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A Vienne, invectives et nationalisme aux commémorations du 9 mai


LETTRE DE VIENNE

« Vous voyez comment ils hurlent, ces porcs ukrainiens, ils ont subi un lavage de cerveau par l’Occident sataniste qui essaie de diviser la Russie depuis deux cents ans. » C’est le type de discours qu’on a pu entendre en plein cœur de Vienne, lundi 9 mai, à l’occasion des commémorations de la libération de l’Europe par l’Armée rouge en 1945. Victor, un chimiste de 63 ans qui vit en Autriche depuis trente ans, dit cependant qu’il est venu avec son fils simplement pour participer à la version locale du « régiment immortel », cette procession russe consistant à défiler en brandissant le portrait d’un ancêtre mort pendant la Seconde Guerre mondiale.

Rassemblés devant la cathédrale Saint-Etienne, ils étaient plusieurs centaines de Russes brandissant des drapeaux nationalistes russes ou soviétiques, pour soutenir sans hésitation « l’opération militaire » en Ukraine, même si le sujet a été évité à la tribune. Devant eux, plusieurs dizaines d’Ukrainiens ont tenté de perturber la commémoration, tandis que la majorité des passants n’ont pu s’empêcher de regarder ce cortège avec stupéfaction, voire avec une désapprobation pure et simple. « Enfoiré de Poutine »criaient certains, « Putains ukrainiennes », répondirent les autres, sous la protection d’une police autrichienne qui se montra très docile avec le service de sécurité russe. Dans un tract distribué aux passants, les Russes prévenaient qu’il était interdit « siffler » ou même de  » sauter « car « c’est une pratique des groupes néo-nazis en Ukraine ».

A Vienne, invectives et nationalisme aux commémorations du 9 mai

Comme toutes les capitales d’Europe centrale libérées par l’Armée rouge en 1945, Vienne a certainement dû composer lundi avec les traditionnelles commémorations russes du 9 mai en pleine guerre d’Ukraine. Mais la position autrichienne était particulièrement difficile à tenir pour un pays qui ne peut donner l’impression de critiquer les libérateurs du nazisme, qui se veut toujours « militairement neutre » et qui entretient depuis longtemps des liens étroits avec Moscou. Pour empêcher des rassemblements nationalistes russes, des militants pro-ukrainiens avaient sagement déclaré vouloir occuper dimanche 8 et lundi 9 le gigantesque mémorial de l’Armée rouge aux abords du centre-ville.

Bien que désinvité des différentes commémorations officielles de la Seconde Guerre mondiale, l’ambassadeur de Russie, accompagné de représentants d’une poignée de pays autrefois satellites de l’URSS (Biélorussie, Turkménistan, Tadjikistan, Arménie, etc.), a néanmoins réussi à déposer une gerbe sous forte protection policière. Plusieurs dizaines de militants pro-ukrainiens ont été tenus à distance. « Nous avions réservé l’emplacement ; mais la police autrichienne nous a dit que nous ne pouvions pas l’utiliser le 9 mai au matin. Ils l’ont fait sous la pression de la Russie.dénonce Andry Karioti, un étudiant sportif ukrainien établi depuis plusieurs années à Vienne et leader du mouvement.

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