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Iran. La flambée des prix des denrées de base déclenche des manifestations réprimées


Des centaines de personnes sont descendues dans les rues de plusieurs villes d’Iran pour protester contre la décision du gouvernement d’augmenter les prix des produits de première nécessité, ont rapporté vendredi les médias officiels. Les autorités ont annoncé une vingtaine d’arrestations dans le sud du pays.

Les autorités iraniennes ont arrêté au moins 22 manifestants qui protestaient contre la hausse soudaine des prix des denrées alimentaires de base dans plusieurs villes du sud de l’Iran, ont fait savoir les médias d’État vendredi 13 mai.

Le président iranien Ebrahim Raisi a annoncé lundi une série de mesures pour faire face aux difficultés économiques du pays, notamment la modification d’un système de subventions et l’augmentation des prix de plusieurs produits de base comme l’huile de cuisson. Les Iraniens ont réagi aux décisions – qui sont entrées en vigueur vendredi – en descendant dans la rue dans plusieurs villes au cours des deux derniers jours, a rapporté l’agence de presse officielle IRNA.

Pour certains aliments, tels que l’huile de cuisson, le poulet, les œufs et le lait, les prix ont grimpé de 300 % alors que les prix des denrées alimentaires montent en flèche au Moyen-Orient en raison de l’effondrement de la chaîne d’approvisionnement mondiale et de l’invasion de l’Ukraine par la Russie, le principal exportateur de produits alimentaires.

Arrestations et Internet perturbé

L’agence IRNA a indiqué que 15 manifestants ont été interpellés jeudi soir dans la ville de Dezful, située dans la province du Khouzistan (sud-ouest), où s’est déroulée la plus grande manifestation, rassemblant près de 300 personnes. Sept autres arrestations ont eu lieu dans la commune de Yasuj, dans la province de Kohgiluyeh-Boyerahmad (sud).

Le rapport indique également que 200 personnes se sont rassemblées à Andimeshk, une autre ville du Khouzistan, où un pompier a été blessé après que des manifestants ont jeté des pierres sur la police et les pompiers. La situation s’est calmée dans toutes les régions vendredi, a ajouté IRNA.

Juste avant les manifestations, l’organisation basée au Royaume-Uni NetBlocks, qui suit les pannes mondiales d’Internet, a déclaré que des interruptions d’Internet avaient été signalées dans tout le pays alors que le gouvernement se préparait à d’éventuels troubles.

Des images largement diffusées sur les réseaux sociaux ont montré plusieurs autres manifestations au Khouzistan, certaines devenant violentes avec des manifestants brûlant des pneus et la police tirant des gaz lacrymogènes pour les disperser.

« On a pu voir sur ces vidéos des manifestations très violentes, avec des attaques contre des bases de milices islamistes – les fameux bassij – ou encore contre des mosquées et des bâtiments publics, ou encore des centres commerciaux qui ont été pillés par des manifestants. », raconte Siavosh Ghazi, correspondant de France 24 à Téhéran. L’authenticité de ces vidéos est en cours de vérification.

Mesures de compensation offertes aux familles à faible revenu

En début de semaine, le président iranien a annoncé que son gouvernement réformerait un système de subventions mis en place par l’administration précédente en 2018, qui couvrait plusieurs produits de base. Mais il avait promis que le prix du pain, de l’essence et des médicaments resterait inchangé.

Le gouvernement iranien, craignant le mouvement de protestation, a immédiatement proposé des mesures de compensation. Ainsi, Ebrahim Raïssi avait déclaré que des versements équivalents à environ 10 ou 13 dollars seraient versés chaque mois pour chaque membre de la famille des ménages à faible revenu.

Après son annonce, les gens se sont précipités dans les supermarchés pour s’approvisionner en panique, selon des vidéos partagées sur les réseaux sociaux et des images diffusées par la télévision d’État.



La contrebande et les effets de la guerre en Ukraine

Pendant ce temps, l’Iran importe la moitié de son huile de cuisson d’Ukraine, où les combats ont chassé de nombreux agriculteurs des champs, et près de la moitié de son blé de Russie. La contrebande de pain iranien – un aliment fortement subventionné – vers les pays voisins, l’Iraq et l’Afghanistan, s’est intensifiée à mesure que la faim se propage dans la région.

Pour les autorités iraniennes, les mesures compensatoires annoncées après la hausse des prix visent aussi à empêcher cette contrebande, notamment de farine et de blé vers l’Afghanistan et le Pakistan, voire la Turquie, précise Siavosh Ghazi.

La sécheresse ravage déjà l’économie iranienne et les sanctions occidentales contre le programme nucléaire iranien ont causé de nouvelles difficultés. L’inflation a grimpé à près de 40 %, atteignant son plus haut niveau depuis 1994. Le chômage des jeunes reste également élevé. Selon le Centre iranien des statistiques, quelque 30 % des ménages vivent actuellement en dessous du seuil de pauvreté.

Les souvenirs de la hausse des prix du carburant en novembre 2019 ont marqué les esprits. Des manifestations de grande ampleur, les plus violentes depuis la création de la République islamique en 1979, ont alors secoué le pays et ont été très violemment réprimées par la police.

Avec AP et AFP




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