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Gabriel Attal va confirmer sa stratégie de l’omniprésence avec les « QAG » nouvelle formule

Avec ces nouveaux « QAG », Attal (ici en février 2024) confirme sa stratégie d'omniprésence
THOMAS SAMSON / AFP Avec ces nouveaux « QAG », Attal (ici en février 2024) confirme sa stratégie d’omniprésence

THOMAS SAMSON / AFP

Avec ces nouveaux « QAG », Attal (ici en février 2024) confirme sa stratégie d’omniprésence

POLITIQUE – Seul sur scène. Gabriel Attal se présentera sans ses ministres, ce mercredi 3 avril, pour répondre aux traditionnelles « questions au gouvernement » à l’Assemblée nationale. Le locataire de Matignon expérimente une nouvelle formule jusqu’à fin mai : 45 minutes de face-à-face avec les députés.

L’exercice, relativement proche de celui de « Questions du Premier ministre » mercredi midi à la Chambre des communes britannique, a été proposée par Yaël Braun-Pivet, la présidente de l’Assemblée, à Élisabeth Borne en son temps. Si le Premier ministre n’a pas donné suite, son successeur Gabriel Attal en a accepté le principe.

 » Je n’ai jamais peur », s’est-il justifié le 28 mars à 20 heures sur TF1, et encore ce 2 avril.

Excellent porte-parole

L’exercice est en tout cas une aubaine, ou presque, pour Gabriel Attal, chef du gouvernement rompu aux joutes verbales et qui a fait de l’omniprésence médiatique sa méthode politique. C’est lors de l’entretien sur TF1 le 28 mars que le locataire de Matignon a par exemple confirmé son intention de réformer l’assurance chômage, après avoir évoqué l’an dernier la dette ou le dérapage du déficit public. De quoi reléguer au second plan Bruno Le Maire et Catherine Vautrin, les titulaires des portefeuilles Finance et Travail, alors qu’ils sont considérés comme les poids lourds de l’équipe.

Car en réalité, ce capitaine, qui « j’ai pris la cause de l’école » avec lui à Matignon, essayez d’être sur tous les ballons. Jouer le rôle du Ministre de l’Éducation Nationale pour confirmer les groupes de niveaux. Invitez-vous à Science Po pour discuter de la dernière polémique. Désormais, le mercredi, il sera amené à répondre, seul, à tous les domaines de ses ministres… De l’agriculture, aux affaires étrangères, en passant par le sport et la transition écologique.

C’est la méthode.  » Gabriel Attal est une personne très déterminée et ambitieuse. Il veut occuper le terrain, quitte à être partout et à la place de chacun. », résume la spécialiste en communication politique Émilie Zapalski auprès du HuffPost en pointant une stratégie d’omniprésence » impressionnant « , «  à un point jamais vu depuis le début du quinquennat de Macron. »

Au risque de crisper même sa propre majorité. « Pour moi, un gouvernement est une équipe. Là, on incarne vraiment la verticalité », regrette le président des députés Modem Jean-Paul Mattei, à propos de la nouvelle formule QAG. Le parti centriste, comme celui d’Édouard Philippe Horizons, a également voté contre le seul sur scène du Premier ministre.

« Trop de communication tue le fond »

Il faut dire que cette stratégie de « communication poussée à l’extrême », selon les mots d’Émilie Zapalski, comporte son lot de risques. En plus de rendre invisibles les autres membres du gouvernement, cela peut dévaloriser le crédit accordé au discours politique tout en favorisant une forme de déception chez les Français.

«  Gabriel Attal poursuit sa stratégie bâtie sur beaucoup de communication et des points qui font mouche au sein de la société française, comme l’abaya, l’uniforme, le harcèlement scolaire. », estime le spécialiste.

Problème : cette méthode, appliquée de la rue de Grenelle à Matignon, « ne traite pas des questions de fond. » Pire, il offre au public un écart entre « une information qui fait l’actualité « , comme le déficit public ou les menaces dans les établissements scolaires,  » et la communication contrôlée du Premier ministre.  » En résumé, «  trop de com tue le fond », estime Émilie Zapalski et se cache mal « impuissance législative » de l’exécutif en période de majorité relative.

Dans ce contexte, il n’est sans doute pas anodin de voir l’état de grâce de Gabriel Attal s’évaporer quelque peu au fil des mois. Force est de constater que l’insolente popularité du Premier ministre, qui lui a permis d’être nommé par Emmanuel Macron, résiste mal à Matignon. Dans notre baromètre mensuel mesuré par YouGov, Gabriel Attal a effectivement perdu quatre points d’avis favorables depuis qu’il a succédé à Élisabeth Borne. «  Sa communication est tellement poussée à l’extrême qu’elle risque de montrer… », souffle Émilie Zapalski. Si ce n’est pas déjà fait.

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Cammile Bussière

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