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À dos de mouton, de chameau, à pied… Comment Google Street View collecte-t-il ses images ?

Faut-il encore présenter Street View ? La rue de votre hôtel, celle de votre dentiste, l’adresse de votre restaurant du samedi soir, la maison de votre enfance. Depuis un ordinateur ou un téléphone, qui n’a jamais utilisé le service de navigation virtuelle Google Street View pour se localiser et s’orienter ? Lancé en 2007 par un Français, Luc Vincent, Street View complète les services Google Maps et Google Earth. Ses panoramas à 360° depuis les routes publiques, urbaines ou rurales vous téléportent sans effort au sommet du mont Everest dans les profondeurs du Kamtchatka, depuis une terrasse de la côte amalfitaine, en Italie, jusqu’à une plage de Bali.

Plus de 16 millions de kilomètres d’images ont été capturés pour créer cette carte géante de la Terre. En faisant plus de 400 fois le tour de la Terre, Google affirme avoir couvert jusqu’à présent 98 % de la population mondiale. Ce qui n’est pas sans conséquences sur la vie privée.

Alors comment le géant américain a-t-il pu stocker autant d’images dans plus de 220 pays à travers le monde ? Comment est-il devenu le service de navigation virtuelle le plus utilisé ? Ouest-France vous répond.

Devenez randonneur

Google Maps cartographie le monde et utilise pour cela la voiture Street View, mieux connue sous le nom de voiture Google Maps. Equipé de neuf caméras qui photographient sous tous les points de vue possibles, c’est l’un des meilleurs outils que Google utilise pour perfectionner ses services de géolocalisation. Les caméras sont athermiques, cela signifie qu’elles sont conçues pour « Gérer des températures extrêmes sans changer d’orientation afin de pouvoir fonctionner dans une gamme d’environnements : de la Vallée de la Mort en plein été aux montagnes enneigées du Népal en hiver », explique Google sur son site. Les voitures Street View comprennent leur propre centre de traitement de photos et des capteurs qui utilisent des faisceaux laser pour mesurer avec précision la distance.

Le véhicule Google Street view Callac traversait les Côtes-d’Armor, sur la route de Guingamp. Photo illustrative. | ARCHIVES OUEST-FRANCE

Le véhicule Google Street view Callac traversait les Côtes-d’Armor, sur la route de Guingamp. Photo illustrative. | ARCHIVES OUEST-FRANCE

Google emploie également des street view trekkers, qui collectent des milliards d’images du monde entier. Le trekker est un appareil de capture d’images monté dans un sac à dos, pesant plus de 18 kg. Il est composé d’un mât court fixé à un système de capture d’images à 360 degrés, doté de quinze lentilles. Il enregistre des images à intervalles réguliers, et géolocalise chaque prise de vue.

Les randonneurs explorent les montagnes, les forêts, les lacs et les rivières. Il peut s’agir de troupes de reconnaissance, de groupes de scouts, de membres d’offices de tourisme ou de simples passionnés. Ensemble, ils forment une communauté au service de la navigation virtuelle pour nous aider à nous repérer et à découvrir des endroits que nous ne verrons peut-être jamais.

Veuillez noter que n’importe qui peut prendre des photos pour Google Street View. Ou presque. Car il suffit d’en faire la demande dans un formulaire auprès de Google, qui préfère évidemment encore les applications liées aux offices de tourisme, à une agence gouvernementale ou à une université. Si vous êtes accepté, le service de navigation virtuelle vous prêtera son Trekker. Et qu’on le sache, si une poignée d’employés de Google sont rémunérés pour cette tâche, ne comptez que sur votre amour de la nature, votre sens du service et votre goût de l’aventure !

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Moutons, chameaux, brouette…

Pour collecter des photos sous plusieurs angles dans les endroits les plus inaccessibles du monde, Google fixe ses caméras sur des canoës, des canoës, des vélos, des skateboards, ou encore des brouettes, mais aussi, sur le dos des moutons, comme aux îles Féroé. La vue des moutons peut faire sourire, mais reste une manière ingénieuse de photographier les pentes de l’île. Chaque mouton est équipé d’un GPS solaire afin de récolter les positions exactes des tirs. Google a également fixé ses caméras à l’arrière de e chameaux, comme dans le désert de Liwa, au sud d’Abu Dhabi, aux Émirats arabes unis.

« Rien qu’en 2019, les images Street View de la communauté Google Maps nous ont aidé à attribuer des adresses à près de sept millions de bâtiments dans des endroits auparavant sous-cartographiés comme l’Arménie, les Bermudes, le Liban, le Myanmar, les Tonga, Zanzibar et le Zimbabwe. »ajoute Google.

Une fois les photos collectées, Google utilise la photogrammétrie pour aligner et assembler un seul ensemble d’images. « Ces images nous montrent des détails d’une importance cruciale sur une zone, comme les routes, les marquages ​​routiers, les bâtiments et les rivières, ainsi que la distance précise entre chacun de ces objets.précise le géant américain. La photogrammétrie n’est pas nouvelle. Bien qu’elle soit née au début des années 1900, l’approche de Google est unique dans la mesure où elle utilise des milliards d’images, un peu comme si on assemblait un puzzle géant qui s’étendrait sur la planète entière. » Grâce à cette technique, Google est capable d’aligner les images aériennes et satellites avec celles de la communauté Street View, avec une précision au mètre près.

Sources et corrections

Les photos sont par exemple associées à des données de trafic. « Nos données proviennent de plus de 1 000 sources tierces du monde entier. Certains, comme l’United States Geological Survey (USGS) et l’Institut national de statistique et de géographie (INEGI) au Mexique, fournissent des informations sur un pays entier, ajoute Google. D’autres sont spécifiques à des régions plus petites, comme les données d’une municipalité locale, d’une ONG ou d’un promoteur immobilier. Nos équipes examinent attentivement chaque source de données faisant autorité pour garantir que nous disposons des données les plus précises et les plus à jour disponibles. »

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Et comme le monde change constamment, des routes s’ajoutent, des bâtiments sont construits et de nouvelles entreprises ouvrent constamment, les photos sont mises à jour régulièrement. Un site vous permet de savoir quand votre région sera à nouveau photographiée. Google, pour suivre les évolutions, fait appel aux gens, en plus des photos et des données, pour les aider à tout connecter. Collecte d’images, vérification des sources, correction des imprécisions cartographiques, Google Street View puise ses sources aux quatre coins du monde. Google Street View permet à chacun de devenir un « guide local » en envoyant des commentaires via Google maps. Les commentaires sont vérifiés et publiés après vérification.

Les endroits les plus visités au monde, via Google Street View, sont en premier lieu le Burj Khalifa, le plus haut gratte-ciel du monde situé à Dubaï, la Tour Eiffel et le Taj Mahal. La France se classe 9ème parmi les pays les plus visités sur cet outil et Paris est également 9ème parmi les villes les plus visitées au monde. L’Indonésie et Jakarta arrivent en tête de ces deux classements réalisés en 2022.

Eleon Lass

Eleanor - 28 years I have 5 years experience in journalism, and I care about news, celebrity news, technical news, as well as fashion, and was published in many international electronic magazines, and I live in Paris - France, and you can write to me: eleanor@newstoday.fr
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