Skip to content
Contre l’avis du gouvernement, l’Assemblée vote 500 millions d’euros d’augmentation des retraites

L’Assemblée nationale a voté mardi une revalorisation supplémentaire de 500 millions d’euros pour les retraites. Un revers pour la majorité présidentielle, qui avait déjà perdu une bataille lundi soir.

Gros accident pour la majorité : l’Assemblée nationale a voté mardi 26 juillet, contre l’avis du gouvernement, une revalorisation supplémentaire de 500 millions d’euros pour les retraites, dans le cadre de l’examen du projet de budget rectifié pour 2022.

Le vote de cet amendement par le groupe indépendant LIOT a été remporté par 186 voix contre 181, la gauche célébrant d’emblée une « grande victoire » et les députés du Rassemblement national (RN) une « bouffée d’oxygène » pour les retraités avec cette augmentation supplémentaire de 0,4 %. dans les retraites.

Le Sénat dominé par la droite, qui se saisira après l’Assemblée du projet de loi, peut toutefois revenir sur ce vote.

Lundi soir déjà, 230 millions d’euros pour le chauffage des foyers au fioul avaient été votés, par votes concordants des élus Les Républicains (LR), RN et la gauche. Le gouvernement a privilégié une aide de 50 millions d’euros.

Le ministre de l’Economie, Bruno Le Maire, avait appelé haut et fort à la modération budgétaire, alors que 44 milliards d’euros de crédits sont déjà ouverts : « Gardons les comptes publics !

D’un côté le gouvernement, privé de majorité absolue, tente de boucler la première lecture de ce projet de budget, qui devait initialement s’achever vendredi soir, pour que le Sénat puisse l’examiner cette semaine en commission.

En revanche, les oppositions, notamment de gauche, défendent pas à pas leurs propositions et tentent d’arracher tout ce qu’elles peuvent, en faveur d’une inflation galopante.

« On assiste à une véritable déformation du débat démocratique », avec des débats « interminables » et « de la pure politique politique », a dénoncé lundi soir Bruno Le Maire, alors que les discussions s’éternisaient sur l’accès à l’eau. ou les pompiers.

La France insoumise lui a répondu sèchement mardi. « Il y a une re-parlementarisation de la vie politique », s’est félicité Alexis Corbière sur LCI.

Le député a mis en garde contre la « propagande macronienne », avec un « discours antiparlementaire qui consiste à dire : ‘C’est une assemblée de bavards, ils font perdre le temps du gouvernement' ».

« L’époque d’une chambre parlementaire pour enregistrer les vœux du président de la République est révolue », a ajouté son collègue Adrien Quatennens sur France Inter.

Des débats non-stop

Reste que, dans la majorité comme dans l’opposition, la lassitude perce après ces journées et ces nuits quasi ininterrompues depuis plus d’une semaine. « Nous sommes des femmes et des hommes avec des limites physiques », glisse un élu.

Les échanges ont connu un regain de tension mardi, lorsqu’a été évoquée la récente occupation de la résidence secondaire de Bruno Le Maire au Pays basque par des militants du droit au logement, au sujet d’un amendement visant à surtaxer ces résidences. « Nous sommes nombreux à avoir connu des menaces », a déploré Sylvain Maillard (Renaissance).

Comme ces derniers jours déjà, les députés ont la volonté d’adopter solennellement l’intégralité du projet de budget rectifié dans la nuit, après le vote vendredi au petit matin du projet de loi « d’urgence » sur le pouvoir d’achat.

Les LR voteront majoritairement pour, a indiqué leur président Olivier Marleix, satisfait du « bras de fer positif avec le gouvernement » qui a permis de prendre des mesures sur le carburant, l’achat de RTT par les entreprises, ou encore la défiscalisation des heures supplémentaires.

La gauche devrait voter contre. « On ne peut pas soutenir ce paquet (sur)le pouvoir d’achat co-construit avec la droite » et dont « l’égalité et la justice sociale sont les grands absents », selon un porte-parole des députés du Parti socialiste (PS), Arthur Delaporte.

Côté RN, « le vote pour est extrêmement improbable », a indiqué Jean-Philippe Tanguy, regrettant notamment le rejet des baisses de TVA.

Ce vote marquera la fin du premier tour au Palais Bourbon. Les ministres sont priés de « participer aux travaux » jusqu’à la fin de la session parlementaire prévue à cette étape le 7 août, a recommandé la Première ministre Elisabeth Borne.

Avec l’AFP

Toutes les actualités du site n'expriment pas le point de vue du site, mais nous transmettons cette actualité automatiquement et la traduisons grâce à une technologie programmatique sur le site et non à partir d'un éditeur humain.