dans les coulisses des délibérations

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S’il remporte le prix, le président des États-Unis entrera dans l’histoire. Sinon, il peut toujours se présenter comme un martyr, ce qui, jusqu’à présent, lui a bien servi.
Donald Trump le sait : il n’a quasiment aucune chance de recevoir le prix Nobel de la paix cette année qui sera décerné ce vendredi 10 octobre à 11 heures. Depuis des semaines, il fait des déclarations en ce sens : « Ils vont le donner à un gars qui n’a rien fait (…), à celui qui a écrit un livre sur l’esprit de Donald Trump… ce sera une grande insulte pour notre pays », a-t-il déclaré devant ses généraux réunis à la base militaire de Quantico (Virginie) le 30 septembre. « Si je m’appelais Obama, j’aurais reçu le prix Nobel en 10 secondes », avait-il aussi déclaré en octobre 2024 alors qu’il était encore en campagne. L’issue de la guerre Hamas-Israël n’y changera probablement rien : en faisant accepter la phase 1 de son plan de paix, le président des États-Unis a réalisé un exploit… qui arrive trop tard : les candidatures sont déposées avant le 31 janvier de chaque année. Celle de Trump, c’était il y a huit mois, alors qu’il venait tout juste de prendre ses fonctions.
Le « Nobel », c’est comme les « Oscars » : chaque année, les paris sont ouverts. Et la Pythie la plus respectée en la matière est Nina Graeger, la directrice du PRIO (Peace Research Institute Oslo), qui a publié le 18 septembre une liste « actualisée » des gagnants possibles. Un absent notable : Donald J. Trump. En revanche, sur la liste figurent cinq noms qui ne sont pas vraiment fans du maître de la Maison Blanche, comme le CPJ (Comité pour la protection des journalistes), la Ligue internationale des femmes pour la paix et la liberté, ou encore le Bureau des institutions démocratiques et des droits de l’homme de l’OSCE (Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe). Bien entendu, Nina Graeger pourrait se tromper, et la libération des otages par le Hamas pourrait changer la donne. Mais en regardant la composition du comité qui sélectionne l’heureux élu, on se rend compte que ses cinq membres (plus un secrétaire), nommés par le parlement norvégien, ne sont pas exactement des trumpistes certifiés, à commencer par son « président », Jorgen Watne Frydnes, 40 ans, militant des droits de l’homme.
A Oslo, un message reçu cinq sur cinq
Depuis plusieurs mois, cette commission est sous pression. Trump ne perd pas une occasion de rappeler qu’il « mérite » le prix Nobel. Et quand ce n’est pas lui, d’autres s’en chargent : des dirigeants comme Benyamin Netanyahu ou des PDG comme Albert Bourla (le patron du laboratoire pharmaceutique Pfizer), des élus comme le sénateur républicain Bill Cassidy (qui affirme que le président américain devrait recevoir le prix pour sa gestion du Covid), etc. Réclamer le Nobel pour Donald Trump est devenu le meilleur moyen de se faire valoir. Fin juillet, Trump a également appelé Jens Stoltenberg, l’ancien secrétaire général de l’Otan, aujourd’hui ministre norvégien des Finances du Royaume de Norvège, pour discuter des tarifs douaniers… mais aussi de sa candidature au prix Nobel, selon la presse norvégienne.
A Oslo, le message a été reçu par cinq personnes sur cinq. Pour la première fois de son histoire qui remonte à 1901, l’Institut du prix Nobel a récemment ouvert ses portes à la presse. La BBC et les médias locaux ont ainsi eu le privilège de découvrir la salle du « conclave », pour ainsi dire. Ce n’est pas aussi beau que la chapelle Sixtine, mais le lustre et les boiseries sont les mêmes qu’au premier jour. Leur décision sur le lauréat 2025 a été prise lundi matin dernier, devant le portrait d’Alfred Nobel, l’inventeur de la dynamite. Ce jour-là, les membres du comité lisent à haute voix les critères d’attribution du prix tels qu’énoncés dans le testament du Nobel datant de 1895 : le prix doit être décerné à « la personnalité ou la communauté qui a le plus ou le mieux contribué au rapprochement des peuples, à la suppression ou à la réduction des armées permanentes, au rassemblement et à la propagation du progrès pour la paix ».
Trois présidents américains ont reçu le prix Nobel de la paix
Oslo se prépare déjà au pire si le vainqueur n’est pas Donald Trump. Lorsque le dissident chinois Liu Xiaobo a reçu le prix en 2010, Pékin a gelé ses relations diplomatiques avec la Norvège et imposé des sanctions économiques dans le cadre d’un conflit de six ans. Dans le contexte actuel d’apaisement au Moyen-Orient, les « sages » d’Oslo seront démolis sur les chaînes de télévision et les réseaux sociaux engagés pour la cause MAGA s’ils choisissent un autre que le maître de la Maison Blanche.
Deux choses : s’il remporte le prix Nobel de la paix cette année, Donald Trump est assuré d’entrer dans l’histoire, tout comme les trois présidents américains qui, avant lui, ont reçu ce prix pendant leur mandat (Theodore Roosevelt, Woodrow Wilson, Barack Obama). Sinon, il peut toujours se présenter comme un martyr, ce qui, jusqu’à présent, lui a bien servi. Et rien ne l’empêche de se représenter en 2027. Il a tous les espoirs, surtout s’il résout la question ukrainienne.
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