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Face aux naufrages, les ONG défendent les filières légales de migration

Cinq autres exilés et sept disparus lundi, dont deux femmes et un enfant, qui se sont noyés au large de la ville de Sfax, en Tunisie. Plus au sud, au large de la plage de Gabès, un autre drame a eu lieu samedi 12 août. Un jeune exilé tunisien et un bébé sont morts et cinq autres personnes sont portées disparues. L’Organisation internationale pour les migrations (OIM) alerte sur 1.800 personnes qui ont péri depuis janvier dans des naufrages en Méditerranée centrale, soit plus du double l’an dernier.

A 2.000 kilomètres plus au nord, 200 personnes se sont rassemblées dimanche à Calais pour rendre hommage à six Afghans morts la veille dans le naufrage de leur bateau au large de Sangatte, qui tentaient de traverser vers le Royaume-Uni. Dans la journée, 509 migrants ont fait la traversée vers les côtes anglaises, selon les autorités britanniques. Certes, les réalités migratoires en Méditerranée centrale et en Manche ne sont pas les mêmes, mais les logiques défendues par les dirigeants des États impliqués dans la gestion de ces réalités sont faussement similaires. Dans les pays d’où partent ces naufragés, en Libye, en Tunisie ou en France, des associations humanitaires continuent de dénoncer les violences dont sont victimes les candidats à l’exil, sur fond de discours de haine tenus par des responsables politiques. Le président tunisien, Kaïs Saïed, n’a pas hésité, le 21 février, à parler de « horde de migrants » Vénus « modifier la composition démographique » de la Tunisie (voir Humanité du 14 août). Un argument largement diffusé au Nord de la Méditerranée par l’extrême droite et les tenants de la théorie de « super remplacement ».

En juillet, les autorités tunisiennes ont expulsé et abandonné 1 200 personnes dans le désert au nom de cette rhétorique et du partenariat stratégique avec l’Europe. « En finançant les forces de sécurité qui abusent du contrôle des migrations, l’Union européenne (UE) partage la responsabilité de la souffrance des migrants, des réfugiés et des demandeurs d’asile en Tunisie »a commenté Lauren Seibert, chercheuse à l’ONG Human Rights Watch, évoquant le « partenariat stratégique » conclu entre Bruxelles et Tunis le 16 juillet.

Un système « cruel » et « inhumain »

De même, dans le nord de la France, pour le compte de la « lutter contre les réseaux de contrebande »les autorités organisent sans relâche des opérations répressives dont les premières victimes sont les exilés eux-mêmes. « Clôtures et barbelés à Calais, barrages flottants en baie de Canche… Le littoral est devenu une prison pour empêcher les migrants de passer », a dénoncé Adèle Stouffs, coordinatrice de l’association Utopia 56, lors du rassemblement du dimanche 13 août à Calais. Au sud des côtes britanniques, la même logique est à l’œuvre avec l’ouverture, lundi 7 août, de Bibby Stockholm, la « prison flottante », mise en place par Londres pour y concentrer les exilés de France. Un système  » cruel «  Et « inhumain »a dénoncé l’ONG humanitaire anglaise Care4Calais, au même titre que le financement et l’armement des milices libyennes par les États membres de l’UE, qui, toujours au nom de la lutte contre la traite des êtres humains, n’ont pas hésité à ouvrir le feu à trois reprises cette année sur le océan vikingle bateau de sauvetage SOS Méditerranée.

« Et pourtant ça tourne, disait Galilée dans sa prison… Et pourtant ils passent, dit-on », a posté sur les réseaux sociaux le responsable de l’association de Calais Salam le jour du dernier naufrage en Manche. En 2022, 45 000 personnes ont tenté la traversée vers les côtes britanniques. Car en réalité, c’est le droit inaliénable de circuler, consacré par l’article 13 de la Déclaration universelle des droits de l’homme de 1948, que les États ne respectent pas. Ils attaquent également le droit d’asile tel qu’encadré par la Convention de Genève.

En rendant la migration de plus en plus difficile, les dirigeants européens poussent les exilés à explorer des voies toujours plus dangereuses et meurtrières pour poursuivre leur voyage. « Une frontière ne peut jamais être fermée, c’est un espace poreux. Et pour le moment les politiciens en ont fait un espace meurtrier », en déduit le patron d’Utopia 56, à Calais. Pour les associations humanitaires, le seul moyen de renverser cette situation désastreuse passe par la création de filières légales et sécurisées pour la migration humaine. Les 27 États membres de l’UE seraient donc bien avisés de s’intéresser à la résolution adoptée par le Parlement européen le 13 juillet dernier, appelant à la création d’une mission européenne de recherche et de sauvetage en mer. Malheureusement, les différentes déclarations de nos dirigeants à chacun de ces drames n’indiquent pas vraiment que ce sera pour bientôt…


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Cammile Bussière

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