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Chars Leopard en route vers l’Ukraine

Après plusieurs semaines de débats, le chancelier allemand Olaf Scholz a finalement donné son aval mercredi à l’envoi de chars lourds Leopard 2 en Ukraine. Une décision qui ne surprenait guère tant, ces dernières heures, que le gouvernement avait multiplié les annonces en ce sens. Berlin enverra 14 véhicules blindés de type 2A6 issus des stocks de son armée, la Bundeswehr. L’Allemagne autorisera également ses alliés occidentaux (Pologne, Espagne, Danemark, Finlande, Pays-Bas, etc.) équipés de chars Leopard à faire de même.

Devant le Bundestag, la chambre basse du Parlement, Olaf Scholz a expliqué : « Nous faisons ce qui est nécessaire et possible pour soutenir l’Ukraine, mais en même temps nous empêchons une escalade de la guerre, vers une guerre entre la Russie et l’OTAN. » Pour le général Dominique Trinquand, partisan des livraisons d’armes à l’Ukraine depuis le début de l’invasion russe : « Il répond à la demande de Kyiv, qui vise à récupérer les frontières internationalement reconnues entre son pays et la Russie. En ce qui concerne le nombre et les différents modèles, mieux vaut avoir une flotte homogène et cohérente avec des Léopards et des M1 Abrams bien plus nombreux. »

Les États-Unis envoient 31 chars Abrams

Selon l’Institut international d’études stratégiques (IISS), près de 2 000 unités sont opérationnelles : 284 en Allemagne, 56 en Autriche, 48 au Danemark, 100 en Finlande, 353 en Grèce, 120 en Suède, 327 en Espagne ou 247 en Pologne. La plupart de ces pays avaient déjà annoncé leur volonté de livrer une soixantaine de véhicules blindés à Kyiv, mais Berlin a dû donner son accord de réexportation. « L’Allemagne, pour des raisons internes, de tradition pacifiste, a retardé la prise de décision. Berlin a réussi à lier son choix à celui de Washington. Les autorités se sentent protégées dès lors qu’il s’agit d’une décision conjointe. Car, au sein de l’OTAN, les États-Unis restent la force la plus importante.estime l’ancien chef de la mission militaire française auprès de l’ONU, Dominique Trinquand.

L’annonce allemande a précédé celle du président des États-Unis concernant les chars Abrams. Joe Biden qui s’est exprimé mercredi sur « un soutien continu à l’Ukraine » et à son tour confirmé l’envoi de 31 chars. Principal soutien financier et militaire avec près de 55 milliards de dollars d’aide, Washington s’était jusqu’ici refusé à lui fournir pour des questions de maintenance et d’entraînement. « Pour accélérer les temps d’entraînement des équipages, les Ukrainiens envoient des soldats expérimentés. Mais trois types de formation subsistent et durent deux à trois mois. Le premier est individuel pour les pilotes, le mitrailleur, le chef de char, afin de comprendre comment les choses fonctionnent. La deuxième formation porte sur la façon dont tout le monde travaille ensemble. Et le troisième se passe avec les logisticiens et les mécaniciens »explique Dominique Trinquand.

L’évolution des rapports de force sur le terrain ne risque pas d’être immédiate. Même si les Ukrainiens ont déjà commencé à s’entraîner sur les chars stationnés en Pologne avec le feu vert de Berlin. Au cours d’une tournée en Europe, le général américain Mark A. Milley, chef d’état-major interarmées, a visité l’entraînement de 500 soldats ukrainiens à Grafenwöhr, en Allemagne, et a fait le point entre les alliés occidentaux et Kyiv, à Ramstein, le 20 janvier. l’objectif est clair : utiliser chars, artillerie, véhicules de combat et aviation de manière superposée pour lancer une grande offensive au printemps. Cette offensive est menée parallèlement à l’afflux croissant d’armes en provenance des États membres de l’OTAN, dont la France.

