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Immersion dans les urgences psychiatriques : stigmatisation, manque de places et pénurie de psychotropes

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A retrouver dans l’émission

Près d’un Français sur cinq souffre d’un trouble mental. La santé mentale, déclarée cause nationale majeure en 2025, rassemble des réalités variées allant des symptômes modérés aux pathologies graves et chroniques. Les urgences psychiatriques de l’hôpital public soignent quotidiennement des patients en souffrance dans des conditions difficiles. Immersion à l’hôpital Delafontaine, à Saint-Denis, avec les équipes de Ville Evrard.

Fayçal Mouaffak est psychiatre et dirige un service au sein de l’EPS Ville Evrard en Seine-Saint-Denis. A son arrivée, quatre personnes l’attendent déjà dans les couloirs des urgences de l’hôpital, sur des civières. Tout le monde y a passé la nuit, une jeune fille de 18 ans y est même depuis trois jours. L’agitation ambiante et le bruit du service peuvent amplifier leurs symptômes. L’auteur du « Journal d’un psychiatre de combat en Seine-Saint-Denis » entame une nouvelle journée à un rythme soutenu, pour leur trouver des lits au plus vite, tout en les prenant en charge médicalement.

Trouver des places pour les patients est un casse-tête quotidien pour les psychiatres. Ils y passent une bonne partie de leur journée. 566.000 passages aux urgences pour raisons psychiatriques ont été enregistrés en 2023, soit une augmentation de 21% par rapport à 2019.

Parallèlement, 8 800 places ont été supprimées en 15 ans en psychiatrie à l’hôpital public. Le manque de places est en partie dû au manque de personnel. La psychiatrie est l’une des spécialités les moins choisies par les étudiants en médecine.

« Crup », une solution à l’encombrement des urgences

Les stéréotypes expliquent en partie ce désintérêt. Vers les patients d’abord. « Les gens pensent qu’il y a de la violence en psychiatrie, mais c’est parce qu’ils ne le savent pas. Il n’y a pas plus de violence que ça », corrige Nadia Cheffi, psychiatre et responsable du centre d’urgence renforcé des urgences psychiatriques (Crup) à Ville Evrard. La psychiatrie était son « premier choix » qu’elle « ne regrette pas ». Les idées fausses concernent aussi les soignants. « Dans les échanges avec nos confrères médecins (…) on voit souvent émerger des stéréotypes : la psychiatrie n’est pas vraiment la médecine » regrette le docteur Fayçal Mouaffak. Mais, insiste-t-il, « il existe des traitements efficaces, des protocoles médicaux (…) la recherche avance vite (…) et il y a aussi des facteurs physiologiques dans ces maladies ».

Pour que ses patients ne restent pas trop longtemps aux urgences générales et soient soignés dans des conditions adaptées, le docteur Mouaffak a œuvré à créer le Crup, le centre d’urgence psychiatrique renforcé. Ouvert il y a deux ans dans les murs de l’hôpital Delafontaine, les patients peuvent y être soignés en toute tranquillité, dans une vraie chambre, au sein d’un service de psychiatrie, jusqu’à 72 heures. Le temps d’être suffisamment stabilisés pour rentrer chez eux, ou leur trouver une place en hospitalisation de plus longue durée. Un soulagement pour les patients et leurs soignants. « Cela donne du sens à notre métier », estime Hakima, infirmière urgentiste.

Fayçal Mouaffak espère une généralisation du modèle « qui a fait ses preuves ». L’EPS Ville Evrard devrait prochainement ouvrir un autre Crup au sein de l’hôpital Avicenne de Bobigny.

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France 24

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