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Des soldats russes racontent l’invasion ukrainienne

Cet étudiant en architecture de Saint-Pétersbourg ne s’attendait pas à se retrouver au front. Lorsque Fiodor Smakilo, 22 ans, a été appelé sous les drapeaux, on lui a seulement parlé d’une formation militaire. Il a ensuite été envoyé pour surveiller la frontière occidentale de la Russie avec l’Ukraine.

Un jour, il y a deux semaines, il a été surpris d’entendre des tirs d’artillerie. Le commandant a envoyé un message radio. Apparemment, son unité était encerclée par des forces ukrainiennes, qui avaient percé les défenses russes pour lancer une incursion surprise en Russie, avec pas moins de 12 000 hommes.

Les échos de la Seconde Guerre mondiale

«C’était comme la Seconde Guerre mondiale, notre commandant nous a crié dessus « Pas un pas en arrière ! » » (allusion au décret soviétique de juillet 1942 contre l’offensive nazie), m’a raconté Smakilo depuis la cellule qu’il partage avec 14 autres jeunes Russes. Comme les autres prisonniers que nous avons interrogés, il a accepté que son nom soit cité.

Il fait partie des centaines de prisonniers que l’Ukraine affirme avoir capturés lors de son incursion audacieuse dans la région de Koursk, dans l’ouest de la Russie, a déclaré le président Zelensky dans un message publié le 22 octobre. Télégramme Le samedi 17 août, l’Ukraine a ainsi été établie comme « monnaie de négociation » en vue d’éventuels échanges de prisonniers. « Je remercie tous les soldats et les commandants qui font prisonniers des soldats russes, nous rapprochant ainsi de la libération de nos soldats et civils détenus par la Russie », Zelensky a poursuivi.

Les hommes capturés ont donné un premier aperçu d’une armée russe en proie au désespoir et au chaos après que l’Ukraine a surpris le monde en lançant une offensive contre son voisin. C’était la première fois que la Russie subissait une attaque sur son territoire depuis l’invasion allemande en 1941.

Assouplissement des positions ukrainiennes

L’Ukraine affirme avoir pris le contrôle de plus de 1 000 km2 de territoire russe, dont 80 villages et la ville de Soudja. Vendredi 16 août, on a appris que l’armée ukrainienne avait également détruit un pont stratégique sur la Seim (deux autres ont depuis subi le même sort), ce qui rendra difficile l’envoi de renforts dans la région par Moscou.

Les autorités ukrainiennes ont clairement fait savoir qu’elles n’avaient pas l’intention d’occuper de manière permanente une partie quelconque du territoire russe. De nombreux analystes estiment plutôt que l’incursion visait à soulager les positions ukrainiennes tendues dans la région du Donbass, à l’est de l’Ukraine, où les forces russes se rapprochaient la semaine dernière de la ville stratégique de Pokrovsk.

L’opération avait également pour but de renforcer la position de Kiev en cas de négociations de paix, si l’Ukraine parvient à conserver le territoire d’ici là.

Un camouflet pour la chaîne de commandement russe

Près de 200 000 Russes ont été évacués de leurs foyers. Beaucoup se plaignent de ne pas avoir été protégés par les autorités. Poutine est confronté à un dilemme à la fois politique et militaire : cette incursion est un affront pour sa chaîne de commandement et ses services de renseignement.

Gérard Truchon

An experienced journalist in internal and global political affairs, she tackles political issues from all sides
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