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COP15 : un accord ambitieux au forceps

« Un pacte avec la nature. L’expression utilisée par le secrétaire général de l’ONU, Antonio Guterres, est sans doute grandiloquente, mais le résultat est là. Après quatre ans de dix jours et une nuit de négociations, les pays du monde – 195 États plus l’Union européenne – ont adopté l' »Accord Kunming-Montréal », du nom de la ville chinoise où se tiendra cette COP15 en 2020 et principale ville du Québec, où cela a finalement eu lieu. C’est donc le président chinois de la COP, Huang Runqiu, qui s’est présenté devant les délégués du monde entier, après une nuit blanche, pour annoncer l’adoption sous les applaudissements. « Nous avons franchi ensemble une étape historique », s’est félicité le ministre canadien de l’Environnement, Steven Guilbeault, pour qui « comparer l’accord de Kunming-Montréal à celui de Paris est de mise ». De son côté, le ministère français du Développement durable salue « un accord ambitieux qui définit un cap clair pour mettre fin à la perte de biodiversité et la restaurer en fixant des objectifs quantifiés et mesurables avec un cadre de suivi ».

le « consentement libre, préalable et éclairé des peuples autochtones doit être respecté »

L’enjeu était de taille : établir un nouveau cadre mondial pour combler le vide juridique après la fin des accords d’Aichi, adoptés en 2010 et qui s’étaient soldés en 2020 par un échec total. Et enfin s’attaquer à l’effondrement de la faune et de la flore terrestres, provoqué par l’activité humaine à une vitesse incroyable. Le constat scientifique est sans appel : 75 % de la surface terrestre est fortement altérée et un million d’espèces, végétales et animales confondues, sont menacées d’extinction.

La feuille de route comprend 23 objectifs, le principal étant de protéger « d’ici 2030 au moins 30% des zones terrestres, des eaux intérieures et des zones côtières et marines (…) à travers des réseaux d’aires protégées ». Ce chiffre de 30% est global et non national, ce qui implique que les pays se mobilisent davantage, ceux qui disposent de vastes territoires naturels ou des zones économiques exclusives les plus étendues, Etats-Unis et France en tête. Aujourd’hui, seuls 17 % des terres et 8 % des mers sont protégés, mais les scientifiques et les ONG estiment qu’un objectif de 50 % devrait être fixé. Un autre pas en avant est la reconnaissance du rôle des peuples autochtones en tant que « Gardiens de la Biodiversité ». Bien qu’ils ne représentent que 6 % de la population mondiale, ils gèrent 25 % de la surface terrestre, dont 80 % de la biodiversité. L’accord prévoit que leur « Le consentement libre, préalable et éclairé doit être respecté ».

Autres objectifs essentiels : une augmentation significative des financements des pays riches, « au moins 20 milliards de dollars par an d’ici 2025 et 30 milliards d’ici 2030 », contre 10 milliards aujourd’hui. Un objectif qui doit être porté par  » pays développés «  en général, ce qui permet la contribution via une nouvelle branche du Fonds pour l’environnement mondial de la Chine, des États-Unis ou des pays arabes non signataires de la Convention sur la diversité biologique. Vient ensuite le but de « restauration effective de 30% des terres et mers dégradées » et le « réduire de moitié » pollution par les pesticides. Enfin, l’accord prévoit un mécanisme commun de planification et de suivi avec des indicateurs spécifiques.

Au final, ce texte permet de « faire un grand pas par rapport à ce qui préexistait au niveau des Nations Unies », a réagi Sébastien Treyer, directeur général de l’Institut du développement durable et des relations internationales (Iddri). Pour lui, « Des progrès sont notables dans trois dimensions importantes : les objectifs et les engagements, la mobilisation des ressources financières et le mécanisme de redevabilité des États ». Brian O’Donnell, directeur de l’ONG Campaign for Nature, a salué la « le plus grand engagement pour la conservation des océans et des terres de l’histoire ». Il n’en reste pas moins que si le cadre est solide, le mécanisme contraignant est bancal – voire absent pour certains objectifs comme la restauration des terres dégradées. Selon Juliette Landry, chercheuse à l’Iddri, « le texte encadrant ce mécanisme est assez faible »toutefois « les mécanismes de suivi sont globalement positifs, même si des éléments devront être précisés lors de la COP16 en Turquie, fin 2024 ». Ce sera l’occasion de dresser un premier bilan de l’application de l’accord signé lundi, que l’on peut qualifier d’historique.


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Cammile Bussière

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