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Paul Théberge a vécu 17 ans sur la rue Sullivan à Val-d’Or. Après des années de stabilité, son immeuble est vendu et il choisit de déménager. Après avoir trouvé un nouvel appartement, non sans mal, il a rapidement dû reprendre ses pas.

Paul Théberge a fait appel à l’organisme La Piaule pour trouver une solution.

Photo : Radio-Canada / Lise Millette

 » Il y a eu un incendie récemment, mon immeuble a brûlé. J’étais là depuis trois mois. Je me suis relevé complètement impuissant, dit-il. »

Une citation de Paul Théberge

Paul Théberge se retrouve sans biens et sans moyens. L’aide d’urgence n’a pas suffi.

La Croix-Rouge m’a payé deux nuits, trois en fait, mais la première, il n’y avait aucune possibilité d’avoir une chambre d’hôtel. Tout perdre du jour au lendemain fait malil exprime.

M. Théberge est inapte au travail. Il reçoit également une aide financière du gouvernement. Il ne vit pas richement, mais a toujours respecté ses obligations de locataire. Malgré ses revenus, trouver un nouvel appartement est difficile.

Il y a des appartements disponibles, mais certains sont trop chers. Il multiplie les démarches, certaines plus chères que d’autres.

Un appartement un et demi à 680$, non éclairé, c’est cher à Val-d’Or! À un moment donné, vous n’avez plus de solutions. S’il y a des locataires véreux, il y a aussi des propriétaires véreux qui exagèrent. Vous faites des recherches et sur 14, 10 m’ont demandé une enquête de crédit, 7 m’ont demandé une somme d’argent. Je n’avais vraiment pas le choix, j’étais dans la rue. J’ai finalement décidé de demander de l’aide à La Piaule. Là, au moins, tu as toujours quelqu’un à qui parleril se confie.

La mission de La Piaule

La disponibilité et l’accessibilité entravent l’accès au logement en Abitibi-Témiscamingue

Un dortoir de La Piaule, organisme qui accueille des sans-abri.

Photo : Radio-Canada / Lise Millette

Située sur le chemin Sullivan, La Piaule propose des chambres de type dortoir, des chambres de transition pour les personnes en attente d’un logement, un centre de jour, l’école de rue, une équipe de travailleurs et un restaurant de soupe qui sert jusqu’à 35 000 repas par année, le tout sous un même toit .

Bien sûr, quand on arrive à aider les gens à trouver un appartement ou simplement à les écouter, c’est une sensation de bien-être, c’est quelque chose qui m’excite et c’est ce que je veux. faire dans la vieelle mentionne.

La disponibilité et l’accessibilité entravent l’accès au logement en Abitibi-Témiscamingue

Marise Lavoie est réceptionniste à La Piaule.

Photo : Radio-Canada / Lise Millette

Stéphane Grenier est professeur de travail social à l’Université du Québec en Abitibi-Témiscamingue et président du conseil d’administration de La Piaule. Il dit voir de plus en plus d’itinérances cachées et de problèmes qui existent sans être comptabilisés dans les statistiques.

Aller coucher chez un oncle, une tante, un copain, chez ses parents : c’est ça l’instabilité résidentielle. L’itinérance cachée comme ça, on la retrouve partout. J’ai des élèves qui vivent des situations comme ça. Les gens arrivent en région et pensent trouver un logement rapidement, mais c’est le contraire. C’est pire qu’à Montréal car il y a moins d’immobilier Le patrimoine construit après 2000 est trop cher pour les étudiants et un patrimoine délabré après les années 1980 est encore très cheril dit.

Des solutions à proposer

La disponibilité et l’accessibilité entravent l’accès au logement en Abitibi-Témiscamingue

Stéphane Grenier est président du conseil d’administration de La Piaule.

Photo : Radio-Canada / Lise Millette

Solutions, Stéphane Grenier en propose plusieurs. Il prône une approche diversifiée.

La crise est tellement grave, ça fait plus de 13 ans qu’on est en crise du logement en Abitibi, maintenant ça touche tout le Québec. Je ne pense pas qu’on ait le choix de s’y prendre de manière multi-vectorielle pour résoudre la crise. Oui, les projets de logements sociaux prennent trop de temps. Autre chose : on pourrait continuer sur les politiques municipales à reprendre les immeubles où les taxes n’ont pas été payées et à les transformer en logements sociaux. On peut aussi penser au patrimoine, préserver le patrimoine bâti. Nous pouvons également promouvoir des logements abordables ou des programmes de rénovationil énumère.

Des programmes d’aide d’urgence existent, mais ces dernières années, ils ont été largement sous-utilisés, comme le souligne Véronique Laflamme, du Front d’action populaire en réaménagement urbain (FRAPRU).

 » Malgré les taux d’inoccupation très bas, malgré la crise du logement qui perdure en Abitibi-Témiscamingue, l’aide d’urgence apportée autour de la période du déménagement n’est pas largement médiatisée et utilisée depuis 3 ans, ce qui laisse croire que les gens sont quelque peu abandonnés à leur sort. »

Une citation de Véronique Laflamme

Chiffres trompeurs

Stéphane Grenier ajoute que les données sont souvent erronées.

Selon lui, ce n’est pas le nombre de personnes à la recherche d’un logement qu’il faut compter, mais le nombre de ménages. Les chiffres peuvent être trompeurs lorsque vient le temps de décider qu’il y a un problème.

Je donne un exemple à Saint-Bruno-de-Guigues, où nous aurions 4 familles de 12 personnes et chaque famille a sa propre maison. Ces personnes sont remplacées par 6 familles de 2 personnes, cela ne fait que 12 personnes, donc moins de personnes, mais nous serions encore en déficit, car de 4 à 6, il manque 2 maisons : nous sommes donc en crise du logementil observe.

Quant à Paul Théberge, le temps passé à La Piaule lui a permis de compléter ses recherches. Il y a quelques jours, il a trouvé un petit 2 et demi qu’il lui reste à meubler.

Un logement qui me coûtera 565$, électricité incluse, précise-t-il. C’est 15 $ de plus que ce que j’avais. Et là, tout le monde veut m’aider. J’ai les larmes aux yeux devant vous, mais je les remercie du fond du cœur.

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