Emmanuel Macron plus seul que jamais au milieu d’un camp présidentiel qui implose

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Cible d’oppositions politiques et impopulaires dans les urnes, le président de la République est désormais libéré par une partie de sa famille. Emmanuel Macron semble plus seul que jamais à la tête d’une France qui sombre mardi 7 octobre dans la crise politique, sur les cendres du camp présidentiel.
« Nous sommes dans une crise de régime », a déclaré à l’AFP le président de l’Union des démocrates et indépendants Hervé Marseille, pourtant habituellement centriste.
Le chef de l’Etat est resté silencieux depuis que la formation du gouvernement de Sébastien Lecornu a tourné à la bousculade dimanche soir, poussant le plus éphémère Premier ministre de la Ve La République démissionnera à 14 heures plus tard. Pour l’heure, il se limite à donner, à celui qui apparaît comme l’un de ses derniers fidèles, 48 heures supplémentaires pour tenter de sauver les meubles de Matignon.
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Ni Emmanuel Macron ni son entourage n’ont réagi aux accusations d’incroyables violences politiques lancées subitement par deux des principaux ténors de son camp, qui étaient ses premiers ministres.
Edité par Gabriel Attal et Édouard Philippe
Lundi, Gabriel Attal, secrétaire général de Renaissance, le parti dont le chef de l’Etat est toujours président d’honneur, a acté publiquement son divorce, qui couve depuis la dissolution de l’Assemblée nationale de 2024. « Je ne comprends plus les décisions du président de la République », a-t-il avoué au journal de 20 heures de TF1, déplorant « une forme d’acharnement à vouloir garder sa main ».
Mardi matin, Édouard Philippe, candidat déclaré à sa succession à l’Élysée, y est allé de sa phrase : « Aujourd’hui, l’Etat n’est plus tenu », et « c’est la responsabilité du président », a-t-il accusé sur RTL. Surtout, le chef d’Horizons a franchi une étape qu’aucun allié d’Emmanuel Macron n’avait osé franchir jusqu’ici : il l’a appelé à programmer sa démission pour début 2026 afin d’organiser « une élection présidentielle anticipée » après l’adoption d’un budget.
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De quoi confirmer les opposants qui, au Rassemblement national comme dans la France insoumise, appellent à raccourcir le quinquennat pour sortir de l’impasse, même si, jusqu’ici, l’intéressé a toujours exclu de sortir avant 2027.
« Il y a parmi les anciens macronistes une sorte de course à qui se défendra au plus vite de cet héritage », a observé sur France Inter le chef des députés socialistes, Boris Vallaud.
Mardi soir sur BFMTV, la porte-parole du gouvernement, Aurore Bergé, a volé le sauvetage d’Emmanuel Macron en déclarant qu’il resterait président « jusqu’à la dernière minute de son mandat ». « Il n’y a pas de mandat révocatoire dans la Constitution française » donc « la question de la démission n’existe pas », a-t-elle tranché.
« Je ne veux pas qu’on s’attaque à l’institution que représente le président de la République », a également ajouté cette fidèle macroniste lorsqu’elle a été interrogée sur les propos de l’ancien Premier ministre Édouard Philippe.
« Ambiance de fin de règne »
Pour Mathieu Gallard, de l’Institut de sondages Ipsos, cette « ambiance de fin de règne » est en effet en partie liée à la volonté de dauphins potentiels « d’essayer de s’éloigner le plus possible de la figure d’Emmanuel Macron, dont la popularité est faible depuis 2017″. C’est un risque, parce qu’ils font aussi la comptabilité du bilan et parce qu’ils risquent de perdre la base de 15-20 % », soutient encore le chef de l’Etat, « sans avoir beaucoup d’occasions de la gagner ailleurs », prévient-il.
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Ces divisions internes étalées au grand jour s’ajoutent à l’explosion du « socle commun », qui s’associe depuis un an aux Républicains du camp présidentiel pour gouverner. Une coalition constamment présentée par Emmanuel Macron comme la seule possible, surtout lorsqu’il a dû justifier pourquoi il n’a pas nommé un Premier ministre plus à gauche.
Difficile donc pour les socialistes, sur qui la Macronie compte encore pour faire adopter un budget, de ne pas censurer des forces politiques qui se déchirent.
« Soit c’est du suicide, soit c’est de la connerie »
Sous couvert d’anonymat, même ceux qui se présentent encore comme des « amis » du président ne cachent pas leur perplexité. L’un d’eux estime que c’est Emmanuel Macron qui a « tué » Sébastien Lecornu, en ne lui permettant pas de faire de réelles concessions au Parti socialiste, et en nommant Bruno Le Maire au ministère des Armées, ce qui a irrité toute la classe politique.
« Je n’arrive pas à résoudre cette équation psychologique », soupire-t-il. « Soit c’est un suicide, soit c’est des conneries », s’agace un autre proche.
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De plus en plus rares sont les macronistes qui s’assument encore ouvertement comme tels. « Le président reste le meilleur, je me battrai pour aller jusqu’au bout », insiste le patron des sénateurs de la Renaissance, François Patriat, qui fustige l’attaque « contre-productive et choquante » de Gabriel Attal, et le « grave précédent » créé par la demande d’Édouard Philippe.
Pour ce soutien inébranlable, « le problème est aujourd’hui au Parlement, ce n’est pas la solitude de l’Élysée ».
Avec l’AFP
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France 24




