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En vacances chez les Petits Frères des Pauvres, pour éviter « le m…




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Cabourg (Calvados).– Sur le bord de mer de Cabourg, Laurent marche aux côtés de Christian et Marie alors que le vent frais chasse les quelques nuages ​​qui traversent le ciel bleu. « Allez, Christian, sens le soleil sur ta peau ! », lance Laurent, bénévole depuis 2019 aux Petits Frères des Pauvres. Christian, 56 ans, participe à son premier voyage de vacances, organisé par l’association du 21 au 29 juillet dans la ville de Normandie, en compagnie de onze autres personnes. Ex-SDF, blessés, malades…, si les raisons de leur isolement et de leur précarité varient, tout le monde l’apprécie  » parenthèse » dans leur vie quotidienne. Cinq bénévoles les accompagnent.

Depuis fin 2021, Christian bénéficie de l’aide des Petits Frères des Pauvres. « Je trouve ça génial d’avoir revu la mer grâce à eux, ça fait au moins 20 ans, dit-il dans souriant avec son visage marqué par deux ans dans la rue et plusieurs maladies. Et le simple fait de pouvoir rencontrer des gens, c’est bien, parce que j’ai des enfants, mais je n’en vois pas. » Alors qu’il continuait à travailler comme éboueur, Christian vivait sous une tente à Paris, criblé de dettes, après une séparation. « Pour se réchauffer le soir, il n’y a que la picolade, ça a déclenché la cirrhose. Puis j’ai eu un cancer et une crise cardiaque. J’ai fumé des trucs, je t’épargnerai »se souvient-il de sa voix rauque.

Laurent (à gauche) bénévole depuis 2019, Christian, Marie et François tous trois accompagnés des Petits Frères des Pauvres. © SB

Il y a un an, une assistante sociale l’a mis en relation avec les Petits Frères des Pauvres (c’est la procédure de signalement de l’association, passant par relation sociale). « A l’époque, j’attendais juste de mourir. Ils m’ont trouvé un hôtel, m’ont écouté, m’ont aidé à refaire des papiers… Ils m’ont rendu un peu de dignité : pouvoir me laver, me cuisiner, dit Christian, cheveux courts et moustache grise. Les sans-abri, dans la société, on les met de côté, on se bat pourtant tous les jours. Les Petits Frères, ils nous lancent et puis il faut aussi bouger les fesses, ça va dans les deux sens. »


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