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Harcèlement sexuel à l’Ephad de Saint-Antonin-Noble-Val : « Il m’a fait nettoyer le sol à quatre pattes pour voir ma poitrine »


l’essentiel
A Saint-Antonin-Noble-Val (Tarn-et-Garonne), ces actes de harcèlement sexuel de jeunes salariés de la maison de retraite duraient depuis des années. Absent à son procès, le prévenu a été condamné à un an de prison avec sursis, et à verser 4 500 euros aux trois victimes. Cet agent d’entretien de 58 ans, qui n’a pas été suspendu, a été transféré à l’Ehpad de Nègrepelisse.

« Merci ! Merci d’avoir soutenu cette démarche, pas facile, pour faire cesser ce comportement. Les réquisitions sans concession de la substitut du procureur Lisa Bergerau dans cette affaire de harcèlement sexuel au sein de l’Ehpad de Saint-Antonin-Noble-Val, font pleurer aux joues des victimes, ce 24 janvier à l’audience du tribunal correctionnel de Montauban.

Après avoir vécu des mois de calvaire et d’humiliation, avec une boule au ventre à chaque fois qu’ils se rendaient au travail, trois jeunes salariés de 19 à 22 ans de cette maison de retraite ont fini par rompre l’omerta en portant plainte. en septembre 2021. Un secret de polichinelle dont l’EHPAD Saint-Antonin-Noble-Val aurait sans doute été épargné de la publicité, celle-ci ayant duré des années.

Le prévenu absent

Absent à l’audience, le mis en cause, Éric B., un préposé à l’entretien de 58 ans, n’a même pas daigné se faire représenter par un avocat. La présidente Virginie Baffet résume les faits en livrant des extraits accablants des témoignages des victimes.

« Il m’a fait nettoyer le sol à quatre pattes pour voir ma poitrine », « il a mimé un acte sexuel sur une table en me disant qu’il allait me secouer dessus », « il nous a suivis partout les yeux fixés sur nos poitrines et nos fesses », « il nous a parlé de près en se caressant le ventre », « il a ouvert mon chemisier pour voir mes sous-vêtements » ou encore sans être exhaustif, « il m’a côtoyé dans une salle de nettoyage en posant ses mains sur mes hanches « .

A ce comportement « obscène », indique la présidente Baffet, s’ajoute son insistance à suivre ses collègues « jusque chez eux ou à klaxonner devant chez eux ».

Dans ce climat délétère, l’agent bénéficierait, selon les plaignants, « du soutien de la direction dont il serait l’oeil de Moscou ». « Il est essentiel, son avis est important, et il entretient un contact quotidien avec le DRH dont il répare la voiture », rapporte le président.

Un cadre qui a été placé en garde à vue pour discrimination envers les employés. « Une procédure pourtant qui a été classée sans suite », regrette le substitut du procureur Bergerau. « Tout le monde savait qu’Eric B. avait des comportements inappropriés envers les jeunes femmes, témoigne Marie, on la nommera comme ça. Quand j’ai commencé à l’Ehpad, on m’a dit : « Fais attention à toi ! »

Deux stagiaires de 14 et 15 ans

Le président rappelle deux affaires antérieures avant que ces trois salariés ne lèvent le pot aux roses en portant plainte. « Une stagiaire de 16 ans à qui il a fait des commentaires déplacés, envoyé des SMS et suivi devant chez elle. Cela a pris fin lorsque son père est intervenu auprès de la direction. Ce dernier a dit de s’en occuper pour éviter une plainte. En 2016, une autre élève de 9e année de 14 ans s’est plainte d’avoir été caressée sur la nuque.

« Il a fallu l’intervention de sa sœur, infirmière à la maison de retraite, pour que ça s’arrête », a expliqué le juge qui, en l’absence du prévenu, a lu son procès-verbal pendant sa garde à vue.

« C’est un prédateur sexuel avec un modus operandi précis pour identifier les jeunes femmes discrètes et inexpérimentées qui débutent dans la vie active »

« Il reconnaît les mots et avoir ouvert le chemisier. Par contre, il parle d’un contexte de travail joyeux, et d’être bien intentionné envers ses jeunes collègues », résume V. Baffet indiquant qu’après avoir été suspendu par précaution, Éric B. a été muté à l’Ephad de Nègrepelisse . « Un déplacement qui n’est pas vraiment une sanction puisqu’il avait demandé qu’il soit plus proche de son domicile », assure le juge.

« C’est un prédateur sexuel avec un modus operandi précis pour identifier des jeunes femmes discrètes et inexpérimentées débutantes dans la vie active », plaide Me Laure Serny, avocate des parties civiles, réclamant 1 500 euros de dommages et intérêts pour chacun de ses clients.
« Comment pouvez-vous encore vous comporter ainsi en 2022 sur votre lieu de travail de la part d’un homme qui a l’âge des pères des victimes », tonne Lisa Bergerau réclamant 1 an de prison avec sursis.

Le tribunal suit les réquisitions et condamne également l’agent d’entretien à payer 4 500 euros pour les trois victimes, et 900 euros pour les frais d’avocats.

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Malagigi Boutot

A final year student studying sports and local and world sports news and a good supporter of all sports and Olympic activities and events.
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