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Assez de pinkwash, seuls les droits peuvent éliminer la violence patriarcale


Vendredi (25 novembre) est la Journée internationale des Nations Unies pour l’élimination de la violence à l’égard des femmes, et nous entendrons des dirigeants et des entreprises mondiales embrasser les vertus de l’égalité par le biais de campagnes flashy et de messages soigneusement formulés appelant à la « sécurité », à la « protection ». et « liberté ».

Ces slogans continuent de résonner chaque 25 novembre et n’arrêtent évidemment pas le nombre effarant de femmes victimes de violences en Europe.

  • Des femmes en Pologne manifestent pour le droit à l’avortement et contre le gouvernement conservateur-nationaliste PiS (Photo: Eric Maurice)

Une femme sur trois dans l’UE a subi des violences physiques et/ou sexuelles et les cas de « féminicides » continuent d’augmenter, avec 788 femmes assassinées en 2020 par un membre de la famille ou un partenaire intime dans 17 États membres de l’UE.

Mais ce ne sont pas les seuls types de violence dont souffrent les femmes dans l’UE.

Justyna Wydrzyńska est jugée pour « complicité d’avortement ».

Sa liberté et son sort sont entre les mains de juges polonais sexistes. La peine de trois ans à laquelle elle encourt en janvier 2023 est une forme de violence sanctionnée par l’État : l’intimidation d’une militante qui, pendant 15 ans, a soutenu les femmes dans la poursuite de leurs droits sexuels et reproductifs.

Son délit ? Aider Ania, victime de violences conjugales, qui a été empêchée de se faire avorter par son mari. Ania s’est tournée vers Justyna pour acheter des médicaments pour provoquer un avortement à domicile.

Il y a des manifestants en Pologne qui risquent jusqu’à huit ans de prison pour avoir manifesté pour le droit d’une femme de choisir. Et les femmes de Malte qui, craignant des poursuites pour leurs avortements à domicile, ne demandent pas d’assistance médicale en cas de complications.

On n’entend pas parler de la violence quotidienne des lois qui restreignent l’accès à l’avortement. Qu’il s’agisse de décès physiques, de blessures et de maladies, ou du traumatisme émotionnel de se voir refuser ou retarder un avortement et de la violence économique qui réserve l’avortement à ceux qui peuvent se le permettre.

Grâce au travail des mouvements féministes et des femmes du monde entier, des développements juridiques pour protéger le droit à l’avortement sont en cours.

Après qu’une Américaine a failli mourir lorsqu’on lui a refusé un avortement à Malte, le gouvernement a annoncé la semaine dernière qu’il assouplirait son interdiction de l’avortement, permettant aux médecins d’interrompre une grossesse si la vie ou la santé d’une mère est en danger. En France, les législateurs ont récemment pris les premières mesures pour inscrire le droit à l’avortement dans la constitution. Mais cela ne va pas assez loin.

L’UE est fière d’élever les normes et d’améliorer l’égalité entre les citoyens. Pourtant, la différence de traitement entre les femmes cherchant à avorter en France ou en Belgique et en Hongrie ou en Italie est flagrante. L’anatomie d’une femme est la même en Allemagne qu’à Malte. Le serment d’Hippocrate est également le même.

Et pourtant, certaines femmes doivent payer, d’autres non. Certaines femmes sont obligées de subir une échographie et d’obtenir l’autorisation de leur partenaire. Certaines femmes font face à de nombreuses évaluations psychologiques et doivent obtenir le consentement de plusieurs médecins. Certaines femmes peuvent accéder à l’avortement dans certaines circonstances, d’autres en aucun cas.

S’il s’agissait d’un autre acte médical salvateur ou nécessaire à une vie saine, vous diriez que le nier est cruel, voire violent. C’était la position du Haut-Commissariat des Nations Unies aux droits de l’homme lorsqu’il a déclaré : « refuser l’accès aux services de santé, […] y compris l’avortement, […] peuvent constituer des violences fondées sur le genre, des actes de torture et/ou des traitements cruels, inhumains et dégradants. »

Chaque jour, des milliers de femmes sont soumises à la violence patriarcale : que ce soit à la maison, dans leur vie publique, ou à travers la violence structurelle d’un État qui leur dénie les droits les plus élémentaires.

Nous demandons à l’Union européenne d’arrêter de se cacher derrière des slogans badigeonnés de rose et de donner enfin le ton en fournissant tous les outils juridiques nécessaires pour garantir aux femmes leurs droits.


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Ray Richard

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