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Banff victime de sa popularité


Avez-vous eu l’impression cet été, en regardant sur les réseaux sociaux, que beaucoup de gens autour de vous étaient allés à Banff ? Tu n’as pas tort! En juillet seulement, 600 000 visiteurs sont venus dans le parc le plus populaire des Rocheuses, un record depuis la création du parc en 1885.

L’endroit est si populaire qu’il représente désormais à lui seul le quart de toutes les visites dans les parcs nationaux d’un océan à l’autre.

Mais cette popularité a un coût et, ironiquement, ce sont les écosystèmes très appréciés qui en paient le prix.

Les conducteurs attendent d’entrer dans le parc national Banff.Photo : Radio-Canada / Emilio Avalos

Pour illustrer l’effet du tourisme sur la faune, l’experte en conservation et résidente de Banff Marie-Ève ​​Marchand nous invite à visiter le lac Johnson. Située à 10 minutes en voiture du village de Banff, la plage locale regorge de visiteurs, même un mardi de la dernière semaine d’août.

Il y a quelques années, vous ne voyiez jamais les gens sur la pointe là-basdit-elle en désignant un rocher à quelques mètres de la plage.

Cette présence humaine toujours croissante dans l’environnement du parc n’a jamais été aussi évidente, dit-elle.

Portrait de Marie-Ève ​​Marchand.

Spécialiste de la conservation et résidente de Banff, Marie-Ève ​​Marchand voit les effets du tourisme sur les écosystèmes. Photo : Radio-Canada / Emilio Avalos

Les journées sont de plus en plus longues, il y a du monde tôt le matin et tard le soir. […] Il y a plus de piétons, donc plus de sentiers sont créés. Il y a un sentier désigné, mais tout d’un coup, il y a deux, trois, quatre sentiers. […] Il y a des fleurs sauvages qui ne repoussent plus icidit-elle en désignant le sol.

Champs endommagés.

La végétation autour du lac Johnson dans le parc national Banff est touchée par le tourisme de masse. Photo : Radio-Canada / Emilio Avalos

Chez les animaux aussi, cette forte présence touristique se fait sentir. Marie-Ève ​​Marchand cite en exemple le stationnement du lac Johnson.

 » J’étais ici au printemps et une maman ours était ici avec ses trois oursons. Ils essayaient de sortir de la zone, mais entre le bus, le rond-point, les voitures, ils se sont fait prendre. Un bébé recroquevillé sur le côté, la mère a commencé à paniquer. On pouvait voir l’impact, le stress de cette famille d’ours. »

Une citation de Marie-Ève ​​Marchand
Une maman ours avec ses petits.

Une mère ourse traverse la route avec ses oursons près du lac Louise. Photo : La Presse canadienne/Jonathan Hayward

Le difficile équilibre entre accès et conservation

Parcs Canada est bien conscient de l’impact du tourisme sur les écosystèmes dont l’agence fédérale est responsable.

Une nouvelle stratégie de stationnement et de déplacement est prévue d’ici 2024 à Banff. Tout cela fait partie du nouveau plan du parc pour la prochaine décennie. (Nouvelle fenetre)déposée en août dernier.

Augmenter le nombre de voies et augmenter les places de stationnement n’est pas la voie privilégiéereconnaît d’emblée François Masse, directeur du secteur Lake Louise, l’un des plus prisés de Banff Park et carte postale par excellence des Rocheuses.

François Masse doit nous conduire lui-même autour du lac avec son véhicule de Parcs Canada. Le parking est complet depuis l’aube et les touristes sont fortement encouragés à utiliser le service de navette pour s’y rendre.

Un sentier à travers la forêt.

Parcs Canada devra peut-être fermer certains sentiers à Banff pour donner une pause à la nature. Photo : Radio-Canada / Emilio Avalos

Avec une fréquentation revenue aux niveaux d’avant la pandémie, le directeur explique que l’expérience des visiteurs sera forcément différente dans les années à venir.

Non seulement la superficie de certaines places de stationnement pourrait être réduite, mais des chemins pourraient également être complètement fermés pour donner un répit à la faune et à la flore.

 » D’un site à l’autre, nous avons différents types de visiteurs, nous avons différents types de pression ; donc ce qu’on va faire, par site, on va avoir des plans de gestion de trafic qui vont être différents. »

Une citation de François Massé
Portrait de François Masse devant le lac Louise.

