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A Lützerath, maxi-répression contre les militants anti-charbon

La répression policière qui a ponctué l’évacuation du village de Lützerath dans la Ruhr, à partir du 11 janvier, continue de susciter beaucoup d’émotion outre-Rhin. Quelque 200 à 300 militants pour le climat occupaient le site depuis deux ans et voulaient éviter que le village allemand ne soit englouti par les excavatrices du géant privé de l’énergie, RWE, autorisé à agrandir la mine de lignite à ciel ouvert voisine. Elle doit extraire plusieurs centaines de millions de tonnes de la plus polluante des énergies fossiles, avant de l’envoyer dans les centrales thermiques de Neurath et Niederaussem, qui comptent parmi les plus grandes souffleries à gaz à effet de serre du continent (lire nos éditions des 11 et 12 janvier) .

La criminalisation des militants du climat a été l’une des constantes de l’opération. Environ 4 000 policiers ont été dépêchés sur les lieux par le Land de Rhénanie du Nord-Westphalie et par l’État fédéral. La fermeture du périmètre du village a abouti au déploiement d’une double barrière métallique de 1,5 kilomètre de long, pour isoler complètement les résistants du climat intérieur de Lützerath. Les autorités voulaient absolument les empêcher de rejoindre la foule des 35 000 manifestants venus les soutenir samedi 13 janvier, à l’appel de toutes les ONG environnementales du pays et… de jeunes verts ainsi que d’un député écolo-dissident local. La Suédoise Greta Thunberg et la dirigeante de Friday for Future Deutschland, Luisa Neubauer, se sont rendues sur les lieux.

Les autorités veulent sauver un modèle

de la transition énergétique qui a déjà échoué

Canons à eau, sprays au poivre, matraques, brigades canines et à cheval, tous les instruments de la convivialité policière ont été systématiquement utilisés ce jour-là : plusieurs dizaines de blessés, souvent à la tête et aux jambes, Thunberg elle-même embarquée et placée quelques instants en garde à vue.

Le vice-chancelier vert et le ministre vert du Land soutiennent qu’ils ont conclu un accord avec RWE pour qu’il cesse l’exploitation du lignite en 2030. Mais il n’y a rien de définitif à ce sujet. Comme en témoigne une enquête du très sérieux journal Die Zeit, ce qui indique que RWE retirera le lignite au moins jusqu’à fin 2033. La répression ne s’arrête pas là. Les militants arrêtés doivent être traduits en justice. RWE poursuivi pour intrusion et entrave à la libre entreprise. En jeu : des peines de plusieurs centaines de milliers d’euros. Les sanctions encourues doivent être dissuasives. Une militante qui a bloqué l’approvisionnement d’une centrale thermique RWE en s’enchaînant aux voies ferrées en 2021 ne vient-elle pas d’être condamnée à une amende de 2,4 millions d’euros ? « La loi est la loi ! » » proclament les avocats du groupe. « Et le profit est le profit », il serait plus approprié d’ajouter. RWE a réalisé plus de 2 milliards d’euros de bénéfice supplémentaire au cours des trois premiers trimestres 2022 grâce à l’explosion du prix de l’électricité, indexé sur celui du gaz, sur le marché. Le passage en force des autorités vise à sauver à tout prix un modèle de transition énergétique qui a déjà échoué, l’Allemagne augmentant dès 2021 -avant même les pénuries énergétiques provoquées par la guerre en Ukraine- son recours au charbon. Et de nouveaux sommets de l’ordo-libéralisme anti-climat seront atteints cette année, avec l’arrêt en avril des dernières centrales nucléaires du pays, qui n’émettent pas de gaz à effet de serre.

Capital, État et impuissance

Greta Thunberg arrêtée et la police allemande dans la boue. C’était le week-end dernier à Lützerath, le dernier village à résister, avec le soutien de 35 000 personnes, à l’insatiable appétit de charbon, et à la société RWE. Le gouvernement y a déployé l’une des plus importantes opérations policières du pays, démontrant la collusion entre un État et de grandes entreprises. En Angleterre, l’exécutif affiche clairement ses intentions : « Introduire de nouvelles infractions pénales » pour les désobéissants. Jan Goodey, militant de Just Stop Oil, a été condamné à six mois de prison pour entrave à la circulation. Partout, on assiste à une nouvelle forme de « monopole de la violence d’État légitime », pour reprendre l’expression de Max Weber, qui s’intensifie dans la défense du capital. A les entendre, face aux entreprises écocides, l’Etat ne pouvait rien faire. Face à ceux qui tentent de les en empêcher, il peut tout faire. Les dirigeants ont peur de tenir la barre et nous laissent couler sans grâce. Les puissants choisissent l’impuissance et la répression. En criminalisant les mouvements écologistes, ils offrent l’impunité aux criminels du climat.


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Cammile Bussière

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