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Environnement : le G7 entre optimisme et pragmatisme, selon Steven Guilbeault |  Sommet de la Terre : 50 ans après


On a le sentiment que si on ne se soutient pas entre pays démocratiques, les chances qu’on puisse s’en sortir à l’échelle planétaire sont très minces.observe l’activiste devenu politicien.

A l’issue de cette réunion, les ministres ont pris un engagement particulierdécarboner leurs réseaux électriques d’ici 2035 et supprimer progressivement le financement international des projets de combustibles fossiles d’ici fin 2022.

Cependant, le conflit doit conduire les pays les plus industrialisés à faire des choix pragmatiquedu moins à court terme.

La question du gaz naturel

A ce titre, il répond à la nécessité d’aider les pays européens à sortir de leur dépendance vis-à-vis du gaz naturel russe, un objectif qualifié instamment dans le communiqué final du G7. Le document appelle à une augmentation des exportations de gaz naturel liquéfié pour compenser ruptures d’approvisionnement en gaz sur le marché européen.

Dans un communiqué, le ministre canadien des Ressources naturelles, Jonathan Wilkinson, a confirmé que le Canada a la capacité d’aider l’Europe en augmentant ses exportations de pétrole et de gaz d’environ 300 000 barils par jour (200 000 barils de pétrole par jour et 100 000 barils d’équivalent pétrole par jour de gaz naturel ).

Steven Guilbeault tient à préciser que cela ne se fait pas, et qu’une éventuelle augmentation des exportations canadiennes ne viendrait pas augmenter la production mondiale de gaz naturel, mais plutôt remplacer l’approvisionnement en gaz russe. D’un point de vue climatique, on ne changerait riendit-il, soulignant la faible empreinte carbone du gaz canadien.

Il insiste également sur l’aspect temporaire d’une telle initiative. Il est très clair, tant pour nous que pour l’Allemagne, qu’il s’agit d’une solution à court termedit le ministre.

L’exemple allemand est éloquent, car la première puissance économique européenne dépend du marché russe pour la moitié de ses besoins en gaz naturel.

Cependant, l’Allemagne ne veut pas seulement Jeter sa dépendance au gaz russe ; elle veut débarrassez-vous de votre dépendance aux combustibles fossiles, point finaldit le ministre canadien de l’Environnement.

Ce dernier note pour preuve la présence de trois ministres allemands à la réunion du G7, du parti écologiste Alliance 90/Les Verts, membre de la coalition au pouvoir dirigée par Olaf Scholz.

Le ministre allemand de l’Économie et de la Protection du climat, Robert Habeck, copréside le parti Alliance 90/Les Verts.

Photo: AFP / JOHN MACDOUGALL

Citant une conversation avec l’un de ces ministres, l’élu libéral a déclaré, avec une pointe d’humour : Ni lui ni moi ne sommes des passionnés de gaz naturel liquéfié..

Cependant, la recherche d’alternatives immédiates au gaz russe en Allemagne est le genre de choix auquel tous les pays sont confrontésnote le ministre.

 » Je n’aime pas le gaz naturel. Mais va-t-on dire non à l’Europe ou à l’Allemagne, alors qu’elles ne sont pas sûres d’avoir assez de gaz pour se chauffer et faire tourner leurs entreprises l’hiver prochain ? »

Une citation de Steven Guilbeault, ministre de l’Environnement et du Changement climatique

Je pense que nous sommes capables de prendre des décisions pragmatiques à court termedit Steven Guilbeault, tout en respectant nos engagements à moyen et long terme dans la lutte contre le changement climatique.

Selon lui, c’est ce que ferait le Canada en exportant plus de gaz naturel vers ses alliés européens.

Pour aider les marchés européens, le Canada devrait avoir un terminal d’exportation sur sa côte atlantique. Le ministre Wilkinson affirme qu’il serait possible d’y parvenir d’ici trois ans en convertissant les infrastructures existantes, notamment au Nouveau-Brunswick.

A moyen terme, ces installations seraient converties pour produire de l’hydrogène, explique Steven Guilbeault, notant que cette source d’énergie peut contribuer à réduire notre dépendance aux énergies fossiles.

Un choix controversé

C’est ce même pragmatisme qui a guidé la décision du ministre d’approuver le projet pétrolier Bay du Nord, au large de Terre-Neuve, bien qu’il ait écarté l’idée du pétrole comme énergie de transition.

Les écologistes ont critiqué cette décision comme étant incompatible avec les recommandations du dernier rapport de la GIECqui appelle à une réduction substantielle de la production de combustibles fossiles.

Le ministre lui-même a qualifié cette décision de difficile, une situation qui arrive compte tenu des intérêts de toute la population.

Environnement : le G7 entre optimisme et pragmatisme, selon Steven Guilbeault |  Sommet de la Terre : 50 ans après

La compagnie pétrolière norvégienne Equinor et Cenovus Energy estiment que le champ pourrait produire au moins 300 millions de barils de brut sur 30 ans.

Photo: Équinor

Interrogé pour savoir si ces critiques avaient trouvé un écho auprès du G7, le ministre a répondu par la négative, tout en défendant son choix.

Il se souvient que le jour où il a donné le feu vert au projet Bay du Nord, il a confirmé au plus grand producteur de sables bitumineux du pays, Suncor, qu’il devait retourner faire ses devoirs pour le projet d’agrandissement de sa mine. Base, située près de Fort McMurray.

L’entreprise albertaine avait demandé plus de temps avant de déposer une étude d’impact environnemental pour ce projet plus énergivore que celui qui sera construit au large de Terre-Neuve.

Le gouvernement a approuvé cette demande de report, notant que dans sa forme actuelle, le projet n’a pas atteint les objectifs de réduction de carbone du gouvernement.

Entre deux projets qui auraient des impacts, j’ai choisi celui qui avait le moinsdit le ministre.

Prochaine étape : Stockholm

Après Berlin, Steven Guilbeault doit maintenant se rendre à Stockholm, en Suède. Le Canada accueillera la Réunion ministérielle sur l’action climatique (MOCA 6), un événement coprésidé avec la Chine et l’Union européenne et qui aura lieu les 30 et 31 mai. Des représentants de 30 pays seront présents pour discuter de la mise en œuvre de l’Accord de Paris, y compris des systèmes de tarification du carbone.

Le ministre Guilbeault coprésidera ensuite un autre événement, Stockholm + 50, qui marquera le 50e anniversaire de la Conférence des Nations Unies sur l’environnement humain de 1972 (Nouvelle fenetre). Ce premier Sommet de la Terre avait pour la première fois fait de l’environnement une question mondiale urgente et avait donné lieu à une multitude de nouveaux accords sur la protection de l’environnement.

L’ancien militant s’inspire de cet exemple. Il dit ne pas voir d’alternative au multilatéralisme, qui implique nécessairement encore plus de compromis qu’au sein d’un même pays.

Plus il y a de monde autour de la table, plus c’est compliquéil est d’accord. Je pense que nous sommes condamnés à trouver des solutions qui seront toujours imparfaites. Certains voudront plus, d’autres moins. J’accepte et j’embrasse cette réalité.

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