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Contraintes liées aux déplacements qui affectent les pourvoiries

Le président de l’Association des pourvoiries de l’Abitibi-Témiscamingue, Yves Bouthillette, reconnaît que la levée d’une grande partie des restrictions a été reçue comme un soulagement par ses membres, mais que la clientèle perdue après deux ans d’interruption n’est pas facile regagner.

«Après deux ans de restrictions comme nous en avons eu, ce sera difficile. Oui, il y a quand même une reprise intéressante, mais il y a quand même une très grande partie des non-résidents, américains ou autres, qui ont un peu de mal avec les vaccins, avec ArriveCAN, donc on se prive de beaucoup de clientèle et beaucoup d’argent pour une région comme la nôtre, où la clientèle non résidente est très importante », souligne M. Bouthillette.

Celui qui est propriétaire de la pourvoirie Taggart Bay Lodge, à Laniel, indique que de nombreux clients de l’extérieur du Canada choisissent d’annuler leur séjour lorsqu’ils voient le contenu des démarches pour entrer au pays.

« Nous avons beaucoup de clients non-résidents qui reviennent avec un grand sourire, mais nous avons un taux très élevé de personnes qui ne se présentent pas à la dernière minute. Je crois que la peur, les restrictions, les choses qu’ils doivent remplir sont autant de facteurs qui mettent des petits bâtons dans les roues des voyageurs. Et probablement le prix du gaz n’aide pas non plus. En bon français, on a un peu plus de pas de spectacle », observe-t-il.

Pourvoirie Taggart Bay Lodge.

Photo: courtoisie

Une clientèle difficile à remplacer

Quant à Duparquet, le copropriétaire de la Pourvoirie Fern, Réjean Béchard, soutient que le mois de juin 2022 sera moins lucratif qu’à l’habitude en raison du plus petit nombre de visiteurs américains venus pêcher. Cependant, il explique que c’est la période de la chasse printanière à l’ours qui a été la plus difficile.

« Du côté des États-Unis, c’est encore un peu compliqué à passer à la douane. Ma chasse à l’ours a été complètement gâchée à cause de ça, avec la vaccination obligatoire et les tests quasi obligatoires aussi, ça a fait qu’on a dû annuler presque tous les voyages d’ours en avril pour réserver le client résident. Ce n’est pas vraiment mieux que l’an dernier pour ça », dit-il.

 » Par exemple, un groupe de huit chasseurs qui sont venus ici en pourvoirie, il y en avait les trois quarts qui n’étaient pas vaccinés, donc ils ont complètement annulé le  »voyage ». C’est pour ça que c’était plus dur, c’est surtout le vaccin qui fait mal pour les douaniers. »

Une citation de Réjean Béchard, copropriétaire de la Pourvoirie Fern

M. Béchard souligne qu’il est difficile de remplacer les clients américains ou ontariens par des clients québécois.

« Les clients locaux sont beaucoup plus difficiles à approcher car les clients du Québec n’ont pas besoin de passer par une pourvoirie pour chasser l’ours. La plupart des gens de l’Abitibi ou du Québec peuvent passer par n’importe qui pour aller chasser l’ours dans la région, ce qui n’est pas le cas des non-résidents. Donc je n’ai pas vraiment réservé la chasse à l’ours de cette année est une autre année sur laquelle mettre une croix. C’est un peu triste de voir que nos frontières ne sont pas vraiment ouvertes », note-t-il.

Beaucoup d’incertitude

Les affaires reprennent tant bien que mal pour plusieurs pourvoiries de l’Abitibi-Témiscamingue.

Photo : Radio Canada

De son côté, le président-directeur général de la pourvoirie Lac la Truite, Noël Thibault, affirme qu’il recommence à voir la lumière au bout du tunnel, mais qu’il y a encore beaucoup d’incertitude en cette troisième année de la pandémie.

Selon M. Thibault, certaines catégories de clientèles sont plus touchées par les mesures encore en place pour voyager au Canada.

«Ce que je comprends, c’est que les règles mises en place pour entrer au Canada pour certaines personnes qui vont facilement à l’ordinateur, ça peut aller plus facilement. Mais pour d’autres clients, plus âgés peut-être, il y a des groupes qui reporteront simplement leur voyage à l’année prochaine. Ce ne sont pas de petits groupes, ce sont des groupes assez importants en termes de revenus. Alors, les pourvoiries en régions éloignées, avec des clients externes, notamment des États-Unis, connaissent encore des problèmes assez sérieux pour 2022 », indique celui qui exploite un établissement à près de 40 kilomètres au sud-est de Belleterre.

Permettre l’achat de terrains pour un développement à long terme

Pourvoirie Camp Grassy Narrows, Moffet

Photo : courtoisie

Selon Yves Bouthillette, le principal enjeu pour les pourvoiries au Québec concerne la possibilité pour leurs exploitants d’acquérir le terrain sur lequel elles sont installées.

« Le ministère des Forêts, de la Faune et des Parcs vient de lancer un programme de subventions pour aider les pourvoiries à améliorer leurs infrastructures. Or, en même temps, on veut qu’on dépense des centaines de milliers de dollars sur des terrains qui ne nous appartiennent pas ou qu’on ne peut pas retransférer en terrain privé, advenant que de nouvelles réglementations viennent obliger la pourvoirie, par exemple, qu’on ne pourrait plus pêcher le doré », explique-t-il.

 » Ce que nous demandons, c’est vraiment la possibilité pour les entreprises de se développer, donc de leur donner des garanties pour investir quelque part en leur donnant la possibilité d’acheter le terrain ou de les laisser transformer leur bail bail de villégiature commercial en bail de villégiature privé. »

Une citation de Yves Bouthillette, président de l’Association des pourvoiries de l’Abitibi-Témiscamingue

Le propriétaire de plusieurs pourvoiries dit se porter bien financièrement, mais croit que les prochaines années pourraient être plus difficiles pour certaines petites entreprises.

« On a perdu beaucoup d’argent ces dernières années, mais ce sont plus des gens qui ont une entreprise, des petites familles qui ne vivent que de ça. Eux, je sais qu’ils ont eu beaucoup de misère et ils auront beaucoup de misère pendant plusieurs années avant de se refaire une clientèle complète et d’obtenir le chiffre d’affaires qu’ils faisaient avant la pandémie », indique M. Bouthillette.

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