L'Europe

la gauche au pouvoir menacée par l’alliance des droites


Les électeurs suédois votent ce dimanche, dans une élection générale dominée par les thèmes de la criminalité et de l’inflation. La Première ministre sortante, la social-démocrate Magdalena Andersson, espère rester au pouvoir malgré une poussée de l’extrême droite dans les sondages.

La Suède vote dimanche 11 septembre pour des élections législatives qui s’annoncent serrées entre la gauche sortante et une alliance inédite entre la droite et l’extrême droite, après une campagne au suspense maximum et un scénario inédit, dominé par la criminalité et l’inflation.

Jamais jusqu’à ces élections législatives la droite traditionnelle suédoise n’avait envisagé de gouverner avec le soutien direct ou indirect des Démocrates de Suède (SD).

Longtemps paria, le parti nationaliste et anti-immigration est en passe selon les sondages d’accaparer une deuxième place inédite, et de devenir la première formation d’un nouveau bloc de droite.

La Première ministre sortante, la social-démocrate Magdalena Andersson, espère rester au pouvoir sur la base d’un paquet « rouge-vert », pour un troisième mandat de quatre ans d’affilée pour la gauche.

La campagne a été dominée par des thèmes susceptibles de favoriser l’opposition de droite : criminalité et gangs meurtriers, flambée des prix du carburant et de l’électricité, problèmes d’intégration des immigrés…

Mais la solide popularité de Magdalena Andersson, dont la cote de confiance supérieure dépasse celle de son rival conservateur Ulf Kristersson, ainsi que le croquemitaine d’extrême droite des électeurs centristes plaide en faveur de la gauche.

Les cinq instituts de sondage donnent une très légère avance au camp rouge-vert, dans leurs dernières salves, mais tous sont dans la marge d’erreur et les chiffres sont ultra-serrés depuis deux semaines.

La Suède face à la guerre des gangs ©AFP

« Course très très serrée »

Le bloc de gauche dirigé par les sociaux-démocrates – le plus grand parti de Suède depuis les années 1930 – avec le soutien attendu des Verts, du Parti de gauche et du Parti du centre, est crédité entre 49,6% et 51,6%.

Le total des droites – SD, Parti modéré (conservateur), Parti chrétien-démocrate et Parti libéral – navigue entre 47,6 % et 49,4 %.

« C’est une course très, très serrée », a déclaré samedi le Premier ministre Andersson le dernier jour de la campagne.

« Bien sûr que je m’inquiète d’un gouvernement complètement dépendant des démocrates de Suède comme premier parti au gouvernement ou premier soutien (…) Ce serait une Suède différente que nous aurions pendant quatre ans ».

Les deux dernières semaines de campagne ont vu le SD, mené pour la cinquième élection consécutive par son chef Jimmie Åkesson, dépasser les modérés dans les sondages, autour de 19-21 %, au-dessus de leur record de 17,5 % en 2018.

Emmenés pour la seconde fois par leur leader Ulf Kristersson, les modérés ont perdu du terrain autour de 16-18% dans les dernières enquêtes d’opinion.

Le poste de Premier ministre revient traditionnellement en Suède au premier parti de l’alliance victorieuse, mais les partis de la droite traditionnelle sont hostiles à l’idée d’avoir des ministres SD, leur laissant a fortiori le poste de chef du gouvernement.

A gauche aussi, la forme exacte d’un futur exécutif sortant des urnes reste marquée par l’incertitude : le Parti de gauche est hostile à voir le Centre exercer trop d’influence, et inversement.

Mais selon les politologues, une crise politique similaire à celle qui a suivi les élections de 2018 – quatre mois pour former un gouvernement – est peu probable, les camps étant cette fois mieux délimités.

Moment de vérité pour l’Alliance des droits

La victoire de la droite soutenue par l’extrême droite ouvrirait une nouvelle ère politique pour la Suède, qui doit prendre la présidence tournante de l’Union européenne le 1er janvier et finaliser sa candidature historique à l’Otan.

Une nouvelle victoire de la gauche invaliderait la stratégie de rapprochement entre la droite et le SD, qui resteraient tous deux impuissants dans l’opposition.

Au total, 349 sièges sont en jeu au scrutin proportionnel, où seuls les partis obtenant plus de 4 % remportent des sièges. Pour être investi, un Premier ministre ne doit pas avoir 175 voix ou plus contre lui, mais il n’est pas nécessaire d’avoir une majorité absolue de voix favorables.

Quelque 7,5 millions d’électeurs sont appelés aux urnes, mais le vote a déjà commencé dans une Suède qui autorise le vote par anticipation. La participation est traditionnellement très élevée dans le pays nordique aux 10,3 millions d’âmes : en 2018, elle avait dépassé les 87 %, le plus haut depuis 30 ans.

« Il est important de voter pour un gouvernement humaniste, et non dirigé par des politiciens racistes et de droite », a déclaré à l’AFP l’un de ces premiers électeurs, Samuel Skanberg, à Rinkeby, en banlieue. défavorisé à Stockholm.

Dimanche, les bureaux de vote ouvrent à 8H00 (06H00 GMT) et clôturent à 20H00, heure à laquelle deux sondages à la sortie des urnes sont attendus. Des résultats partiels plus fiables devraient être disponibles deux heures plus tard.

Avec l’AFP

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William Dupuy

Independent political analyst working in this field for 14 years, I analyze political events from a different angle.
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