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coup dur pour l’Etat, le géant du nickel Glencore va mettre en sommeil l’usine de Koniambo

(Article publié lundi 12 février à 12h07, mis à jour à 14h54) Grave revers pour l’État. Comme il l’avait annoncé fin 2023, le géant suisse du négoce de matières premières Glencore a confirmé ce lundi son intention de mettre sous cocon l’usine de production de ferronickel Koniambo Nickel SAS (KNS). Le groupe estime qu’il ne peut pas «ne pas continuer à financer des pertes au détriment de ses actionnaires» et a donc pris la décision de placer ces activités dans des opérations d’entretien et de maintenance.

Concrètement, les fours resteront chauds pendant six mois et l’ensemble des salariés – 1 300 salariés – conserveront leur emploi pendant la période de transition, l’objectif étant de maintenir les activités critiques et de garantir la sécurité du site. Un budget a été alloué pour cette période de transition, indique le communiqué, sans fournir de détails financiers. Ce maintien au chaud devrait permettre de relancer rapidement l’activité « si un acheteur a été identifié dans les six mois », » a déclaré la direction de KNS.

Glencore détient 49 % de KNS, les 51 % restants étant détenus par l’État. Mais le groupe basé en Suisse est le seul financeur de ce chantier, mis en service en 2014. Projet phare de rééquilibrage entre les provinces calédoniennes du Nord – où elle est installée, dans le massif de Koniambo – et du Sud, cette usine n’a jamais été rentable.

À la recherche d’un nouveau partenaire

Glencore, qui gère pourtant cette mine en Nouvelle-Calédonie dans le cadre d’une joint-venture avec la Société Minière du Sud Pacifique SA (SMSP), « lancera bientôt le processus d’identification d’un nouveau partenaire industriel potentiel pour KNS », poursuit le groupe.

Le cabinet du ministre de l’Économie n’a pas tardé à réagir à cette annonce.

« La recherche de repreneurs est indispensable et nous sommes prêts à l’accompagner », a-t-il indiqué. « Il est impératif que les fabricants prennent des risques économiques dans ces opérations. » se souvient-il.

Bruno Le Maire au chevet du nickel calédonien

Le cabinet du ministère de l’Économie a également insisté sur le « un soutien exceptionnel » déjà apporté au KNS, pour lequel « il n’est pas possible d’aller au-delà ». La semaine dernière, Bruno Le Maire a indiqué avoir fait une proposition « 60 millions d’euros de subventions sur le prix de l’énergie, 45 millions d’euros de moyens supplémentaires, un prêt de 100 millions : 200 millions d’euros pour la seule usine du nord pour garantir sa pérennité sous forme de soutien public », il a dit.

Il n’en demeure pas moins que, pour Glencore, les coûts de fonctionnement sont  » étudiants «  Et « des conditions de marché actuellement très faibles », même avec l’aide offerte par le gouvernement français. A tel point que les activités de Koniambo Nickel ne sont pas « pas rentable ». Sa dette colossale s’élève à près de 14 milliards d’euros. Il indique néanmoins qu’il « apprécie les efforts du gouvernement français pour redynamiser et sauver l’industrie du nickel en Nouvelle-Calédonie ».

Un secteur en difficulté

Le secteur de l’extraction et du raffinage du nickel dans l’archipel français du Pacifique Sud est porté par deux autres sociétés, la SLN et Prony. C’est la principale ressource de la Nouvelle-Calédonie : elle représente près d’un quart des emplois privés et 20 % de son produit intérieur brut (PIB). Il n’en demeure pas moins qu’elle est plombée par la combinaison d’une baisse des prix, d’une énergie chère et d’une concurrence étrangère accrue, qui ont plongé les trois usines métallurgiques dans le rouge et poussé le gouvernement à réfléchir à leur sort.

Nouvelle-Calédonie : l’État va soutenir les producteurs de nickel au bord de la faillite

En guise de solution, un « pacte du nickel », censé relancer le secteur, est actuellement en négociation à l’initiative de Bruno Le Maire, qui assurait début février « croire en l’avenir de la filière nickel en Nouvelle-Calédonie ». Le locataire de Bercy a ensuite rappelé les conditions du gouvernement, notamment que les élus acceptent d’exporter une partie du minerai – une activité rentable – au lieu de le transformer sur place et que les industriels s’engagent à développer et investir dans des usines.

L’État s’engagerait à moderniser le réseau électrique calédonien pour faire baisser le prix de l’énergie. « Notre objectif est que les discussions sur le pacte sur le nickel se terminent d’ici la fin du mois », a indiqué le ministère de l’Économie à l’AFP.

Les salariés et sous-traitants du secteur ont, de leur côté, arrêté le travail fin janvier pour inciter les actionnaires des trois usines à participer à la relance du secteur. Autant d’initiatives qui n’ont pas eu les effets escomptés.

(Avec l’AFP)