Bourse Entreprise

Grève chez un sous-traitant Stellantis à Aulnay : les syndicalistes dénoncent les contrôles d’identité

Ils n’ont même pas claqué la porte. Les représentants syndicaux ont tout simplement décidé de ne pas participer au comité économique et social extraordinaire (CSE) de MA France ce vendredi 26 avril, dénonçant les conditions de son déroulement.

« Qu’il y ait un service de sécurité, on veut le comprendre », relate Abdel, élu CGT au sein du sous-traitant basé à Aulnay-sous-Bois du constructeur automobile Stellantis. Mais la direction nous demande de monter à la salle de négociation par l’escalier de secours ! Les délégués doivent passer deux filtres où leur identité est vérifiée, même si nous nous côtoyons depuis des années et que nous nous connaissons tous ! On ressent cela comme une pression avant même d’entrer dans les discussions. »

Le système est perçu comme une mesure vexatoire, et « à l’unanimité », indique Abdel, les syndicalistes ont refusé de suivre la réunion dont le point principal devait être consacré à la cessation des paiements. Si rien n’est officiel, « pour la direction, c’est fini », regrette un salarié. Nous avons compris qu’elle avait encore besoin de nous pendant trois ou quatre mois.

Appartenant au groupe italien CLN, l’entreprise d’Aulnay – qui emploie 280 personnes ainsi que 120 à 150 intérimaires – fournit des pièces de quincaillerie, c’est-à-dire des éléments d’assemblage de carrosserie pour l’industrie automobile.

«Pour la direction, c’est fini»

Les personnels emmenés par l’intersyndicale CGT, CFDT et FO ont choisi de se mettre en grève le 17 avril, pour transformer leur faiblesse en force : car l’activité de MA France dépend à 80 % d’un seul client, Stellantis, ce qui la fragilise. En maintenant leur mouvement dans la durée, les salariés des ateliers d’Aulnay ont fini par fermer trois des usines Stellantis, deux en France, à Poissy (Yvelines) et Hordain (Nord) depuis le 22 avril et une troisième, à Luton (Angleterre). Les 20 % d’activité restants sont essentiellement liés à Renault.

«On a vu venir la fermeture», explique André Messi, délégué syndical CFDT, pour situer le contexte de la grève. Les discussions sur les conditions de retour au travail concernent effectivement l’avenir professionnel des salariés. « Nous anticipons les négociations », confirment plusieurs représentants du personnel.

Les discussions du week-end ont porté sur la prime supra-légale pour chaque salarié : selon les syndicats, la direction a avancé 45.000 euros, l’assemblée générale des grévistes voulait 70.000 euros et la délégation des représentants a finalement fait une contre-proposition à 90.000 euros. Malgré nos demandes et tentatives de contact avec la direction des ateliers d’Aulnay, nous n’avons pas eu de réponse.

Avec le report du CSE de vendredi, tout le monde reste dans le flou sur le contexte économique dans lequel évolue MA France. « Il y a beaucoup de zones grises », juge Abdel. « Cela fait cinq ans qu’on parle de déficit, il n’y a pas de volumes de commandes depuis cinq ans », déplore un salarié. Nous entendons dire que Stellantis change sa stratégie pour s’approvisionner auprès d’une usine en Turquie. Mais nous n’avons aucune information. » Dans un communiqué, la CGT 93 estime également que « Stellantis a tenté d’organiser tranquillement la fermeture de ce site industriel, condamnant ainsi près de 400 emplois en Seine-Saint-Denis ».

Vendredi, plusieurs parlementaires de Seine-Saint-Denis sont venus soutenir les grévistes : Fabien Gay, sénateur PCF, ainsi que les députés LFI, Jérôme Legavre et Nadège Abomangoli. Un rassemblement est prévu devant l’usine le mardi 30 avril, à 12h15, où seront annoncées les actions à venir.

Ray Richard

Head of technical department in some websites, I have been in the field of electronic journalism for 12 years and I am interested in travel, trips and discovering the world of technology.
Bouton retour en haut de la page