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La bague symbole de Montréal sera importée des États-Unis


La bague géante d’Ivanhoé Cambridge, destinée à devenir l’un des symboles phares de la ville, aura été fabriquée en grande partie non pas au Québec, mais aux États-Unis, a appris Le journal.

En effet, en réponse à nos questions, la filiale immobilière de la Caisse de dépôt et placement du Québec (CDPQ) a admis que, bien qu’imaginée au Québec, la charpente d’acier dont la majeure partie de la pièce proposée est réalisée par l’architecte Claude Cormier a été transformé en territoire américain.


La bague symbole de Montréal sera importée des États-Unis

Pour rappel, cette structure en forme d’anneau, de 30 mètres (90 pieds) de diamètre et pesant 23 tonnes (50 000 livres), sera suspendue au-dessus de l’entrée de l’esplanade de la Place Ville Marie, à Montréal, cet été.

Ces travaux ont été commandés sans appel d’offres à Claude Cormier + Associés pour un montant de 5 M$. Près de 40 % de cette somme provient des ministères du Tourisme (MTQ) et de l’Économie (MEI) du Québec. Son installation aérienne – opération dite complexe – doit être achevée en septembre.

Il y a deux semaines, Ivanhoé précisait que la bague avait été « fabriquée » par Marmen de Trois-Rivières. Or, il s’avère que l’acier utilisé provient des États-Unis et que le travail de fabrication, de moulage et de cintrage des tubes qui forment l’anneau a été réalisé dans au moins deux États américains avant d’être envoyé à Three-Rivers pour l’assemblage final. .

New Jersey et Minnesota

Le Journal a obtenu la confirmation que les tubes d’acier utilisés comme matières premières pour l’ouvrage en devenir ont d’abord été fabriqués par Swepco Tube, une entreprise du New Jersey située à une trentaine de kilomètres de New York.

Ivanhoé nous a également confirmé que les tubes prenaient ensuite la route du Minnesota, un périple de plus de 2000 km. C’est de là, dans la ville de Duluth, à l’extrémité ouest du lac Supérieur, que BendTec a effectué le cintrage des tubes pour leur donner la forme arrondie nécessaire à la formation d’un anneau.

Mais pourquoi vous êtes-vous approvisionné aux États-Unis plutôt qu’au Québec? La question semblait déranger à la fois l’équipe d’Ivanhoe et le cabinet d’architecture.

« Il n’y avait pas de tubes en acier inoxydable fabriqués au Québec qui correspondaient aux dimensions dont nous avions besoin, ni aucune entreprise au Québec capable de cintrer un tube d’acier de 30 pouces de diamètre », nous a répondu, après vérification, la porte-parole d’Ivanhoé, Gabrielle Meloche.

Vraiment ? En tout cas, plusieurs acteurs de l’industrie à qui nous avons parlé étaient à la fois sceptiques et surpris d’une telle explication. C’est le cas, entre autres, de Jean Labadie, président de Show Canada, une entreprise lavalloise spécialisée dans la fabrication de grandes structures artistiques.

Broadway, le Cirque du Soleil et les villes hôtes des Jeux olympiques font régulièrement appel à ses services pour concevoir des pièces architecturales plus grandes que nature.

« Aurions-nous pu fabriquer cette bague ici ? Certainement. Notre usine est capable de prendre de très grandes capacités d’acier. Et le diamètre en question ne nous pose aucun problème. Tubes de 30 pouces, nous pouvons le faire facilement. Inutile de les acheter ailleurs. »

Un savoir-faire reconnu

Le PDG du groupe Mundial, spécialisé dans la transformation des métaux, s’étonne lui aussi de la situation. Il fut un temps, dit-il, où plus de 50 % des charpentes d’acier utilisées au Canada provenaient du Québec.

« Nous avons les entreprises, le personnel expérimenté et même le taux de change à notre avantage », affirme Louis Veilleux. Je ne vois pas ce qui aurait empêché de trouver ici l’expertise nécessaire pour mener à bien un tel projet sans aller aux États-Unis. »

– Avec Francis Halin

L’industrie de l’aluminium ne le digère pas

Que l’anneau géant qu’Ivanhoé Cambridge s’apprête à installer à Place Ville Marie (PVM) soit en acier est une aberration pour l’industrie québécoise de l’aluminium, qui n’est pas près de l’oublier.

« Je ne comprends pas cette décision », confie encore en colère au téléphone, le président de l’Association de l’aluminium du Canada. Je comprends le travail et le concept. Mais quand j’ai réalisé que tout serait en acier, je suis tombé de ma chaise, raconte Jean Simard. C’est juste impossible. »

Le mauvais matériau

L’œuvre de 5 M$, signée Claude Cormier + Associés, apparaîtra au-dessus de l’entrée de l’esplanade PVM en septembre à l’occasion de son 60e anniversaire. La structure a été commandée sans appel d’offres et payée par la filiale de la Caisse de dépôt et placement du Québec, avec la participation du gouvernement du Québec.

« Je pense que c’est une belle signature, mais elle a vraiment été faite avec le mauvais matériau. Malheureusement, quand on l’a appris par les journaux en même temps que tout le monde, il était trop tard pour intervenir », a déclaré celui qui représente l’industrie depuis 13 ans.

« Pourquoi n’avez-vous pas choisi l’aluminium plutôt que l’acier américain ? », demande-t-il. Ce choix aurait été d’autant plus justifié, dit-il, que contrairement à l’acier, l’aluminium québécois est reconnu à travers le monde et aurait été idéal pour réduire le poids de la structure (50 000 lb) sur les bâtiments qui soutiens le.

Empreinte carbone réduite

Il ajoute également que le PVM est reconnu comme un modèle d’intégration de l’aluminium dans l’architecture et une démonstration de sa longévité. De plus, précise-t-il, le siège social d’Alcoa y est situé et le siège social mondial de Rio Tinto Aluminium est établi à Montréal.

Enfin, ce dernier rappelle que l’aluminium québécois a la plus faible empreinte carbone de la planète, une raison de plus qui aurait pu justifier le choix de l’afficher.

« Au lieu de cela, poursuit M. Simard, tout en se targuant de viser une empreinte carbone zéro, Ivanhoé Cambridge choisit de mettre des millions de dollars dans une œuvre d’acier, avec une empreinte carbone qui n’a aucun sens. Cela n’a aucun sens. »

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