A$AP Rocky incarne la Maga America de Donald Trump : aussi glaciale qu’enivrante

Couverture signée Tim Burton. Musique de Danny Elfman. Winona Ryder dans le clip du premier single, “Punk Rocky”. Échantillons empruntés à Portishead, Hans Zimmer et Tame Impala. Et, côté featuring, des participations de Gorillaz (sur le trempé « Whiskey »), Thundercat, will.i.am et Jessica Pratt. Pour son quatrième album, le premier depuis Essai en 2018, A$AP Rocky sort l’artillerie lourde… et sort le chéquier. Mais il surprend aussi là où on l’attend le moins. La seconde moitié du disque, composée de dix-sept titres, s’aventure régulièrement dans un rap audacieux, expérimental, volatile et parfois totalement explosif.
Le rappeur de Harlem, que l’on a vu tout sourire le 28 juin à Bruxelles, aux côtés de son amoureuse Rihanna pour l’avant-première du film Les Schtroumpfsrassure rapidement ses fans avec une poignée de bangers percutants. Si ce n’est pas punk, le single “Punk Rocky” est imparable, tout comme “Helicopter” ou “Stole Your Flow”, vrai fou noyé dans un rythme hip-hop industriel lourdt sensuel, sans oublier le très émouvant “Reste ici 4 vie“.
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Introspection alternée (paternité, sa relation avec Rihanna sur “Don’t Be Dumb”, ses déboires judiciaires) et un regard aiguisé sur le monde MAGA, A$AP Rocky se pose en témoin de la paranoïa ambiante qui fait trembler les Etats-Unis sur leurs fondements démocratiques. “Pas d’intrusion”, “Ordre de protection”, même “Robbery” et ses faux airs de ballade jazz, naviguent entre provocation, ironie et punchlines cinglantes pour dresser le portrait d’une Amérique obsédée par la peur du voisin, la recherche permanente d’un ennemi et l’avidité matérielle. Brillant.
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