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Big Tech devance désormais Big Energy dans le lobbying de l’UE


LobbyFacts, qui présente les données des données de transparence de l’UE dans une base de données conviviale, a constaté qu’en 2015, les entreprises les plus déclarantes ont dépensé environ 90 millions d’euros entre elles en lobbying, ce chiffre est passé à près de 120 millions d’euros en 2022, un tiers saut.

  • Les dix dépenses les plus importantes en lobbying auprès de l’UE (Photo : Lobbyfacts.eu)

À titre de comparaison, les 50 plus grandes ONG déclarent dépenser 40 % de moins que les plus grandes entreprises.

Et les 50 premières entreprises semblent avoir un accès nettement plus large à la Commission européenne que les 50 premières ONG depuis décembre 2014.

Ce sont des indications supplémentaires de ce qui est déjà largement connu : le secteur des entreprises a une empreinte de lobby bien plus importante à Bruxelles que les groupes d’intérêt public. Les intérêts des entreprises continuent de dominer la scène du lobby bruxellois.

D’autres tendances sont également apparentes dans les données du lobby.

Big Tech devance Big Energy au sommet du classement du budget de lobbying européen le plus élevé déclaré par les entreprises, avec Apple, Google, Meta, Microsoft, Qualcomm et Huawei figurant tous dans le top dix.

Et alors qu’en 2015, il y avait quatre énergéticiens dans le top 10, en 2022 il n’y en a plus que deux, Shell et Exxon.

Big Energy ne fait pas moins de lobbying, mais par rapport aux sommes dépensées par Big Tech, le secteur de l’énergie semble moins actif.

Mais avec la crise énergétique actuelle, ainsi que les paquets Green Deal et REpowerEU, les combustibles fossiles dominent l’agenda de l’UE et il est très plausible que le top 10 puisse être différent l’année prochaine.

La porte tournante de la Big Tech

L’analyse des archives LobbyFacts des détenteurs de laissez-passer pour le Parlement européen (combinées avec des données d’autres sites tels que LinkedIn) révèle que plus de 70 % des lobbyistes de Google et Meta ont déjà travaillé pour des organismes gouvernementaux au niveau de l’UE et des États membres.

Du personnel de haut niveau de la commission aux députés européens, en passant par les assistants et les stagiaires, le nombre de ceux qui franchissent la porte tournante de Big Tech est scandaleusement élevé. Fait remarquable, certaines personnes détenaient un laissez-passer pour le lobby Big Tech quelques mois seulement après avoir quitté le secteur public.

Pendant ce temps, les observateurs aux yeux d’aigle de la scène des lobbys bruxellois ont peut-être remarqué qu’il n’y a plus de lobbys russes dans le registre des lobbys de l’UE.

Le secrétariat du registre a « suspendu[ed] ces représentants d’intérêts dont le siège est en Russie dans le cadre des enquêtes qui seront lancées à leur sujet » à la suite des sanctions de l’UE et d’autres mesures.

Mais de quels lobbies russes s’agit-il ?

Seul LobbyFacts peut montrer qu’il y avait 13 lobbies de l’UE basés en Russie au moment de l’invasion de l’Ukraine en février, y compris Gazprom et Lukoil, et d’autres recherches révéleront leurs réseaux de lobbying plus larges, y compris les cabinets de conseil en lobbying qui ont déjà travaillé pour eux. , et même pour d’autres régimes répressifs dans le monde.

Que vous souhaitiez savoir qui fait du lobbying sur les politiques de l’UE, découvrir les lobbies les plus actifs de votre pays ou profiler une entreprise dans l’actualité, LobbyFacts est un outil essentiel pour enquêter sur le lobbying au niveau de l’UE.

Auto-déclaré

Bien sûr, LobbyFacts n’est aussi bon que les données qu’il recueille à partir du registre des lobbyistes de l’UE. Presque toutes les données du registre officiel sont autodéclarées par les déclarants eux-mêmes et, comme le registre n’est pas juridiquement contraignant et que les sanctions sont faibles, le système ne fournit pas toujours des déclarations fiables.

Cela signifie qu’il y a des inscriptions négligentes ou carrément trompeuses et que les contrôles de vraisemblance du secrétariat du registre ne sont pas encore suffisants pour les traiter.

L’analyse de LobbyFacts montre qu’aucun des 27 déclarants en tête du classement des dépenses de lobbying de l’UE n’a vraisemblablement dépensé 10 millions d’euros ou plus au cours de l’année écoulée. En effet, il est peu probable que le plus grand lobbyiste de Bruxelles soit celui que le registre de l’UE prétend être – notre analyse montre que 36 des 51 entrées ne le sont pas.

Et les nouvelles règles applicables au registre de l’UE ont créé de la confusion et une échappatoire majeure potentielle pour ceux qui souhaitent garder leurs dépenses de lobbying cachées. LobbyFacts révèle qu’au moins 380 associations professionnelles, entreprises, cabinets de lobbying, consultants et cabinets d’avocats se déclarent « non commerciaux » et ne sont donc pas tenus de fournir un budget de lobbying.

Il est ridicule que le registre de l’UE ait des exigences de déclaration différentes pour différents types d’organisations, ce qui nuit à la capacité de comparer et de contraster les données. Les fondateurs de LobbyFacts, Corporate Europe Observatory et LobbyControl, ont déposé une plainte officielle à ce sujet.

Le registre de transparence du lobby de l’UE est encore loin de fournir des informations entièrement fiables sur le lobbying des institutions de l’UE, mais LobbyFacts vous aidera à naviguer dans ce labyrinthe, à éviter les données douteuses et à braquer les projecteurs sur les couloirs du pouvoir.


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