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Immigration : le modèle d’intégration des Chantiers Chibougamau |  Élections Québec 2022


L’immigration est donc devenue essentielle à la survie de l’entreprise et ce sont surtout des Philippins qui viennent s’installer dans cette région nordique, explique Frédéric Verreault, directeur exécutif du développement corporatif aux Chantiers Chibougamau.

Ils ont des compétences industrielles, manufacturières et technologiques aux Philippines. Ils ont également une expertise dans les produits forestiers et les pâtes et papiers. Et un bassin de population extraordinaireénumère M. Verreault.

Cependant, les amener dans cette usine à la pointe de la technologie est une bataille difficile. Une fois que l’employé a été sélectionné à l’étranger, cela peut prendre des mois avant son arrivée.

Nous étions absolument découragés par les retards et nous avons décidé de faire contre malchance, bon cœuraccepte le directeur du développement corporatif.

Après avoir sélectionné un nouvel employé et en attendant de remplir le labyrinthe administratif, Chantiers Chibougamau offre un salaire équivalent au travailleur même s’il est toujours aux Philippines. Nous lui offrirons des cours de français à temps plein du lundi au vendredi du matin au soir avec son plein salaire pour le préparer à son arrivée ici, à son enracinement dans la communauté et dans son milieu de travail.explique Frédéric Verreault.

Une pratique coûteuse pour l’entreprise qui dépense des dizaines de milliers de dollars avant même que l’employé n’ait travaillé une minute au sein de l’entreprise. Un moindre mal, selon le directeur général du développement corporatif.

 » C’est exigeant, c’est long, c’est imparfait. Et le travail n’est pas terminé quand ils arrivent ici. Mais au moins, on augmente les chances de succès de leur intégration dans la communauté. »

Une citation de Frédéric Verreault, directeur exécutif du développement corporatif chez Chantiers Chibougamau

Francisation en communauté

Malgré les efforts consentis en amont par l’employeur et les futurs salariés, cela ne suffit pas. Certains arrivent avec un meilleur français que d’autres, lance le président David Morin, vice-président du syndicat local des Métallos.

Les cours de français se poursuivent donc à l’arrivée des Philippins dans la communauté, en partenariat avec l’entreprise. Pas question de jeter l’éponge. La francisation demeure une préoccupation. Avons-nous une baguette magique pour y parvenir ? Dans 6 mois ? Dans 18 mois ? Non. C’est un long processus. Il ne faut pas jeter le bébé avec l’eau du bain pour ces hommes et ces femmes qui choisissent de venir aider le Québecdit Frédéric Verreault.

Frédéric Verreault est directeur exécutif du développement corporatif aux Chantiers Chibougamau.

Photo : Radio-Canada / Jacaudrey Charbonneau

Alors que la caravane de Québec solidaire était de passage à l’usine en début de semaine, la question de la francisation en milieu de travail a été soulevée. Le parti veut surtout investir dans la francisation en milieu de travail. Frédéric Verreault n’est pas contre. Toutes les idées sont valables. Le livret d’instructions parfait pour la francisation n’existe pas. Nous le développons collectivement.

Un nouveau quartier construit par l’employeur

Le manque de logements est un autre enjeu de la campagne électorale et Chibougamau ne fait pas exception.

Afin de réussir à loger les travailleurs et leurs familles, les Chantiers Chibougamau ont décidé de construire un quartier complet. Un boom démographique de 50 à 100 personnes déséquilibre absolument l’offre et la demande de logements icidit Frédéric Verreault.

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Les Chantiers Chibougamau fabriquent et commercialisent des produits du bois. L’entreprise familiale, fondée en 1961, est l’un des principaux employeurs de Chibougamau.

Photo : Radio-Canada / Jacaudrey Charbonneau

Il fallait trouver une solution hors des sentiers battus. Le directeur général du développement corporatif des Chantiers Chibougamau explique qu’une trentaine de maisons, dont la construction devrait débuter dans les prochaines semaines, seront destinées à loger les familles de ces travailleurs. Ici, on a pris le taureau par les cornes pour ne pas manquer de logementse réjouit Manon Cyr, mairesse de Chibougamau.

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Moins de paperasse : la priorité

De nombreux ouvriers d’usine s’inquiètent du retard dans le renouvellement des permis de travail. Immigration au Québec, on en rajoute une couche. Je pense que c’est plus lourd que les autres provinces, dit le délégué syndical David Morin.

C’est aussi à cette question bureaucratique que le prochain gouvernement devra s’attaquer. Les Chantiers Chibougamau déplorent à juste titre la lenteur à rapatrier les familles des candidats sélectionnés.

 » Nous n’achetons pas de robots. Nous convainquons les gens qui habitent à des milliers de kilomètres de choisir de venir soutenir la vitalité de l’économie québécoise. C’est un choix extrêmement digne et que nous devons apprécier à sa juste mesure. Là où c’est regrettable, c’est qu’au premier jour, on ne demanderait pas mieux que les familles qui viennent. »

Une citation de Frédéric Verreault, directeur exécutif du développement corporatif chez Chantiers Chibougamau

D’autant que toutes ces démarches d’intégration portent leurs fruits. Depuis quatre ans, le taux de rétention des nouveaux arrivants est de 98 %, soutient M. Verreault. Évidemment, toutes les entreprises ne peuvent pas se permettre d’offrir autant et il reste encore beaucoup à faire. La mairesse Manon Cyr trouve néanmoins qu’en matière d’intégration, l’exemple de Chibougamau, bien qu’imparfait, est valable.

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