Forcer les Russes à négocier

Ces livraisons d’armes à l’Ukraine ont souvent été présentées comme défensives. Pour les militaires, la distinction n’a aucun sens. « Le but principal de ces chars est clairement offensif. Après avoir regagné du terrain autour de Kharkiv et de Kherson, Kyiv entend mener une telle opération dans les mois à venir pour regagner plus de territoire. 200 chars seraient nécessaires pour réaliser cette coopération interarmes, au sein de l’armée avec l’artillerie, les chars, les drones, l’infanterie et l’aviation. Le but est de réaliser une percée pour obliger les Russes à négocier » estime le général Vincent Desportes, auteur de Devenez un leader (Odile Jacob, janvier 2023).

Alors que l’Ukraine a récemment essuyé des défaites comme Soledar après plusieurs avancées à l’automne (Kherson), le secrétaire général de l’OTAN Jens Stoltenberg l’assure : les chars allemands peuvent aider l’Ukraine « défendre, conquérir et triompher ». À Kyiv, le leader Volodymyr Zelensky s’est déclaré « sincèrement reconnaissant ». Mais Andriï Yermak, le chef de l’administration présidentielle ukrainienne, a exigé plus et exigé qu’un « coalition » organisation internationale pour fournir des chars lourds à son pays.

Une logique d’armement et de guerre à court terme

Du côté russe, deux ambassadeurs ont immédiatement réagi. A Berlin, Sergei Nechayev a critiqué un « Décision extrêmement dangereuse qui amènera le conflit à un nouveau niveau d’affrontement (…) Cela nous convainc une fois de plus que l’Allemagne, comme ses alliés les plus proches, ne veut pas de solution diplomatique et qu’elle veut une escalade permanente ». A Washington, l’ambassadeur russe Anatoly Antonov a condamné « une nouvelle provocation flagrante contre la Fédération de Russie ». L’escalade continue. Moscou prévoit également une offensive majeure dans les semaines à venir. Pour Tony Fortin, chercheur à l’Observatoire de l’armement : « Nous sommes dans une logique d’armement, de livraisons et de guerre à court terme. Évidemment, l’invasion de la Russie est criminelle, mais l’envoi de chars lourds fait partie d’un mécanisme d’escalade. A long terme, cela favorise une augmentation des budgets militaires amorcée avant le conflit et la menace nucléaire. »

Le chercheur plaide comme de nombreuses organisations pacifistes, dont le Mouvement pour la paix, pour plus « Contrôle démocratique et transparence sur les livraisons d’armes ». Car ces exportations ne sont pas sans conséquences. Au moment du conflit en ex-Yougoslavie, « L’expédition d’armes avait alimenté un certain nombre de trafics et de guerres en Afrique. Le traité sur le commerce des armes a été adopté en avril 2013 pour répondre à cette catastrophe »rappelle Tony Fortin, qui dénonce « En France comme ailleurs, un manque d’information, y compris des parlementaires ». L’hiver n’aura pas permis une pause dans les combats, ni favorisé les pourparlers.

La corruption. Le gouvernement Zelensky secoué par un scandale

Depuis une semaine, un scandale de corruption concernant les fournitures de l’armée éclate après les révélations du site d’information ZN.UA. Il s’agit d’un contrat signé par le ministère de la Défense au prix surévalué de 13 milliards de hryvnias (environ 324 millions d’euros) et portant sur des produits alimentaires destinés aux militaires. Ce montant est « deux à trois fois plus élevé » que les tarifs actuels. L’enquête vise plusieurs hauts responsables ukrainiens : cinq gouverneurs régionaux, quatre vice-ministres et deux chefs d’agence gouvernementale. Ils vont être limogés, ainsi que le chef adjoint de l’administration présidentielle et le procureur général adjoint. Le président Volodymyr Zelensky a défendu, mardi soir, des décisions « nécessaires ». En 2021, le pays était classé 122e sur 180, selon Transparency International.


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Cammile Bussière

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