération canadienne de l’entreprise indépendante (FCEI).

« On vient de passer l’Everest avec la crise liée à la pandémie, et là, il faut gravir le Kilimandjaro avec la pénurie de main-d’oeuvre. Tout cela fragilise nos PME, fragilise nos territoires », illustre François Vincent, v.-p. à la FCEI.

Selon lui, pour aider le secteur, le gouvernement devrait réduire le fardeau fiscal et la fiscalité des PME, les aider à automatiser et favoriser l’immigration afin de trouver de la main-d’œuvre.

– Avec Francis Halin

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