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« Carmat m’a sauvé » : implantés au CHU de Montpellier, ils racontent leur vie avec le cœur artificiel

Les 13 décembre et 23 janvier, Jean-Bernard Gadolet et Patrick Rey se sont vu implanter un Carmat, le cœur artificiel, au CHU de Montpellier, seul centre du sud de la France à participer à l’étude clinique Eficas, destinée à valider la fiabilité et efficacité de l’appareil. Elle est coordonnée par le professeur Philippe Gaudard, chef du service d’anesthésie réanimation de l’hôpital Arnaud-de-Villeneuve.

« T…t…t…t… » Allongé dans un lit du service de réanimation de l’hôpital Arnaud-de-Villeneuve, Jean-Bernard Gadolet, 70 ans, bat la mesure comme les battements d’un métronome. A la question « Comment vous sentez-vous avec le Carmat ? », le geste fait écho aux courbes parfaites de l’électrocardiogramme, et aux propos rassurants du retraité, venu de Bourg-en-Bresse recevoir un cœur artificiel au CHU de Montpellier. . , le 13 décembre.

L’histoire de Carmat.
SOPHIE WAUQUIER

Il s’agit de la première implantation de Carmat dans le sud de la France, dix ans après le lancement de l’aventure proposée à 50 patients en Europe. Le CHU de Montpellier fait partie des centres français habilités à proposer le dispositif aux patients souffrant d’insuffisance cardiaque sévère, sans possibilité immédiate de greffe. Le programme est coordonné par le professeur Philippe Gaudard, chef du service d’anesthésie-réanimation à l’hôpital Arnaud-de-Villeneuve, coordinateur de l’étude clinique Eficas, qui prouvera, d’ici 2025, l’efficacité et la fiabilité de la prothèse.

Les Biterrois Patrick Rey et Jean-Bernard Gadolet, domiciliés à Bourg-en-Bresse, premiers patients implantés à Montpellier.

« Carmat m’a sauvé la vie », raconte Patrick Rey, 60 ans, lui aussi implanté le 23 janvier au CHU de Montpellier. Le Biterrois est arrivé au terme d’un parcours médical complexe, après une crise cardiaque en 2011, un double pontage… jusqu’à une hospitalisation en réanimation juste avant l’installation du Carmat. « Les temps récents ont été très difficiles »raconte le professeur Gaudard.

« Je fais progresser la science, c’est pour ça que je suis là »témoigne également Patrick Rey, toujours hospitalisé en réanimation.

« J’étais au bout du rouleau, ce n’était pas une vie »

« Alors, vous nous quittez, monsieur Gadolet ? Ce jeudi 8 février, Jean-Bernard Gadolet s’apprête à quitter la « réa » pour rejoindre le service d’hospitalisation de chirurgie cardiaque, un étage au-dessus. Il passe la matinée sur une chaise et marche quotidiennement. Sylvie Méjean, l’infirmière coordonnatrice, se penche sur les documents qui permettront à son patient de « manipuler » le Carmat, et qui fera l’objet d’une éducation thérapeutique, à l’hôpital puis en phase de convalescence en rééducation, avant de rentrer à domicile.

Le professeur Gaudard et son premier patient Carmat, Jean-Bernard Gadolet.

Le professeur Gaudard et son premier patient Carmat, Jean-Bernard Gadolet.

En juillet dernier, il était « à bout de souffle » : « J’étais fatiguée, j’étais constamment sous oxygène, ce n’était plus une vie. Carmat, j’en avais entendu parler, comme tout le monde. J’ai pris la décision en mon âme et conscience, en accord avec ma famille, et j’y suis allé l’esprit tranquille car c’était la solution qui me semblait la plus adaptée, même si l’opération était difficile. Sinon, je suis resté comme j’étais, sous assistance, avec deux consoles de pompe à gérer car j’ai une insuffisance du ventricule droit et du ventricule gauche du coeur.

"Carmat m'a sauvé" : implantés au CHU de Montpellier, ils racontent leur vie avec le cœur artificiel

Candidat à une greffe, Jean-Bernard Gadolet avait peu de chances de recevoir un greffon, compte tenu de son âge et de son profil, rappelle le professeur Gaudard, qui évoque une intervention « difficile ». Les chirurgiens Philippe Rouvière et Alexandru Nigoléan ont opéré pendant huit heures.

« J’avais une épée de Damoclès au-dessus de ma tête »

Jean-Bernard Gadolet se lève depuis quelques jours, après « deux mois d’un séjour insolite en réanimation », souligne le professeur Gaudard. sera complètement rétabli et Carmat aura révélé certains de ces secrets, la prothèse sera retirée et il deviendra prioritaire sur les listes d’attente, selon le protocole établi dans l’étude clinique. En espérant que cela montrera que« Un jour, les patients pourront conserver leur cœur artificiel pour le reste de leur vie »,

Entre les contraintes et les risques d’un essai clinique, et le résultat pour le patient, l’issue est, pour l’instant, gagnant-gagnant : « Aujourd’hui, je n’ai aucune appréhension. J’avais déjà un défibrillateur, une machine dans mon corps… on ne peut pas deviner l’avenir, mais je n’ai plus d’épée de Damoclès au-dessus de la tête, ce n’est que du profit ! »accueille le premier patient Carmat de Montpellier.

S’il vit « jour après jour », il a hâte de revoir sa famille, et ses deux petits-enfants qui lui ont envoyé des mots d’encouragement affichés au pied de son lit. Le médecin a promis : « Vous pourrez reprendre une vie normale. »

Professeur Philippe Gaudard : « Les patients les plus urgents, sans solutions alternatives »

Le professeur Gaudard est chef du service d’anesthésie en réanimation à l’hôpital Arnaud-de-Villeneuve.

Comment avez-vous sélectionné les premiers patients chirurgicaux ?

Il s’agissait des patients les plus urgents, sans solution alternative. Le choix a été fait en réunion multidisciplinaire, en fonction de la pathologie et de l’état du patient.

Combien de patients faut-il implanter un cœur artificiel au CHU de Montpellier ?

Cinq nouveaux patients en 2024. C’est l’objectif.

Comment les candidats vous contactent-ils ?

Par un réseau médical, par l’intermédiaire de leur cardiologue.

Est-ce une source de fierté de participer au programme ?

Je ne sais pas si c’est une fierté, en tout cas, c’est une aventure passionnante. Nous avons rejoint ce programme avec beaucoup d’enthousiasme et les deux premières implémentations confirment ce sentiment. Il faut beaucoup de conditions pour accéder au programme, réservé à quelques patients, mais c’est un espoir pour l’avenir qui élargit notre panel thérapeutique.

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Gérard Truchon

An experienced journalist in internal and global political affairs, she tackles political issues from all sides
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