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Fracturé, le PS soumet l’accord avec LFI à son parlement

Un vote est prévu jeudi à 19 heures au conseil national du PS, au siège d’Ivry-sur-Seine, pour valider l’accord signé avec La France insoumise pour les législatives. Une dernière étape qui s’annonce périlleuse pour la direction socialiste face à la révolte de plusieurs figures du parti.

De la fumée blanche sera-t-elle visible dans le ciel d’Ivry-sur-Seine ? Le Parti socialiste soumet, jeudi 5 mai, à son parlement interne l’accord trouvé avec La France insoumise pour les législatives. Une « bataille titanesque » où le parti menace d’exploser, plusieurs personnalités refusant l’alliance.

Le premier secrétaire Olivier Faure et ses lieutenants s’épuisent à négocier, jour et nuit depuis une semaine, un accord avec LFI pour être en mesure de sauver la plupart de leurs députés sortants.

Mais ils ne sont pas au bout de leur peine. Le vote de ce texte à partir de 19 heures au Conseil national, organisé en visioconférence et en présentiel au siège d’Ivry-sur-Seine, leur promet quelques sueurs froides.

Ils se sont aussi donné 24 heures pour tenter de convaincre les 300 députés de ce parlement, où ils sont pourtant a priori majoritaires. « Ce ne sera pas une formalité, bien au contraire », a déclaré mercredi à l’AFP l’entourage d’Olivier Faure. « Il y aura des déçus, parmi les fédérations moins desservies que d’autres » parmi les 70 circonscriptions obtenues.

Le porte-parole PS Pierre Jouvet, négociateur en chef de l’accord, acquiesce sur France Info : « Ça va être une bataille titanesque parce que j’entends ce qu’on peut dire, j’entends la colère qu’on peut provoquer notamment sur la répartition des circonscriptions ».

Selon la liste consultée par l’AFP, une bonne vingtaine de circonscriptions sont gagnables. Mais trois sortants ont été sacrifiés : David Habib dans les Pyrénées-Atlantiques, Christian Hutin dans le Nord et Michèle Victoire en Ardèche. A quoi s’ajoute la 1ère circonscription dans la Loire de Régis Juanico (Générations), que le PS pensait récupérer.

Pourtant, Pierre Jouvet laisse entendre aux membres du conseil national : « Ne tournez pas le dos à ce rassemblement et aux gens de gauche qui nous attendent, et qui croient que nous nous sommes enfin réconciliés pour avancer ensemble, pour changer la vie des gens. « .

Candidatures dissidentes

Rien de moins que la présidente du groupe socialiste à l’Assemblée, Valérie Rabault, a cependant fait savoir en interne qu’elle ne soutiendrait pas l’accord, selon un message consulté par l’AFP.

La direction socialiste fait également face à la révolte des figures du parti, qui se sont déjà montrées critiques ces dernières années mais ont laissé éclater leur colère au fur et à mesure que l’accord prenait forme.

François Hollande a ainsi « contesté l’accord sur le fond et les circonscriptions », tandis que son ancien Premier ministre Bernard Cazeneuve a annoncé qu’il mettrait sa menace à exécution en quittant le parti.

Un autre de ses Premiers ministres Jean-Marc Ayrault a pour sa part dénoncé un « bricolage » et le « prix exorbitant » payé par le PS.

Ils s’offusquent tous d’une alliance avec un antagoniste historique du PS, Jean-Luc Mélenchon. Mais aussi l’inscription dans l’accord de « désobéissance » aux traités européens en cas de blocage de l’application du programme, voire de nombreuses mesures sociales qu’ils jugent impossibles à financer.

>> À lire : Désobéissance aux traités européens : pour le meilleur ou pour le pire ?

« C’est une grande tristesse de voir ça, c’est mon histoire politique qui s’en va », confie à l’AFP François Rebsamen, maire de Dijon, ancien ministre de François Hollande, qui a soutenu Emmanuel Macron à la présidentielle. .

« J’ai dit PS = Parti sectaire, ça devient PS = Parti Soumis », « tout ça pour quelques circonscriptions, comme si c’était ça qui allait sauver le PS », soupire-t-il.

Il espère qu’une partie des socialistes mécontents rejoindront la structure « sas » qu’il a mise en place, la « Fédération progressiste ». Et qu’un autre voudra rester au PS avec Stéphane Le Foll, qui a affirmé mercredi son souhait de mener la campagne des législatives des dissidents.

La présidente de la région Occitanie Carole Delga a déjà présenté des candidats qui ne sont pas d’accord.

« Le Conseil national va être un gâchis épouvantable », prédit le chef d’un petit parti de gauche, bon connaisseur des rouages ​​socialistes. Il estime que l’accord « est une humiliation complète pour le PS, qui a lâché toute une génération au profit de circonscriptions gagnables pour les jeunes comme Pierre Jouvet ».

Selon lui, Olivier Faure, qui avait commencé son mandat de dirigeant en faisant un bilan critique du quinquennat Hollande, n’est pas mécontent de la situation : « Mélenchon lui a offert le prétexte de rompre avec les éléphants. Ça fait cinq ans puisqu’il n’a pas pu obtenir le divorce.

Avec l’AFP

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