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Nouvelles du Canada

COP15 : Le Canada s’oppose à une cible sur l’empreinte des régimes alimentaires | COP15


Parmi les 22 objectifs inclus dans le texte débattu à la COP15 à Montréal, la cible 16 stipule que les États doivent inciter les citoyens à des choix de consommation durablesnotamment en facilitant l’accès à l’information pertinentes et fiables ainsi que [solutions] alternatives.

Le texte fait également référence à la réduction du gaspillage alimentaire, de la consommation et de la production de déchets.

Certains éléments du texte doivent encore être approuvés par les délégués avant que l’objectif puisse être officiellement inclus dans le cadre, le texte qui deviendra la référence pour la conservation de la biodiversité dans le monde. C’est le cas d’un passage où il est mentionné que l’empreinte carbone des régimes alimentaires et de la consommation par habitant devrait être divisée par deux.

Le Canada fait partie des pays qui s’opposent à l’adoption d’un tel libellé. Citant des sources, le média d’information Carbon Brief précise que le pays serait particulièrement réticent à voir la mention de régimes protéinés à base de plantes.

Le Canada est l’un des plus grands exportateurs de viande rouge et de bétail au monde.

Photo : La Presse canadienne/Sean Kilpatrick

Le ministre canadien de l’Environnement et du Changement climatique, Steven Guilbeault, estime que l’adoption de cette cible reviendrait à dédoubler les objectifs que le Canada s’est déjà engagé à atteindre. Un objectif similaire sur la production et la consommation durables, dit-il, figure déjà dans les Objectifs de développement durable (ODD) des Nations Unies, adoptés en 2015.

Nous sommes déjà en train d’insérer cela dans la loi canadienne, ajoute-t-il. C’est dans la nouvelle stratégie de développement durable du Canada.

 » Nous la trouvons tout simplement redondante parce qu’il existe déjà une stratégie à laquelle adhère le Canada. »

Une citation de Steven Guilbeault, ministre fédéral de l’Environnement et du Changement climatique

Nous sommes d’accord avec le fond, mais ce n’est tout simplement pas le bon endroit pour avoir ces discussionsil dit.

Son cabinet dit que le gouvernement veut que l’accent soit mis sur la facteurs directs qui contribuent au déclin de la biodiversité, ce qui ne veut pas dire que le Canada n’appuie pas les mesures visant à s’attaquer aux facteurs indirects.

Le ministre Guilbeault de profil.

Le ministre fédéral de l’Environnement et du Changement climatique, Steven Guilbeault, dirige la délégation canadienne à la COP15.

Photo : dpa via getty images / LARS HAGBERG

Toutefois, le Canada plaide pour l’ajout d’autres éléments contenus dans le ODD des Nations Unies qui peuvent s’inscrire dans le cadre mondial de la biodiversité, par exemple la préservation et la restauration des écosystèmes terrestres.

L’inversion du processus de dégradation des sols, l’utilisation durable des océans et des mers ou encore l’adoption de mesures pour lutter contre le changement climatique sont autant de sujets qui animent les discussions depuis le début de la COP15 et qui ont déjà été adoptés par les Nations Unies.

Régime destructeur

Le fait que les délégués s’attardent sur la question des régimes alimentaires à la COP15 n’est pas étranger au fait que l’agriculture intensive, dont les populations dépendent pour se nourrir, est l’une des plus grandes causes du déclin de la biodiversité.

Les systèmes alimentaires sont responsables de 60 % de la perte de biodiversité terrestre, de 24 % des émissions de gaz à effet de serre et de 33 % de la dégradation des terres sur la planète.

À l’échelle mondiale, les systèmes alimentaires sont désormais responsables de 60 % de la perte de biodiversité terrestre, de 24 % des émissions de gaz à effet de serre, de 33 % de la dégradation des terres, de la surpêche de 29 % des populations de poissons commerciaux et de la surexploitation de 20 % des aquifères de la planète.

Nous essayons de nourrir une population croissantese souvient Tanya Steele, directrice du bureau britannique du Fonds mondial pour la nature (WWF).

 » Nous devons reconnaître que notre système alimentaire est sans aucun doute le plus grand destructeur de la nature et de la biodiversité. »

Une citation de Tanya Steele, directrice du bureau britannique du Fonds mondial pour la nature

Dans le même sens, Marc-André Viau, directeur des relations intergouvernementales à Équiterre, soutient que les discussions sur l’impact environnemental de notre alimentation ont toutes les raisons de réserver une place à la COP15. Nos habitudes alimentaires ont des conséquences sur la biodiversité des sols et la santé humaine, souligne-t-il.

Au Canada, nous avons une alimentation à base de protéines animalesexplique pour sa part Maurice Doyon, professeur titulaire à la Faculté des sciences de l’agriculture et de l’alimentation de l’Université Laval. Mais le bœuf a une empreinte carbone très élevée, contrairement aux œufs et au poulet.il dit.

Comme le Canada, l’Argentine et le Paraguay – pays où l’industrie de la viande est un pilier de l’économie – s’opposent également à un objectif sur l’empreinte carbone des régimes alimentaires.

Le Canada, qui produit environ 2 % du bœuf consommé sur la planète, est également parmi les plus grands exportateurs de viande rouge et de bétail au monde. À lui seul, le Québec est le troisième exportateur mondial de porc.

Les secteurs de l’agriculture et de l’agroalimentaire ont généré 6,8 % du PIB canadien en 2021.

Si le ministre Guilbeault affirme que la position du Canada n’est pas PolitiqueMaurice Doyon croit au contraire que cet aspect doit peser beaucoup plus lourd dans la balance que les considérations économiques.

On a vu la réaction du secteur agroalimentaire des protéines animales au pays lors de la parution du dernier guide alimentaire.où les produits laitiers ont été écartés, précise le spécialiste. Cela a quand même créé pas mal d’émoi. Et vous penseriez qu’une résolution [comme celle débattue à la COP15] pourrait créer une agitation similaireIl suggère.

Mieux soutenir le secteur agricole

En s’opposant à cette cible du cadre mondial de la biodiversité, le gouvernement canadien fait preuve d’une réticence que les autres États producteurs de viande n’ont pas, selon Marc-André Viau.

Nous avons encore du travail à faire pour définir clairement les orientations du secteur agricole dans le cadre de la lutte contre les changements climatiques et de la protection de la biodiversité.il a dit.

 » Le message qui est envoyé est qu’on ne peut pas aller trop vite car on n’a pas encore une bonne idée de la direction qu’on veut prendre. »

Une citation de Marc-André Viau, directeur des relations intergouvernementales chez Équiterre

Cependant, le gouvernement fédéral est en voie d’adopter une stratégie agricole plus durable. Lundi, le gouvernement a lancé un processus de consultation avec ses partenaires dans le but de mieux accompagner les producteurs.

Quand on parle de transformation du secteur agricole, cela implique des changements qui sont souvent synonymes de résistance, résume M. Viau. D’où l’importance, ajoute-t-il, d’offrir l’aide financière et les ressources nécessaires pour accompagner les agriculteurs dans ce processus de transition sans les pénaliser.

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Jewel Beaujolie

I am a fashion designer in the past and I currently write in the fields of fashion, cosmetics, body care and women in general. I am interested in family matters and everything related to maternal, child and family health.
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