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Nouvelles locales

La dictature participative parisienne ━ Les conservateurs européens

La maire socialiste de Paris, Anne Hidalgo, a récemment organisé un « vote citoyen » (vote citoyen) pour interroger les Parisiens sur l’opportunité d’une redevance de stationnement particulièrement pénalisante pour les SUV, qu’elle juge trop encombrante et trop polluante. Le vote en faveur d’un impôt spécifique l’a emporté, mais sur un scrutin très contestable et avec une idéologie emblématique de la manière désastreuse dont Hidalgo gère la capitale française.

Les SUV, ou véhicules utilitaires sport, sont de gros véhicules automobiles dotés de quatre roues motrices et de capacités tout-terrain. Initialement conçus comme véhicules de loisirs, ils connaissent un succès grandissant ces dernières années, y compris dans les villes où les infrastructures routières (rues étroites, parkings) ne sont pas forcément adaptées à leur taille. Ils ont mauvaise presse car jugés trop encombrants et trop polluants : certaines villes envisagent même de les interdire. À Paris, la maire Anne Hidalgo a imaginé de les soumettre à une taxe de stationnement punitive, nettement plus élevée que celle des véhicules ordinaires. Mais avant d’introduire cette réglementation, elle a souhaité soumettre la mesure à l’approbation des Parisiens.

Fervente de « démocratie participative », Anne Hidalgo multiplie depuis son entrée en fonction à la mairie de Paris un nombre croissant de votes improvisés sur des questions précises liées à l’organisation de la vie urbaine. L’objectif affiché est de donner la parole aux Parisiens, mais les méthodes utilisées sont très discutables. Si la multiplication des possibilités de « participation » n’a pas suscité l’enthousiasme des Parisiens, habitués à bouder ces élections intempestives, elle a déclenché l’hilarité des Suisses, qui s’y connaissent en démocratie directe.

La participation est généralement extrêmement faible. On comprend aisément pourquoi les électeurs ne se rendent pas aux urnes pour des enjeux locaux : les Parisiens savent bien que ces « votes » sont avant tout des opérations de communication, et que la décision est généralement déjà prise par les équipes de la Mairie, quel que soit le résultat. du vote. Ce fut le cas lors du vote organisé il y a quelques mois sur l’interdiction des scooters électriques flottants. Anne Hidalgo n’a pas caché son intention de les interdire et aurait trouvé le moyen de légiférer contre eux quel que soit le vote, qui, en l’occurrence, lui a été favorable. En revanche, les Parisiens ont massivement rejeté le projet du conseil municipal de réglementer l’accès au périphérique, l’autoroute qui encercle la ville de Paris, pendant les Jeux Olympiques. Face à ce rejet des urnes, l’adjoint à l’urbanisme d’Anne Hidalgo, Emmanuel Grégoire, a expliqué que le vote n’était qu’une « consultation » et non un « référendum », bref que le conseil municipal continuerait à faire ce qu’il voudrait. dans cette zone.

Le vote sur la tarification du stationnement des SUV s’est révélé être un exemple assez emblématique de la dictature participative à laquelle se livre avec tant de délectation Anne Hidalgo. Le scrutin devait avoir lieu dimanche 4 février dans les bureaux de vote de Paris et a été annoncé par une campagne d’affichage agressive dans les rues de la capitale. Le jour du vote, selon de nombreuses anecdotes concordantes apparues sur les réseaux sociaux, tout a été fait pour rendre difficile le vote dans les arrondissements les plus susceptibles de rejeter la mesure, les arrondissements de l’ouest parisien, où les gens votent traditionnellement à droite et où les utilisateurs de SUV sont nombreux. Bureaux fermés, électeurs envoyés d’un bureau à l’autre, bulletins de vote manquants, tout a été fait pour décourager les électeurs les plus motivés. Le fiasco organisationnel fut total et probablement délibéré.

Les bulletins de vote étaient rédigés de telle manière qu’ils prenaient déjà position contre les fameux SUV, sans jamais les nommer et quel que soit le choix de l’électeur, selon une technique familière à toutes les dictatures. Les deux bulletins de vote, un pour et un contre, indiquaient que l’objectif était en tout cas de légiférer sur le stationnement des « voitures particulières lourdes, encombrantes et polluantes ». Autrement dit, l’art et la manière de culpabiliser l’électeur au moment de faire son choix.

La dictature participative parisienne ━ Les conservateurs européens
Photo : Thomas SAMSON / AFP

Le résultat final du vote a été de 54,55 % en faveur du triplement du tarif de stationnement des SUV dans le centre de Paris. Les SUV auront désormais le grand plaisir de payer 225 € pour 6 heures de stationnement s’ils ont envie de flâner dans Paris. Les habitants ne devraient normalement pas être soumis à ce tarif grotesque, à condition de garer leur voiture à proximité de chez eux.

Une victoire pour Anne Hidalgo, qui y voit « une forme de résistance ». Une victoire certes, mais à relativiser puisque le taux de participation a été de 5,68 %, soit 78 000 votants sur 1,3 million, ce qui est somme toute un bien meilleur résultat que les 2,17 % obtenus par Anne Hidalgo lors de l’élection présidentielle. Les électeurs parisiens à l’élection présidentielle. Compte tenu des irrégularités du scrutin, le résultat final est également sujet à caution : par exemple, le total des suffrages exprimés dans le 14e arrondissement était de 108 %.

Les différentes formations d’opposition à la Mairie de Paris dénoncent ce vote comme une parodie de démocratie et un générateur de 400 000 euros avec un taux d’abstention de 94 %, alors que la dette de la ville se chiffre déjà en milliards.

« Les nouveaux tarifs pénaliseront les non-Parisiens sans améliorer la qualité de vie à Paris » critiqué La sénatrice Catherine Dumas, conseillère de droite du 17e arrondissement de Paris.

Le groupe Les Ecologistes (qui n’appartient pas à la majorité municipale) dénoncé « un vote trompeur » et un « système de tarification soviétique ». Tout en étant favorables à une régulation de la circulation des SUV, ils critiquent le manque de modulation tarifaire et le mépris des voitures familiales (qui transportent deux enfants ou plus), qui seront de ce fait lourdement taxées puisqu’elles seront assimilées à des SUV.

Malgré l’absurdité absolue de la mesure prétendument adoptée lors des urnes du dimanche 4 février et la farce démocratique qui s’en est suivie, il semblerait malheureusement que Paris ouvre la voie. A Vienne, en Autriche, les Verts ont déclaré qu’eux aussi étaient prêts à introduire une taxe spéciale pour le stationnement. Comme le dit la chanson, Je dois y aller ! Dieu sauve… Vienne !

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William Dupuy

Independent political analyst working in this field for 14 years, I analyze political events from a different angle.
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