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Avec ou sans Nupes ? L’avenir du PS en débat à la cité d’été de Blois


Nous n’avions pas entendu cette chanson dans un événement du Parti socialiste depuis longtemps. Avant l’allocution du premier secrétaire Olivier Faure, samedi 27 août, à la cité d’été du PS, les militants des Jeunes socialistes débarquent sur le parvis de la Halle aux grains, à Blois (Loir-et-Cher). Drapeaux et mégaphone à la main, ils chantent en chœur L’international, hymne historique des communistes et de la gauche prolétarienne. Étonnante? Ils rétorquent : « C’est normal maintenant, nous sommes les Nupes ! »

C’était bien l’ambition de ces écoles d’été du PS : « Vers un nouveau parti socialiste », proclame la banderole à l’entrée. Ce qu’il ne dit pas, c’est que c’est avec le Nupes, l’alliance des socialistes, des communistes, des écologistes et des « insoumis », née lors des législatives, que la direction du parti veut écrire une nouvelle page de son histoire. « Nous avons été des frères et sœurs ennemis, nous nous sommes même battus violemment parfois, mais ensemble, nous avons réussi à trouver la voix du compromis »accueille Olivier Faure, accueille l’écologiste Yannick Jadot et les élus LFI Clémentine Autain et Alexis Corbière pour une table ronde sur l’avenir de Nupes.

Un exploit qui semble convaincre les militants socialistes présents à Blois qui scandaient « Olivier ! Olivier ! Olivier ! » lorsque le premier secrétaire du PS est entré en scène. Olivier Faure entend surfer dans les mois à venir sur cette image de vainqueur qui aurait redressé la rose socialiste. Après la séquence électorale calamiteuse de la présidentielle et après avoir tant bien que mal sauvé le mobilier des législatives, le Parti socialiste doit, en début d’année prochaine, peut-être, choisir un nouveau premier secrétaire et surtout décider de sa ligne politique pour les années à venir. .

Encore faut-il que tout le monde se parle : ce qui n’est pas gagné. En témoigne la visite, presque en catimini, de la maire de Paris, Anne Hidalgo, à la cagnotte de la fédération socialiste de la capitale. L’édile a pris soin de ne pas apparaître aux côtés du premier secrétaire et les cadres du Nupes se sont rassemblés à une centaine de mètres. « Vous vous rendez compte, elle n’était même pas officiellement invitée par le parti, déplore un des proches de la maire de Paris, elle était quand même notre candidate à la présidentielle ! C’est honteux ! »

Alors les couteaux s’aiguisent en vue du congrès. La fermeté, la violence, diront certains, de la direction du parti lors de la conclusion de l’accord de la nouvelle alliance de gauche, a laissé des traces. Certains éléphants, chantres de la social-démocratie, voire du social-libéralisme, sont de fervents opposants à l’accord Nupes et à toute forme d’alliance avec La France insoumise. « Nous sommes orthogonaux sur tous les postes LFI »résume les coulisses de l’un d’entre eux.

Une opposition de bloc, qui a poussé Hélène Geoffroy, rivale quasi historique d’Olivier Faure, et maire de Vaulx-en-Velin, à réunir des journalistes pour annoncer qu’elle serait candidate, une nouvelle fois, au poste de première secrétaire. « Il y a une place pour nous entre La France Insoumise et le centre droitelle veut croire. On parle souvent des militants qui seraient rentrés au parti depuis les Nupes, on ne parle jamais de tous ceux qui sont partis !

A ses côtés, des noms qui rappellent le quinquennat de François Hollande et le PS des années 2000 : François Khalfon, Patrick Menucci ou encore Philippe Doucet. Mais le plus emblématique reste Jean-Christophe Cambadélis. L’ancien premier secrétaire du PS a même brandi une menace : en cas d’alliance avec les « insoumis » pour les élections européennes de 2024, il lancera sa propre liste de « gauche républicaine et européenne ».

Car c’est aussi la question, est-ce que les Nupes ont vocation à perdurer aux européennes, et après ? Devant les micros, « C’est trop tôt pour se décider »nous expliquons. « Je n’y crois pas trop, mais on va tout faire pour y arriver »souffle l’un de ceux qui se disent favorables. Car même si nous échouons, nous aurons perpétué le mécanisme de l’union. Et c’est la seule chose qui compte : si on veut gagner en 2027, il faudra le faire avec toute la gauche, et un seul candidat. »

Entre ces deux lignes, Olivier Faure semble avoir fait son choix : « Ce sont les électeurs qui ont décidé, les dissidents anti-Nupes ont presque tous été durement battus. » Cependant, le discours a changé vis-à-vis des voix critiques contre l’alliance à gauche. Témoin cette image, pas vue depuis longtemps : Carole Delga, présidente de la région Occitanie, aux côtés d’Olivier Faure sur la scène du campus d’été.

Signe d’une réconciliation ? « Les ‘rebelles’ se sont construits contre nous pendant des années, ça laisse des tracesexplique Olivier Faure, la page doit être tournée pour ceux qui doutaient. » Carole Delga abonde : « La séquence est passée, nous avons tous les deux le même objectif : un PS fort. » La câlinothérapie entreprise par la première secrétaire semble avoir porté ses fruits sur une partie des sceptiques lors de ces universités d’été socialistes. De quoi lui assurer une réélection dans un fauteuil ? Réponse au Congrès.




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Ray Richard

Head of technical department in some websites, I have been in the field of electronic journalism for 12 years and I am interested in travel, trips and discovering the world of technology.
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