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Battre en retraite. Les députés LR et Renaissance menacent de ne pas voter la réforme

« Ôon voit ce que ça donne de négocier avec des planches pourries », se moque d’un élu macroniste. La cause de sa colère ? Sur les 62 députés LR, seuls quinze voteraient la réforme des retraites en l’état. Seize voteraient contre, sept s’abstiendraient, quatre se seraient dits encore indécis et vingt auraient refusé de répondre, selon un décompte effectué par France Inter. Or, la majorité relative macroniste a besoin de 38 voix de l’opposition pour adopter son texte. Si le vote avait lieu demain, le compte n’y serait pas… « C’est incompréhensible. LR soutient depuis des années un report de l’âge de la retraite. C’était dans le programme de Valérie Pécresse ! » déplore le député Renaissance Benjamin Haddad. Sauf que discuter avec Éric Ciotti, président du parti de droite, ne revient pas à être d’accord avec tous les députés LR, qui ont chacun leur liberté de vote. « Si trois conditions ne sont pas réunies, la réforme sera à mes yeux plus qu’imparfaite, elle sera injuste pour les travailleurs. Et je ne voterai pas pour une réforme injuste qui porterait atteinte au respect de l’effort et du travail », a ainsi fait savoir Aurélien Pradié à la Point.

Outre la retraite minimale de 1.200 euros bruts pour une carrière complète y compris pour les personnes déjà retraitées, déjà actée par l’exécutif, la députée LR invite à mieux prendre en compte les carrières des femmes. Enfin, il appelle à privilégier la durée de cotisation plutôt que l’âge de la retraite : « Ceux qui ont commencé avant l’âge de 21 ans seront, dans l’état de ce texte, les dindons de la farce. » Le président du groupe LR, Olivier Marleix, a pour sa part adressé un message assurant le soutien que la droite apportera au gouvernement : « Je ne doute pas que nous saurons adopter des positions complètement convergentes. » Cela ne rassure pas les macronistes. « Nous sommes en train de perdre la bataille de l’opinion. Si les Français deviennent de plus en plus hostiles à la réforme, si la mobilisation se poursuit, elle prendra de l’eau de toutes parts, chez LR et chez nous », craint une Renaissance élue.

Le ministre de l’Economie, Bruno Le Maire, a donc donné de la voix. « Nous devons nous unir. » Même son de cloche avec Philippe Vigier, vice-président du groupe Modem : « Ce n’est pas le moment d’avoir des humeurs. » Et pourtant oui. Lundi, le député lié Horizons Jean-Charles Larsonneur a fait part de ses interrogations. « Je ne suis pas enthousiaste à propos de cette réforme. Je réserve mon vote, qui n’est pas acquis », il prévient. Les raisons ? L’élu dénonce « brutalité » texte, une forme de « paresse intellectuelle »et une « manque d’ambition pour aider à réduire les inégalités ». « Avec cette réforme, toutes les carrières seront longues » il signale, appelant « supprimer l’âge légal de la retraite, pour ne conserver que la durée de cotisation portée à 43 ans avec un mécanisme de décote ».

« D’autres options de financement devraient être recherchées »

Le député de la Renaissance Patrick Vignal est également intervenu. « Si ça ne change pas, je ne voterai pas cette loi, en revanche je quitterai le groupe. » « Je veux dire aux 80 milliards d’euros de dividendes (du CAC 40 – ndlr) participer à une France qui se redresse », il explique. « Le texte en l’état ne me semble pas assez équilibré pour être votable en l’état », a également lancé Barbara Pompili début janvier. L’ancien ministre de la Transition écologique d’Emmanuel Macron appelle à « un vrai travail pour rendre cette réforme socialement juste ». Egalement membre du parti En commun, majoritaire, la députée Cécile Rilhac propose que « d’autres options de financement sont demandées, sur les dividendes par exemple, même si le dialogue est délicat avec Bercy ». Son parti invite à prendre en compte les stages, les jobs d’été et le travail à temps partiel dans le calcul des droits, en plus de mieux considérer la pénibilité et l’emploi des seniors. « La plus grande difficulté vient de notre véhicule législatif. Avec un PLFSSR, nos amendements risquent d’être rejetés car ils sont considérés comme des cavaliers. Nous attendons donc des engagements très forts de la part du gouvernement », elle pointe. « Une quinzaine d’élus du camp présidentiel pourraient se tourner vers l’abstention et même voter contre s’ils ne sont pas entendus », met enfin en garde Benoît Bordat. Et ce n’est pas du côté du groupe Liot, comme l’espérait la Macronie, que l’aide viendra. Bertrand Pancher a manifesté pour la première fois le 19 janvier. « Cette réforme injuste fait surtout perdre des gens. Pour faire bouger ce gouvernement, il faut envoyer un grand signal, par la mobilisation et les grèves », il dit.

Sur le refus de compter la vie en rentes

Dans les rues du pays la semaine dernière, des millions de manifestants ont brandi des pancartes et scandé leurs slogans. Parmi eux, de nombreux jeunes qui ont répondu à l’appel des organisations étudiantes et lycéennes. Des mineurs manifestent pour leur retraite à un moment où l’urgence dicte tout. Anticipation? Solidarité intergénérationnelle ? Le débat est ailleurs. Quelque part entre l’urgence et le long terme.

La supposée nécessité économique de cette réforme est en réalité un choix politique, et les jeunes l’ont bien compris. Il suffirait, selon Oxfam, de taxer de 2 % le patrimoine de 42 milliardaires français pour financer le déficit des retraites. A entendre l’exécutif, les 12 milliards qui manquent aujourd’hui sont insoutenables. Quid alors des 3 milliards de cadeaux offerts par la suppression de l’ISF ou des 80 milliards issus de l’évasion fiscale ?

La question est alors : quel travail décidons-nous collectivement de récompenser ? Le travail indispensable à la société n’est pas toujours rémunéré. La dichotomie actif-inactif ne reflète aucune réalité alors qu’un retraité sur trois est bénévole, alors que 50% des dirigeants associatifs sont à la retraite. Une génération de jeunes militants pour le climat combattant les baby-boomers au pouvoir est un fantasme. Les retraités sont une ressource vitale pour les associations. Défendre nos retraites, c’est défendre l’idée qu’il existe une vie collective après le travail.

C’est aussi se battre pour une vie digne, face à la pénibilité des emplois les plus essentiels à nos sociétés, comme ceux d’agriculteurs ou de personnels de santé. Lutter pour le droit au repos de ceux qui ne dorment pas, pour que nous dormions mieux.

Ce débat sur les retraites cache un débat civilisationnel : travailler moins pour travailler pour tout le monde. Travailler moins, aussi, pour ne pas compromettre la capacité des générations futures à travailler du tout, sur une planète habitable. Une question que ne se pose même pas l’exécutif, dont la politique n’est guidée que par des tableaux Excel. Une politique de réaction pour un pouvoir coincé dans sa logique de réélection. Le peu de temps dicte tout, l’urgence est un phare, le « compromis » la règle.

Alors que la vie s’effondre, que le sol cède sous nos pieds, nous devons rester assis, derrière nos écrans, à produire pour la méga-machine. Lutter contre cette réforme des retraites, c’est protéger les acquis de nos aînés et les transmettre à nos enfants. C’est prendre le temps de ne plus en perdre, de ne pas passer sa vie à en gagner.


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Cammile Bussière

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