François Masse est le directeur du secteur du lac Louise, l’un des plus fréquentés du parc national Banff.Photo : Radio-Canada / Emilio Avalos

Parcs Canada doit accomplir une double mission : préserver un environnement spectaculaire inscrit au patrimoine mondial de l’UNESCO, tout en garantissant l’accès des Canadiens à ces paysages publics.

Donner accès au parc aux gens, c’est aussi préserver le parc en fiducie pour toutes les générations futures.souligne François Masse.

Une voiture passe devant un immeuble.

Le centre-ville de Banff est partiellement fermé aux voitures en été depuis 2020. Photo : Radio-Canada / Emilio Avalos

Un parc et une ville

Banff est un immense parc, mais c’est aussi le nom d’une municipalité de près de 9 000 habitants.

Transports en commun, rue piétonne principale en été ou stationnement incitatif, la Ville met tout en œuvre pour limiter l’empreinte des voitures.

Nous aimons dire que nous avons de la place pour tout le monde, mais pas le véhicule personnel de tout le mondedit la mairesse Corrie DiManno, dont le tatouage d’une bicyclette sur le bras gauche ne laisse aucun doute sur sa vision de l’avenir des transports dans sa ville.

Qu’il s’agisse de Parcs Canada ou de la Ville, tout le monde à Banff doit s’attaquer à la réduction de l’empreinte environnementale du tourisme, a déclaré Corrie DiManno.

 » Le volume de visiteurs que nous voyons, post-COVID, va nous ramener à 2019 où nous parlions de surtourisme. »

Une citation de Corrie Di Manno

Si la mairesse salue les orientations et les objectifs environnementaux du nouveau plan stratégique de Parcs Canada, elle aurait souhaité que l’organisme fédéral accède à sa demande d’implantation d’un deuxième parc-o-bus afin de désengorger davantage la ville.

Corrie DiManno sur le trottoir.

La mairesse de Banff, Corrie DiManno, souhaite réduire autant que possible l’impact de la circulation dans sa ville. Photo : Radio-Canada / Emilio Avalos

Nous sommes satisfaits des limites géographiques de notre ville, mais cela étant dit, ce deuxième parc-o-bus pourrait être une initiative de Parcs Canada réalisée sur son territoire et sur un site déjà modifié.soutient le maire.

Là-dessus, la Municipalité et Parcs Canada ne sont pas d’accord.

Le nombre de mètres carrés est précieux, ce que nous ne voulons pas, c’est augmenter l’empreinte bâtie en dehors de la villerépond François Masse.

Les visiteurs arrêtent leur véhicule sur une route du parc.

Zion Park dans l’Utah attire tellement de touristes que les autorités ont dû en limiter l’accès.Photo : Getty Images/Daniel Slim

S’inspirer d’ailleurs

Alors que la popularité de Banff est unique au Canada, le parc est dans une position similaire à d’autres attractions touristiques majeures, également des sites du patrimoine mondial de l’UNESCO.

Parcs nationaux en un coup d’œil

  • Le Canada compte 37 parcs nationaux

  • 16 millions de visiteurs ont fréquenté les parcs en 2019-2020

  • Les sept parcs nationaux des Rocheuses (Banff, Jasper, Yoho, Kootenay, Waterton Lakes, Mount Revelstoke et Glaciers) attirent à eux seuls 9 millions de visiteurs

Marie-Ève ​​Marchand cite le parc national de Zion aux États-Unis et l’Alhambra à Grenade en Espagne comme exemples. Deux destinations qui attirent des millions de touristes, mais qui limitent encore l’usage de la voiture et fixent des quotas de visiteurs.

Nous pouvons le faire, mais nous devrons améliorer nos systèmes de réservation, nos systèmes de gestion et de communication. L’avenir est là, on le voit dans plusieurs autres sites. […] Vous devez vous limiter.

Parcs Canada n’exclut pas de devoir imposer des limites, même si l’accès à certains des sites les plus fréquentés est déjà contrôlé.

La limite [de visiteurs, NDLR], nous allons le voir site par site. Ici à Lake Louise, c’est un site extrêmement achalandé, c’est un site qui a des défis complètement différents, et une frontière qui va être différente, qu’un site de l’arrière-pays qui est beaucoup plus fragileillustre François Masse.

Pour garder la carte postale des Rocheuses, la toile de fond devra changer.

Lac Louise au pied des montagnes.

Lake Louise dans le parc Banff attire des milliers de touristes chaque jour.Photo : Radio-Canada / Emilio Avalos

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Jewel Beaujolie

I am a fashion designer in the past and I currently write in the fields of fashion, cosmetics, body care and women in general. I am interested in family matters and everything related to maternal, child and family health.
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