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Équateur : « Luisa Gonzalez incarne la reconstruction de l’État social »

Confronté à une procédure de destitution, le président Guillermo Lasso avait décidé d’organiser des élections anticipées. Après ses deux années au pouvoir, il a laissé l’Equateur dans un état catastrophique avec l’implantation du crime organisé. Des élections législatives anticipées se tiendront dimanche dans une démocratie dysfonctionnelle, résume le spécialiste de l’Amérique latine Christophe Ventura (1).

En pleine campagne, un candidat, Fernando Villavicencio, a été assassiné le 9 août. Que révèle-t-il de l’état du pays à la veille du premier tour ?

C’est déjà historique. Jamais un candidat équatorien n’avait été tué pendant la campagne. Surtout, cela confirme la désintégration de la société équatorienne et l’effondrement de l’État de droit. Il est devenu l’un des plus violents d’Amérique latine et du monde. Il y a une forme de « colombinisation » du pays. L’Équateur est plongé dans les mêmes horreurs qui ont ravagé la société colombienne dans les années 1990 et 2000.

La démocratie est affaiblie et endommagée par le crime organisé. Depuis la fin du mandat de Rafael Correa (2007-2017), le taux d’homicides a été multiplié par 5. Les groupes criminels et les trafics de drogue ont conquis le pouvoir territorial, financier et économique. La collusion avec l’appareil d’Etat est désormais avérée. Les ombres autour de l’assassinat illustrent cela avec le non-respect des principes élémentaires de sécurité.

Malgré les menaces qui pèsent sur Fernando Villavicencio, aucune instruction ou mesure n’a été adoptée. Sa sortie de la réunion par la porte principale, sans gilet pare-balles, en atteste. L’agresseur qui avait été blessé n’a pas été transporté à l’hôpital mais au commissariat, où il est décédé. La veuve du candidat parle ouvertement d’un crime d’État.

Pire, cinq jours plus tard, Pedro Briones, membre du parti Corréiste et leader dans la province d’Esmeraldas, a également été tué.

Comment expliquer cette mainmise du trafic de drogue désormais sur l’Equateur ?

Sa position géographique n’est pas anodine. L’Equateur se retrouve coincé entre la Colombie et le Pérou, l’un des principaux pays producteurs de cocaïne. Les plans de lutte contre les cartels de la drogue en Colombie et au Mexique les ont poussés à se déplacer ailleurs en Amérique du Sud.

L’Equateur est ainsi devenu une véritable base arrière pour ces groupes criminels. Les autorités et l’État ont été incapables de réagir ou de lutter contre ce bouleversement. Ainsi, les chefs de cartel peuvent organiser des conférences de presse depuis leur prison, les armes au poing, pour annoncer une trêve avec leurs adversaires sur les réseaux sociaux.

La situation sociale du pays apparaît comme l’autre facteur aggravant. Depuis le milieu des années 2010, les politiques menées successivement par Lenin Moreno et Guillermo Lasso ainsi que la période Covid ont généré une pauvreté qui touche désormais 27% des Équatoriens. Un chiffre qui s’accompagne d’une augmentation des inégalités.

Ce contexte social favorise l’enracinement territorial du crime organisé, qui devient une solution pour des populations plongées dans une immense précarité. Inévitablement, lorsque l’État se désagrège et que les services publics ne fonctionnent plus, ce type d’organisation prend le relais.

Après six ans d’absence, la gauche, et sa candidate Luisa Gonzalez, peuvent-elles revenir au pouvoir ?

Il est extrêmement difficile de prédire le résultat final. Pour gagner au premier tour, vous devez obtenir 45% des voix ou avoir 40% et 10 points d’avance sur le second candidat. Sinon, un deuxième tour aura lieu le 15 octobre.

Une hypothèse de plus en plus certaine avec la validation d’une nouvelle candidature à quatre jours du scrutin. Christian Zurita vient d’être désigné par le parti centriste Construye pour remplacer Fernando Villavicencio au premier tour. Le Conseil national électoral a accepté même si les bulletins de vote conservent la photo et le nom de l’ancien candidat assassiné le 9 août.

Luisa Gonzalez, du parti Révolution citoyenne, reste en tête (21%) mais elle avait perdu 10 points dans les sondages depuis l’assassinat. Les votes de Fernando Villavicencio sont allés aux deux autres figures de droite : Jan Topic (19%) et Otto Sonnenholzner (17%). Avec la candidature de Christian Zurita, les choses vont encore changer. Malgré son affaiblissement et les persécutions du corréisme, ce mouvement reste la première force politique.

Luisa Gonzalez pourrait s’imposer dimanche. Mais au second tour, il y aura une campagne menée par la droite « tout sauf elle », comme en 2021 avec l’élection de Guillermo Lasso. Beaucoup de paramètres vont encore impacter le scrutin, comme les votes blancs et nuls ou l’abstention.

Cette dernière option peut être utilisée par nombre d’Equatoriens agacés par la situation générale du pays. Que fera le candidat Yaku Pérez, qui représente une faction d’écologistes libéraux et pro-américains au niveau régional, après le premier tour ?

Quelles sont les principales propositions de Luisa Gonzalez ?

A travers sa candidature, elle représente une période de stabilité pour l’Equateur avec Rafael Correa que les habitants ne connaissaient plus. A l’époque, il existait une forme de prospérité, de sécurité sociale et de sécurité, que certains Équatoriens veulent retrouver.

La succession des présidents Lenin Moreno, Guillermo Lasso, les crises économique, sociale et sanitaire ont fini par redorer l’image de l’ancien président. Luisa Gonzalez incarne avec son programme la reconstruction de l’Etat social, elle veut relancer l’économie par la demande interne, mettre en place des politiques de lutte contre la paupérisation et les inégalités en stoppant les privatisations.

Un programme qui tente d’amorcer une transition énergétique et s’attaque à une démocratie dysfonctionnelle. La campagne se déroule dans un décor ultra-polarisé. La droite libérale, soutenue par de grands groupes privés, qui a détruit les services publics, ne veut surtout pas que la gauche revienne au pouvoir.


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Cammile Bussière

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