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Emmanuel Macron plaide pour « un moment de réveil stratégique » ; un partenariat signé entre la France et les Émirats arabes unis

Emmanuel Macron à l'Elysée, lors d'un discours sur l'intelligence artificielle devant les acteurs de l'industrie, le 21 mai 2024.

La France et les Émirats arabes unis ont conclu un « partenariat stratégique » dans le domaine de l’intelligence artificielle (IA), a annoncé le ministre de l’Économie Bruno Le Maire à l’Agence France-Presse, en visite dans le riche Etat du Golfe, mardi 21 mai. L’accord, signé avec le directeur du fonds souverain émirati Mubadala, Khaldoun Al Moubarak, ouvre « une nouvelle ère de coopération économique » entre les deux pays dans ce secteur technologique crucial, en plein essor notamment aux Etats-Unis et en Chine, a-t-il poursuivi.

« La France a choisi d’être le premier pays européen en matière d’IA. Et pour cela, nous avons besoin de partenaires »a-t-il déclaré, à la veille du démarrage du salon VivaTech (22 au 25 mai) à Paris, le plus grand événement européen sur les nouvelles technologies. « Quatre nouveaux domaines de coopération seront ouverts et développés dans les prochains mois »a-t-il expliqué, citant le développement des compétences et de la recherche, les investissements dans les centres de données, l’industrie des semi-conducteurs et les applications de l’IA.

Le riche pays pétrolier, qui a été le premier au monde à avoir un ministre de l’IA en 2017, ambitionne de devenir l’un des leaders mondiaux dans ce domaine d’ici 2031. En avril, le groupe américain Microsoft a annoncé un investissement de 1,5 milliard de dollars (1,38 milliard d’euros). milliards d’euros) dans G42, une société d’IA contrôlée par Tahnoon bin Zayed, conseiller à la sécurité nationale et frère du président émirati.

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Les relations franco-émiraties se sont considérablement développées ces dernières années, notamment sur le volet défense. Nouveau signe de l’approfondissement de ces relations, Bruno Le Maire a indiqué mardi avoir ouvert aux Emirats « la possibilité d’investir dans la filière nucléaire civile française ». « C’est un signe de grande confiance entre les deux pays »il a dit.

« Un moment de réveil stratégique », selon Emmanuel Macron

Dans la journée de mardi, une nouvelle start-up française d’intelligence artificielle baptisée H a été lancée et a levé 202,7 millions d’euros auprès de grands investisseurs, dont Bernard Arnault, Xavier Niel (actionnaire individuel de Monde) ou encore Amazon, a annoncé Bpifrance, qui le finance également. Plusieurs anciens salariés de Google DeepMind, la branche du groupe américain spécialisé dans l’IA, comptent parmi les fondateurs de H, implantée à Paris.

« L’équipe de vingt-cinq ingénieurs et chercheurs en intelligence artificielle a pour mission d’introduire la puissance de l’IA générative dans les entreprises du monde entier à travers une nouvelle génération de modèles multimodaux spécialisés sur l’action »décrit Bpifrance.

SurEmmanuel Macron s’est félicité du  » bonnes nouvelles «  que représente selon lui le lancement de H : « Les investisseurs choisissent la France pour lancer la société H, réunir des scientifiques de renommée mondiale et investir 220 millions de dollars ! » Auparavant, il avait participé en visioconférence au sommet international sur l’IA qui se tient à Séoul, sommet dont la France organisera l’édition 2025.

Mardi, le chef de l’Etat s’est également exprimé sur la position de la France et de l’Europe dans le secteur, devant plusieurs acteurs de l’IA à l’Elysée. « Au fond, la question posée à la France, à l’Europe, c’est : est-ce qu’on décide des investissements, de la politique de soutien qui nous permettront de revenir pleinement à la compétition internationale ? »se demanda-t-il. « C’est un moment d’éveil stratégique que nous vivons, qui nécessite des choix profonds en termes de recherche, de formation et d’investissement »a-t-il également déclaré.

De 40 000 à 100 000 personnes formées à l’IA par an, comme objectif

Le président français a également fait plusieurs annonces, dont l’investissement de 400 millions d’euros supplémentaires dans de grands centres de formation sur l’intelligence artificielle. L’objectif est de passer de 40 000 personnes formées par an à 100 000, a-t-il expliqué. Là  » bataille «  de l’IA doit être joué « cinq grands domaines : talents, infrastructures, usages, investissement et gouvernance »a déclaré le chef de l’Etat.

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Emmanuel Macron a également dévoilé le lancement avant la fin de l’année d’un nouveau fonds d’investissement, souscrit pour un quart par l’Etat, afin de soutenir les secteurs les moins bien financés et les plus connectés technologiquement. L’IA, les puces électroniques ou encore le cloud. Le pays accueillera également un nouveau centre d’évaluation de l’intelligence artificielle, qui aura pour objectif de devenir l’un des plus grands centres au monde, a ajouté M. Macron.

Pour faciliter l’adoption de cette nouvelle technologie par les Français, le président a également confié une mission de« acculturation des citoyens » au Conseil national du numérique, qui disposera d’un budget de 10 millions d’euros pour organiser des débats et des cafés autour de l’intelligence artificielle partout en France.

Face aux titans américains comme Google, Microsoft et OpenAI (qui ont créé ChatGPT) et à la Chine, la France ambitionne de devenir une place forte de l’IA en Europe. Sa principale pépite est Mistral AI, leader européen du secteur. Mi-mars, un comité spécialisé estimait que la France devait investir 5 milliards d’euros par an sur cinq ans dans l’IA si elle voulait rivaliser avec les États-Unis et la Chine.

Par ailleurs, Microsoft a annoncé le 12 mai qu’il investirait 4 milliards d’euros dans le développement de centres de données en France pour renforcer ses infrastructures en intelligence artificielle (IA) et dans le cloud.

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Le Monde avec l’AFP

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Ray Richard

Head of technical department in some websites, I have been in the field of electronic journalism for 12 years and I am interested in travel, trips and discovering the world of technology.
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