« Ceux qui ne jouent pas le jeu auront du mal » : l’Allemagne resserre la vis sur les allocations chômage

[ad_1]
L’Allemagne durcit les règles de son système d’indemnisation du chômage. Au terme d’une réunion marathon de près de dix heures, mercredi soir, conservateurs et sociaux-démocrates de la coalition au pouvoir à Berlin se sont mis d’accord pour annoncer « une cascade de sanctions » contre les personnes qui perçoivent l’allocation chômage de base mais ne se présentent pas aux rendez-vous dans les « Jobcenters ».
Après deux entretiens manqués, les allocataires verront leurs prestations réduites de 30% pendant trois mois, sauf raisons de santé ou cas exceptionnels graves. L’indemnité sera totalement suspendue si un troisième rendez-vous n’est pas honoré. Enfin, si le demandeur d’emploi ne se présente pas le mois suivant, toutes les allocations, y compris les aides au logement, seront gelées.
Un retrait total des prestations peut également avoir lieu en cas de refus d’une offre d’emploi. « Ceux qui ne jouent pas le jeu auront la vie dure (…). Nous renforçons les sanctions dans la limite de ce qui est admissible par la Constitution », a expliqué la ministre social-démocrate du Travail, Bärbel Bas.
563 euros par mois
Autre mesure symbolique, le gouvernement va remplacer le nom actuel du système (« allocation citoyen ») par le terme « assurance de base ». Pour les conservateurs, il ne faut pas laisser entendre qu’il s’agit d’une sorte de revenu citoyen auquel tout le monde aurait droit, sans aucune condition. « L’allocation citoyenne appartient désormais au passé », a insisté Friedrich Merz.
Instaurée par le gouvernement du social-démocrate Scholz pour résoudre l’épisode douloureux des réformes « Hartz IV » du chancelier Schröder, l’allocation citoyenne (Bürgergeld, en allemand) s’élève à 563 euros par mois pour un adulte célibataire et à 506 euros pour le conjoint. Pour les enfants, le montant varie de 357 euros à 451 euros par mois selon l’âge. L’année dernière, l’allocation citoyenne a représenté une enveloppe de 58 milliards d’euros pour le budget de l’État.
Une bouffée d’air frais pour Merz
Sur le plan politique, ce durcissement de la portée des sanctions va donner un vent de fraîcheur à la chancelière allemande, même s’il avait annoncé un « automne de réformes » au début de l’été et que l’économie se porte mal, avec une baisse de la production industrielle en août (-4,3 %). Sous pression, Friedrich Merz est apparu ces derniers jours à de nombreuses reprises dans les talk-shows pour expliquer sa politique et appeler à la patience.
Dans ce contexte, cet accord avec les sociaux-démocrates sur l’allocation citoyenne arrive à point nommé. Non seulement parce que cette réforme est simple à comprendre mais aussi parce qu’elle répond aux attentes de la population. Selon un sondage Infratest Dimap pour la chaîne de télévision ARD, 86% des Allemands sont favorables à des sanctions plus sévères pour les bénéficiaires du Bürgergeld qui sautent un rendez-vous ou refusent une offre d’emploi. Fin 2024, le nombre de bénéficiaires s’élève à 5,5 millions, dont 48% d’étrangers. Une situation qui fait également sourciller une partie de l’opinion publique.
La mesure a été saluée par les employeurs. « Nous avons besoin d’une sécurité de base pour les personnes en difficulté, qui n’incite pas aux abus et n’entrave pas la croissance », a déclaré la directrice générale de la Chambre de commerce et d’industrie, Helena Melnikov.
Des économies très faibles
En revanche, ce durcissement des sanctions ne permettra pas de faire des économies. «Le montant sera très faible», a admis Bärbel Bas. « Dès que les gens se rendent compte qu’il n’y a plus d’argent sur leur compte, ils iront à Pôle emploi et les allocations reprendront. » Pour réaliser des économies budgétaires, il faudrait soit réduire les aides, ce qui sera quasiment impossible à accepter pour les sociaux-démocrates, soit aider les gens à trouver du travail. Le gouvernement a une règle empirique : si on réussit à sortir 100 000 personnes du chômage, l’Etat devrait réaliser environ 1 milliard d’euros d’économies.
Les centaines de milliards d’investissements débloqués par l’Etat devraient relancer la croissance l’année prochaine (+1,6% attendu) mais cela reste un horizon lointain pour l’opinion publique, alors que l’Allemagne a brièvement dépassé le cap des 3 millions de chômeurs en août et que les industries automobile et chimique sont en crise structurelle.
[ad_2]
Source link




