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Entre l’extrême droite française et italienne, une longue histoire


« Europe, libère-toi. Aujourd’hui l’Italie, demain la France ! » C’est le fantasme exprimé ces dernières semaines par Eric Zemmour et Marine Le Pen, ravis par la perspective de l’arrivée au pouvoir du parti transalpin Fratelli d’Italia (FI, « Frères d’Italie »), de Giorgia Meloni, à la suite du général élections le 25 septembre. C’est aussi le titre de la une du premier périodique d’Ordre nouveau, le parti précurseur du Front national (FN), en 1971, à quelques mois d’élections qui verront 82 membres du parti néo-fasciste MSI (Italien Mouvement social) entrent au Parlement italien, avec 9% des voix.

Comment ne pas voir, dans les projections des dirigeants de l’extrême droite française, l’écho lointain de ce cri des années 1970, jusque dans l’expression « libération de l’Europe », utilisée par Marine Le Pen ? Depuis un demi-siècle, les nationalistes français regardent avec envie leurs homologues transalpins. leurs moyens financiers. leurs réseaux intellectuels. leur existence culturelle. Leur organisation. Et, bien sûr, leurs résultats électoraux.

Les échanges se font d’abord de Paris à Rome. Dans les années 1960, les maisons d’édition italiennes ont traduit les collaborateurs Robert Brasillach et Pierre Drieu La Rochelle ou le négationniste Maurice Bardèche, que les théoriciens néo-fascistes vénéraient. « Ces effets de résonance culturelle contribuent à la formation d’une mémoire commune franco-italienne de l’extrême droite »souligne l’historienne Pauline Picco dans Liaisons dangereuses. L’extrême droite en France et en Italie (1960-1984) (Presses universitaires de Rennes, 2016), étude minutieuse des relations entre nationalistes des deux pays. François Duprat, homme clé de la création du Front national en 1972, est celui par qui ces échanges s’intensifient.

Flamme tricolore et soutien financier

Sur le plan partisan, le MSI est un modèle à suivre pour une extrême droite française enlisée dans ses clivages et au poids électoral infinitésimal. Stratégie et unité légalistes, slogans, noms, affiches, logo : Ordre nouveau, puis le Front national copient à outrance le « parti frère » italien. Il reste, jusqu’à aujourd’hui, la flamme à la symbolique fasciste, que le Rassemblement national (RN) et Fratelli d’Italia ont conservée. « Nous avons utilisé cette flamme tricolore car elle nous semble la plus jolie du marché graphique », rétorque, à l’époque, Jean-Marie Le Pen, avant de démentir les liens entre le MSI et le FN – depuis largement documentés. Fourniture d’affiches, soutien financier, participation à des congrès : les néofascistes observent et encouragent le développement de l’extrême droite française, dans un rapport clair d’allégeance les uns aux autres.

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