Jannah Theme License is not validated, Go to the theme options page to validate the license, You need a single license for each domain name.
actualité économiqueNouvelles locales

Jeu vidéo. Chez Ubisoft, les salariés se mettent en grève pour la première fois

La magie n’opère plus chez Ubisoft. Le patron patriarche, Yves Guillemot, a écrit début janvier à ses salariés, expliquant pourquoi il avait dû revoir ses objectifs financiers à la baisse. « Aujourd’hui, plus que jamais, j’ai besoin que vous vous mobilisiez encore plus pour que nous puissions renouer avec le succès »il leur enjoignit, insistant : « La balle est dans votre camp. » Plutôt que d’unir les troupes, cette demande patronale a poussé les salariés à faire grève, à l’appel des deux syndicats présents dans l’entreprise, Solidaires Informatique et le STJV (Syndicat des travailleurs du jeu vidéo).

« Ce vendredi est en fait la première grève chez Ubisoft. Nous appelons à un rassemblement, notre objectif premier est de créer un collectif », explique Marc Rutschlé, de Solidaires Informatique. Son confrère du studio parisien, représentant la STJV, Pierre-Étienne Marx, ajoute : « Lors de la distribution des tracts, les retours sont vraiment bons, les discussions sont plus ouvertes, les syndicats ne font plus peur et la grève n’est plus taboue. D’autant qu’avec la réforme des retraites, les travailleurs du jeu vidéo se sentent eux aussi rattrapés par l’actualité sociale. » Plus de 200 travailleurs du secteur ont défilé sous les couleurs du jeune syndicat, lors de la première journée nationale de mobilisations, le 19 janvier.

Face à la fronde, le PDG d’Ubisoft a tenté la carte du « tu m’as mal compris », avant de sortir son argumentation économique. La direction avait en effet prévu de meilleures ventes pour les derniers opus de Mario + Lapins Crétins et de juste danser. « Nous prenons la difficile décision d’arrêter le développement de trois projets non encore annoncés, en plus des quatre déjà annulés en juillet »a expliqué aux salariés Yves Guillemot, annonçant une « réduction des coûts de plus de 200 millions d’euros au cours des deux prochaines années, reposant principalement sur des ajustements organisationnels ciblés, ainsi que sur l’attrition naturelle ».

Les développeurs ont atteint 400 heures supplémentaires en un an

Le terme, synonyme d’usure, n’a pas plu aux employés épuisés. « Dans l’esprit de la direction, c’est positif, elle dit qu’elle ne prévoit pas de licenciements massifs, alors que presque tous les jours, dans la tech, un plan social est annoncé, traduit Pierre-Étienne Marx. D’une certaine manière, elle nous dit : réjouissez-vous, on va juste pousser les gens dehors. » Les syndicats veilleront en tout cas à ce que les équipes ne soient pas, d’une manière ou d’une autre, contraintes à la démission. Car, vu l’âge moyen dans les studios de jeux vidéo, la réduction des effectifs promise ne se fera pas avec des départs à la retraite non remplacés… Les représentants du personnel s’inquiètent aussi de cet effort supplémentaire demandé aux salariés, car le burn-out guette et beaucoup souffrent de crises aiguës. tendinite du poignet. Chez Ubisoft Paris, certains développeurs ont atteint les 400 heures supplémentaires en un an, soit l’équivalent de deux mois et demi de travail ! « La direction ne force pas, mais insiste beaucoup et quand il y a un tiers des salariés en contrats précaires, ça marche souvent »précise Marc Rutschlé.

La dernière fois qu’Yves Guillemot a appelé ses salariés à se tenir à ses côtés, c’était quand Vincent Bolloré a failli racheter le groupe en 2017. a été accueilli comme une star dans les studios, les salariés ont pris des photos avec lui… Aujourd’hui, ce même appel à l’union mène qu’ils frappent. « Nous ne nous sommes jamais remis des scandales de harcèlement sexuel en 2020, d’autant plus que la direction n’a jamais admis la moindre part de responsabilité, résume Marc Rutschlé. Cela a profondément entamé la confiance. » Puis la direction a obstinément voulu vendre des NFT (accessoires numériques que les joueurs peuvent acquérir) dans ses jeux, contre l’avis des équipes, avant de faire machine arrière face à la bronca de ses joueurs. « Ce qui ne passe vraiment pas, c’est qu’on nous dit : la balle est dans votre camp, alors que nous souffrons des mauvais choix d’une direction qui ne nous consulte pas ! » Pierre-Étienne Marx s’emporte.

A cette coupe déjà pleine, il faut ajouter le problème des salaires. A l’échelle française, Ubisoft ne paie pas mal ses employés, mais la concurrence est très faible. Par rapport à d’autres géants de l’industrie, la comparaison fait mal. « Près du tiers des développeurs qui avaient de l’expérience ont quitté les studios d’Ubisoft Montréal et ont trouvé de meilleurs salaires et un environnement de travail plus sain avec la concurrence, explique Marc Rutschlé. Certains collègues français se rendent également dans de grands studios européens qui acceptent le télétravail à temps plein. » Ne faire aucun effort sur les salaires, c’est peut-être la stratégie de « usure » de gestion.


Grb2

Toutes les actualités du site n'expriment pas le point de vue du site, mais nous transmettons cette actualité automatiquement et la traduisons grâce à une technologie programmatique sur le site et non à partir d'un éditeur humain.

Cammile Bussière

One of the most important things for me as a press writer is the technical news that changes our world day by day, so I write in this area of technology across many sites and I am.
Bouton retour en haut de la page