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à Rafah, désespoir après un raid israélien meurtrier – Libération

Israël a libéré lundi 12 février tôt deux otages détenus à Rafah, dernière cible de son offensive dans la bande de Gaza, lors d’une opération commando accompagnée de frappes meurtrières sur la ville où sont réfugiés plus d’un million de civils palestiniens.

Fournir des informations depuis Gaza est extrêmement compliqué. Aucun journaliste ne peut entrer, à l’exception de brèves incursions au sein d’unités de l’armée israélienne. Seuls ceux qui étaient sur place avant le 7 octobre continuent de fournir des informations sur la situation. Parmi eux, Adel Zaanoun et Mai Yaghi de l’Agence France-Presse, dont nous publions aujourd’hui le rapport.

Majed n’avait que 40 jours lorsqu’il a été tué dans la nuit du dimanche 11 au lundi 12 février à Rafah, au sud de la bande de Gaza, lors de l’opération israélienne accompagnée d’attentats meurtriers au cours de laquelle deux otages du Hamas ont été libérés. « Nous avons entendu un bombardement, sans avertissement. » » raconte Said al-Hams, 26 ans, l’oncle de Majed, qui vit dans le camp de réfugiés de Rafah. Le bébé, « né il y a exactement quarante jours » et qui a « un jumeau »a été tué et leur mère blessée, a-t-il déclaré.

Israël a libéré tôt lundi deux otages détenus à Rafah, dernière cible de son offensive dans la bande de Gaza. Une centaine de personnes, selon le ministère de la Santé du Hamas, ont été tuées dans des frappes sur la ville, où environ 1,4 million de Palestiniens s’entassent, selon l’ONU, coincés entre l’avancée israélienne et la frontière. fermé avec l’Egypte. Des survivants ont raconté à l’AFP une nuit d’angoisse.

Quand les bombardements ont commencé, « C’est comme si l’enfer s’était abattu sur nous. (…) On dormait dans nos maisons, on ne savait rien »se souvient Abou Souhhaïb, qui se trouvait à quelques dizaines de mètres du bâtiment d’où les forces israéliennes ont extrait les deux otages, kidnappés en Israël le 7 octobre. Il a déclaré avoir entendu des tirs d’avions de combat, des coups de feu et un atterrissage d’hélicoptère, puis « une très grande bataille ».

« Ils ont tué beaucoup de gens »

Ce lundi matin, un immense tas de décombres – restes de plusieurs bâtiments rasés par les frappes israéliennes – gisaient à côté des restes de la maison de quatre étages où se trouvaient les otages, et qui appartenait à des Palestiniens ayant fui il y a deux ans. mois, selon des témoins. Les bombardements ont également laissé cinq grands cratères d’au moins 10 mètres de large et 5 mètres de profondeur, selon un journaliste de l’AFP.

« Je ne peux pas vous dire comment nous avons survécu cette nuit-là. » » A déclaré Abu Abdullah al-Qadi. Les Israéliens « Ils ont tué mon cousin, ils ont tué beaucoup de gens avec leurs bombardements », a-t-il déclaré à l’AFP, alors que des dizaines de personnes se rassemblaient autour des maisons effondrées. « Ils ont pris d’assaut ce bâtiment » avoir «libéré des otages»Alors « l’a bombardé »ainsi que toutes les maisons aux alentours, a-t-il ajouté.

Le camp de réfugiés de Rafah se trouve au cœur de la ville, où des centaines de milliers de Gazaouis se sont massés après avoir suivi les ordres de l’armée d’évacuer les zones situées plus au nord.

« La nuit était terrifiante »

La guerre a été déclenchée par l’attaque sans précédent menée le 7 octobre par le Hamas sur le sol israélien, qui a fait plus de 1.160 morts, en majorité des civils, selon un décompte de l’AFP établi à partir de chiffres officiels israéliens. Environ 250 personnes ont été kidnappées. Après la libération lundi de deux Israéliens-Argentins, 130 otages sont toujours détenus à Gaza, dont 29 seraient morts, selon Israël. En représailles, le pays a lancé une offensive dans la bande de Gaza qui a fait plus de 28.300 morts, en grande majorité des femmes, des enfants et des adolescents, selon le ministère de la Santé du mouvement islamiste palestinien.

Malgré l’inquiétude croissante de la communauté internationale, le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu a déclaré lundi que « seulement la poursuite de la pression militaire » jusqu’à la « la victoire » libérerait « tous les otages » détenu à Gaza. Lundi, à Rafah, des dizaines de familles anxieuses ont commencé à emballer leurs maigres affaires. « La nuit était terrifiante »souligne Alaa Mohammed, 42 ans et originaire du nord de la bande de Gaza, alors qu’il démonte sa tente et rassemble couvertures et matelas.

« Ce qui s’est passé la nuit dernière suggère que quelque chose de grave va arriver à Rafah. Il semble que l’armée israélienne entrera comme elle l’a annoncé», il a dit. La famille d’Alaa Mohammed envisage de se retirer dans la région de Deir el-Balah, au centre de Gaza, par où les troupes israéliennes sont déjà passées. Après une nuit blanche, ses proches sont partis à la recherche d’un moyen de transport. « J’espère que nous pourrons trouver une voiture ou un camion. Nous avons appelé plusieurs chauffeurs que nous connaissons, mais ils sont tous pris.

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