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C’est au tour des rescapés de Lac-Simon de rencontrer le pape


Bon nombre de ces survivants des pensionnats et leurs proches font le voyage par leurs propres moyens. Un minibus avec 18 personnes est également parti mercredi midi afin de pouvoir entendre en personne les excuses attendues du souverain pontife.

« Il y avait beaucoup d’intérêt pour ce voyage, mais plusieurs de nos anciens survivants se sont finalement retirés parce que c’était trop loin et qu’il y aura trop de monde », explique la chef de Lac-Simon, Adrienne Jérôme, qui est du voyage en tant que un guide et un chauffeur.

 » Pour ceux qui font le déplacement, il y a un réel désir de voir si les excuses du pape sont sincères. On l’écoute depuis lundi et il met encore ça sur le dos des gouvernements. Nous voulons voir la sincérité du pape. »

Une citation de Adrienne Jérôme, Chef de Lac-Simon

La chef du Lac-Simon, Adrienne Jérôme, est du voyage en tant que chauffeur et guide.

Photo : Radio-Canada / Marc-André Landry

Traumatisme

Interne à Saint-Marc-de-Figuery pendant trois ans, Marie-Louise Pien vit encore aujourd’hui avec la douleur des traumatismes qu’elle y a vécus.

Après les découvertes des enfants à Kamloops, ça m’a ramenée en arrière, dit-elle. C’était dur d’aller à l’internat et de ne pas pouvoir voir ta famille. Ce que j’ai vécu me fait encore mal aujourd’hui. Je suis sur la voie de la guérison. Je vais d’abord au Québec pour prier avec ma communauté et pour les autres Autochtones qui ont vécu dans les pensionnats. Le pape doit s’excuser pour tout ce qui s’est passé à travers le Canada. Bien sûr, je veux entendre tout ce qu’il va nous dire. Je vais l’écouter attentivement.

Sylvain Bruce Papatie est également du voyage. Originaire de Kitcisakik et vivant maintenant à Lac-Simon, il n’a pas fréquenté le pensionnat Saint-Marc, mais il a vécu un traumatisme au pensionnat Notre-Dame-de-la-Route de Louvicourt pendant 11 ans. Il considère également la visite du pape comme une étape dans son rétablissement, mais dit qu’il n’est pas impressionné par ce qu’il a entendu jusqu’à présent.

 » Cela ressemble à des excuses superficielles. Le pape blâme le gouvernement du Canada pour le sort des peuples autochtones. S’il comprend vraiment ce que nous avons traversé, il ne sera pas trop difficile pour les excuses de venir de son cœur au lieu de sa tête. Avant d’être pape, il est encore un être humain. »

Une citation de Sylvain Bruce Papatie, ancien du pensionnat de Louvicourt
C’est au tour des rescapés de Lac-Simon de rencontrer le pape

Un minibus avec 18 personnes à bord a quitté Lac-Simon mercredi matin en direction de Québec.

Photo : Radio-Canada / Marc-André Landry

Rencontre privée avec le Pape

Parmi la délégation du Lac-Simon, seulement quatre personnes auront accès à l’intérieur de la basilique Sainte-Anne-de-Beaupré. En revanche, deux survivantes, Madeleine Wabanonik et Marie-Jeanne Papatens, doivent rencontrer le pape en privé dans les prochains jours.

Il est important pour ces deux rescapés d’avoir une rencontre directe avec le pape, indique le chef Jérôme. Nous aurions aimé avoir plus de monde à l’intérieur. On nous a dit que les communautés obtiendraient 70 % des billets. C’est un peu dommage. Le pape vient chercher les survivants et la priorité devrait être pour eux.

Aucune délégation de Chisasibi

De son côté, le Conseil de la Nation crie de Chisasibi a choisi de ne pas envoyer de délégation officielle à la visite du pape François. La communauté située à plus de 860 kilomètres au nord d’Amos préfère se concentrer sur les activités traditionnelles et de guérison, tenant sa réunion annuelle du pensionnat de Fort George cette semaine.

C’est au tour des rescapés de Lac-Simon de rencontrer le pape

Le pape François à son arrivée à Québec, mercredi après-midi.

Photo : Radio Canada

Le chef Daisy House explique dans une déclaration écrite que cette décision a été prise avec respect, amour et compassion pour les anciens résidents, les aînés et les survivants intergénérationnels de Chisasibi.

Elle les invite également à s’entourer de leurs familles et proches de la communauté pour faire face aux émotions douloureuses qui pourraient refaire surface cette semaine. Il est également possible pour les membres de la communauté d’avoir accès à la webdiffusion en langue crie des événements liés à la visite du pape.

Alors que nous assistons à cette visite historique, nous réaffirmons que les actes sont plus éloquents que les mots. Nous continuons de demander au pape François d’enjoindre à ses évêques et à l’Église canadienne d’offrir leur entière collaboration aux Premières Nations qui souhaitent accéder aux documents d’archives qu’elles détiennent, documents qui faciliteront grandement notre processus de guérison. plus qu’une visite papaledit également Chief House dans sa déclaration écrite.

Le Conseil de la Nation crie de Chisasibi s’est engagé dans une démarche de recherche radar sur cinq sites liés aux pensionnats anglicans et catholiques de Fort George, à la recherche des restes d’enfants disparus. La communauté a reçu la semaine dernière une aide financière de 225 655 $ du gouvernement fédéral à cette fin.

– Avec la collaboration de Martin Guindon

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