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Brigitte Espuche : « Le Royaume-Uni se dérobe à ses responsabilités…




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Juillet sera un mois décisif pour les demandeurs d’asile au Royaume-Uni. En juin dernier, les premiers exilés qui devaient être « déménagé » au Rwanda, qui a accepté de gérer leurs demandes d’asile sur son sol pour le compte du Royaume-Uni, ne sont finalement pas partis. La Cour européenne des droits de l’homme (CEDH) a rendu une décision défavorable, empêchant l’avion de décoller in extremis.

L’annonce du départ programmé de Boris Johnson du poste de Premier ministre ne devrait pas changer les plans. Pour lui succéder en septembre, la ministre des Affaires étrangères Liz Truss affronte l’ancien chancelier de l’Échiquier Rishi Sunak. Lors du débat qui les opposa lundi soir, tous deux se sont prononcés en faveur de la poursuite du projet controversé.

Brigitte Espuche, co-coordinatrice du réseau Migreurop depuis 2015, décrypte les progrès de l’externalisation de l’asile, dont les conséquences sont souvent graves, et qui a déjà montré ses limites en Australie. Elle pointe également l’intérêt d’un pays tiers non membre de l’Union européenne, comme le Rwanda, à accepter ce type d’accord.  » L’exiles deviennent alors un monnaie d’échange : marchandage se fait sur letu retour, dans violation de leurs droitsnote le spécialiste des questions liées au contrôle des frontières et à l’externalisation.

Mediapart : Quel est l’accord entre le Royaume-Uni et le Rwanda ?

Brigitte Espuche : Il s’agit d’un partenariat de migration et de développement économique conclu en avril 2022, dont l’objectif est de sous-traiter au Rwanda, pays non membre de l’UE, des demandes de protection jugées irrecevables par le Royaume-Uni. Bref, il s’agit d’envoyer au Rwanda des personnes arrivées sur le territoire britannique de manière dite « irrégulière », afin que le Rwanda puisse gérer leur demande de protection. Il est important de souligner que cet « accord » n’est pas un traité international. Il s’agit d’un protocole d’entente, un arrangement qui relève du droit informel.

Brigitte Espuche, co-coordinatrice du réseau Migreurop. © Migreurop.

Le Royaume-Uni se dérobe à ses responsabilités en matière d’asile. Les dirigeants cherchent aussi à faire de la communication politique sur la « maîtrise des flux migratoires » : l’une des promesses du Brexit était de réduire les passages dits « irréguliers » dans la Manche, pourtant la mobilité à cette frontière ne ralentit pas, du moins opposé. Avec cet accord avec le Rwanda, le Royaume-Uni veut externaliser l’asile, et ce n’est pas nouveau.


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