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Investir ou rembourser votre hypothèque ?


Classique. Dans le passé, les campagnes publicitaires des institutions financières se sont développées autour de la question : dois-je investir mon argent ou rembourser mon hypothèque ?

Quand les taux de crédit immobilier dépassent à peine 2 %, on ne plaisante pas avec les calculs. L’investissement semble s’imposer.

Mais lorsque ces mêmes taux approchent la barre des 5 %, le problème devient soudainement plus complexe. L’analyse mériterait d’être un peu affinée.

Comment aborder ce dilemme dans les conditions actuelles ?

Le coût d’opportunité

Là encore, le problème principal réside dans ce qu’on appelle le coût d’opportunité.

Quand je mets mon argent quelque part, je ne peux pas l’utiliser pour autre chose qui pourrait être plus rentable.

Le rendement supplémentaire que je laisse sur la table est le coût d’opportunité.

Si j’accélère le remboursement de mon prêt hypothécaire à 2 %, j’évite les taux d’intérêt bas, mais je tourne le dos à des gains plus élevés en n’investissant pas mon argent à 6 %.

Ajoutons maintenant quelques variables.

Imposition

On n’insiste pas assez sur ce point quand on rejette d’emblée l’option « hypothécaire » : la taxe.

Lorsque nous choisissons de rembourser une dette, les intérêts évités restent clairs dans nos poches. C’est comme un revenu non imposable.

Si vous préférez investir votre argent dans un titre qui génère un intérêt équivalent, vous devrez soustraire l’impôt, à moins que le placement ne soit dans un CELI (compte d’épargne libre d’impôt).

Évaluer le coût d’opportunité en comparant un CPG (certificat de placement garanti) ou une obligation et une hypothèque n’est donc pas si simple.

La comparaison devient encore plus complexe lorsque l’on inclut dans l’équation les actions, et donc les plus-values ​​et dividendes, qui sont moins imposés.

Le profil de l’investisseur

Sur l’échelle des risques, les remboursements anticipés des prêts hypothécaires se situent à l’extrémité la plus prudente. Il faut garder cela à l’esprit, car ce choix a un impact sur l’allocation d’actifs.

Supposons que j’ai un profil d’investisseur « équilibré » et que je place mon argent dans un portefeuille dit « équilibré » composé d’actions, d’obligations et de titres garantis.

Lorsque je choisis de placer mon argent dans mon prêt hypothécaire plutôt que dans mon portefeuille, ces dollars sont concentrés dans la classe d’actifs « conservatrice », qui ne correspond pas exactement à mon profil d’investisseur.

En théorie, si vous accélérez le remboursement de votre crédit immobilier, vous devriez légèrement augmenter la part des actions dans votre portefeuille. Poussée à l’extrême, cette logique conduit cependant à une impasse : l’investisseur « équilibré » pourrait se retrouver avec une maison intégralement payée d’un côté et un portefeuille 100 % « actions » de l’autre ; ça ne marche pas.

Rappelez-vous tout de même : précipiter le paiement du crédit immobilier correspond à un choix d’investissement « prudent » et modifie sa réparation de patrimoine.

Le niveau d’endettement

Un ménage pour qui le fardeau de l’hypothèque pèse trop lourd sur le budget voudra réduire ses charges d’intérêts avant de générer des rendements pour la retraite. Nous comprenons cela.

La hausse des taux d’intérêt conduit certainement à revoir ses calculs pour les familles les plus endettées.

Avec ce qui se passe de plus en plus sur le marché boursier ces jours-ci, beaucoup verront une excuse pour se retirer dans leur immobilier afin d’atténuer leur niveau de risque. Il est tentant de vouloir favoriser le remboursement du crédit immobilier plutôt que d’injecter de l’argent neuf dans son portefeuille.

Si cette décision peut améliorer votre sommeil, je n’ai aucun argument contre vous.

Cependant, je vous rappelle que les investissements à long terme les plus rentables sont ceux réalisés pendant les périodes creuses, comme celles que nous traversons en ce moment.



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