« Il faut être alerté dès l’apparition des symptômes »
ENTRETIEN – Dans La dépression chez les femmesLes psychiatres Lucie Joly et Hugo Bottemanne exposent les spécificités féminines de la dépression, encore trop souvent ignorées. Ils appellent de toute urgence à leur compréhension pour améliorer les soins et la guérison.
Les chiffres sont surprenants : chaque année, entre 8 et 16 % des femmes de 18 à 50 ans souffrent de dépression. Pendant la grossesse et après l’accouchement, ce chiffre s’élève à 20 % et, de manière générale, les femmes sont deux fois plus susceptibles d’être touchées par la maladie que les hommes. Comment expliquer cette prévalence ? La dépression a-t-elle un genre ? Lucie Joly, psychiatre à l’hôpital Saint Antoine et Trousseau, spécialiste des soins périnatals, et Hugo Bottemanne, psychiatre à l’hôpital de Bicêtre, ancien chef de clinique à la Maison des Femmes de la Pitié-Salpêtrière, s’interrogent sur l’énigme du livre La dépression chez les femmes (1). Ils décrivent le mal encore mystérieux qu’est cette maladie et surtout ses spécificités féminines, encore trop méconnues. Le problème ? Une meilleure compréhension, de meilleurs soins, une meilleure guérison.
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