« Dans certains cas, cela pourrait être une solution… » : plus de 40 ans après l’abolition de la peine de mort, plus d’un Français sur deux est favorable au rétablissement de la peine de mort

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Alors que Robert Badinter entre au Panthéon jeudi, les Français sont toujours divisés sur l’abolition de la peine de mort, 44 ans après.
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Robert Badinter entre au Panthéon, jeudi 9 octobre. Lui, le champion de la lutte contre la peine de mort, lui qui a prononcé un discours devant les députés le 17 septembre 1981 qui a abouti, un mois plus tard, à l’abolition de la peine capitale, lui qui a aussi su aller à contre-courant de l’opinion publique puisqu’à l’époque une large majorité de Français y était favorable. Mais qu’en est-il aujourd’hui ? Que pensent les Français de la peine de mort ? Même si légalement, il est quasiment impossible de le restaurer, selon plusieurs études, ils sont encore partagés : 50% pour, 50% contre.
La question fait toujours débat, notamment dans les communes qui ont été marquées par un incident violent. C’est le cas à Villefontaine, ville de l’Isère secouée il y a cinq ans par le meurtre de Victorine, 18 ans, alors qu’elle rentrait chez elle.
La question du rétablissement de la peine de mort est loin d’être taboue. Même parmi ceux qui s’y opposent comme Pascal, directeur des travaux : « Mon avis est plutôt contre… Maintenant, nous avons tous été attristés par cet événement, par cette atrocité qui est arrivée à Victorine et sa famille. Les gens commencent à y réfléchir et c’est important d’en débattre. »
Et le débat existe oui, entre les Français, entre ces deux collègues aussi, Jérémy et Victor, tous deux vendeurs dans un magasin de vêtements. « Je suis contre, personnellement. Nous devons montrer que nous sommes plus intelligents qu’eux. La peine de mort est trop facile parce que s’ils sont enfermés pour le reste de leur vie, ce sera bien plus compliqué que de mourir. C’est trop simple. » estime Jérémy. « Je suis plutôt favorable à la peine de mort car je trouve que certains actes peuvent détruire des personnes ou des groupes à vie. Donc, je pense qu’il faut arrêter le mal à la source car sinon, ils pourraient agir à nouveau. »« , ajoute Victor.
Parmi les arguments de ceux qui s’opposent à la peine de mort, on parle souvent d’erreur judiciaire. Si la justice condamne à mort un innocent, il n’y aura pas de retour en arrière. Un argument que Victor comprend.
« Pour moi, c’est la dernière solution, dans des cas exceptionnels… »
Les arguments avancés par Robert Badinter lui-même sont encore difficiles à convaincre. Corinne, qui est fonctionnaire, ne s’en cache pas. Le meurtre de Victorine n’a fait que renforcer sa conviction, elle est pour la peine de mort, même si : « Malgré tout, je trouve que c’est un peu barbare. J’ai aussi conscience que ça tue… Mais voilà, dans certains cas, je trouve que ça peut être une solution. Combien en voit-on qui s’en sortent et qui recommencent ? Mais c’est facile à dire, je n’aimerais pas être celui qui cause la mort. »
Corinne évoque le risque de récidive, d’autres habitants expliquent que la perception d’une insécurité croissante peut expliquer l’augmentation ces dernières années du nombre de Français favorables à la peine de mort. Quant aux études d’opinion, elles font remonter ce phénomène aux attentats de 2015 en France.
Quoi qu’il en soit, seule la moitié des Français sont aujourd’hui contre la peine capitale. Frédérique, retraitée de l’enseignement, le déplore : « Pour moi, un être humain n’a pas à décider de la vie d’un autre être humain et puis je crois qu’il y a toujours une rédemption possible. » Frédérique est cependant bien consciente que ces arguments sont loin de faire consensus en France aujourd’hui.
Plus de 40 ans après l’abolition de la peine de mort, plus d’un Français sur deux est favorable au rétablissement de la peine capitale. Le rapport de Boris Loumagne
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