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Bernard Magrez, le vigneron 3.0


En ce mois d’août, à quelques jours des vendanges, les rangs de vignes du Château Pape Clément, Grand Cru Classé des Graves à Bordeaux, sont survolés par une petite escadrille de drones rugissants. Bourrées de capteurs, les machines volantes sont utilisées par les vignerons 3.0 pour avoir une idée très précise du niveau de maturation des raisins, grain par grain, ce qui permettra de commencer les vendanges (qui restent manuelles et totalement artisanales) à l’idéal. moment pour produire un grand millésime. « Cela fait bientôt dix ans que nous surveillons nos vignes avec une précision centimétrique, explique Julien Del-court, docteur en œnologie et directeur R&D du groupe Bernard Magrez. Tout au long de l’année, les drones nous fournissent de précieuses données d’aide à la décision, qu’il s’agisse de la vigueur des plantes ou de la détection d’attaques de mildiou. »

600 000 euros par an

Bienvenue dans le monde de la viticulture de précision. Cela évite les traitements chimiques. Et pour rester une référence mondiale en matière de vins de luxe, cet ensemble de 40 vignobles – dont quatre grands crus bordelais – mise résolument sur l’innovation. Une décision stratégique du fondateur, l’incontournable Bernard Magrez, 86 ans, qui, bon an mal an, injecte chaque année plus de 600 000 euros dans des techniques et équipements de pointe : barriques connectées, tracteurs électriques, traitement des plantes. par les ondes sonores… Classé 5ème des fortunes du secteur vitivinicole en France par Challenges, avec une entreprise valorisée pour la première fois au-dessus du milliard d’euros en 2022, Bernard Magrez vend plus de 4 millions de bouteilles par an.

Deux autres équipements spectaculaires sont visibles dans ses parcelles : le robot Naio et la Pirogue. Le premier est un quadricycle autonome de 800 kg et d’une autonomie de huit heures. Inlassablement, il tond, désherbe et, bourré d’électronique, compte les ceps, les grappes et les feuilles, en douceur à une vitesse de 4 km/h. Cette petite merveille de technologie coûte plus de 150 000 euros. Il a été conçu par une entreprise toulousaine mais a été co-développé ici, avec le groupe Bernard Magrez. Le deuxième outil, moins futuriste en apparence, fait l’objet d’une fierté encore plus grande puisqu’il a permis le dépôt de plusieurs brevets. Entièrement conçue en interne, la Pirogue est un engin enjambeur tiré par un cheval, sur lequel peuvent être ajoutés toutes sortes d’outils, semoirs, lames, socs ou brosses, selon les actions menées dans la vigne au cours des différentes saisons. Il est équipé d’un siège pour l’opérateur, n’émet aucun gaz à effet de serre et ne provoque aucun compactage du sol.

Campus de haute technologie

Doté d’un talent unique pour mettre en valeur ses inventions, Bernard Magrez a pompeusement baptisé l’écurie où il logeait ses quatre chevaux percherons et ses deux bœufs de trait, ainsi que leurs attelages et palefrenier, en centre d’excellence pour la traction animale. Les jaloux rient, les connaisseurs applaudissent : « Bernard Magrez ne se repose jamais sur ses lauriers, il est convaincu de la qualité de ses produits mais à ses yeux, il en faut toujours plus pour que les clients préfèrent acheter ses bouteilles », observe le grand oenologue bordelais. Michel Rolland, l’un des rares à savoir contredire le patron visionnaire.

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Cammile Bussière

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