Parmi les plus de 90 détenus palestiniens qui doivent être libérés par Israël dimanche, se trouve Dania, 21 ans, dont la famille attend à Ramallah.
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
Plus de 90 détenus palestiniens doivent être libérés dimanche 19 janvier, avec l’entrée en vigueur du cessez-le-feu entre le Hamas et Israël. A Ramallah, la famille de Dania, 21 ans, attend le retour de la jeune femme emprisonnée depuis cinq mois pour « activisme politique ».
Petits dés de carottes, courgettes : Mahla le prépare sfihaune soupe traditionnelle palestinienne, un plat léger pour le retour de Dania : « Je vais voir comment elle va, si elle peut déjà manger, et demain je lui préparerai le plat qu’elle aime. » Cela fait cinq mois qu’elle n’a pas vu sa fille pour la dernière fois. « Je vais la serrer dans mes bras, l’embrasser très fort parce que nous n’avons jamais été séparés aussi longtemps. Je ne sais pas si je vais m’évanouir quand je la verrai, elle m’a beaucoup manqué. »
Le père, Sakar, a eu peur lorsque le cessez-le-feu a été retardé tôt ce matin : « Nous nous y attendions avec les Israéliens, nous savions qu’ils allaient compromettre l’accord et tout cela retarderait le retour des prisonniers. » Le retour de Dania sera célébré sobrement : pas de décorations, pas de musique, par respect pour toutes les victimes de Gaza, disent les parents.
Le soulagement de Sakar se mêle également à l’inquiétude : la peur de revoir sa fille emprisonnée à nouveau dans le futur. Mais il ne peut pas, dit-il, l’empêcher de vivre : « Elle ne sera jamais en sécurité à cause de l’occupation, c’est une occupation criminelle… Elle retrouvera une vie normale et je la laisserai vivre sans limites. Je ne veux pas lui mettre d’obstacles, ni censurer votre pensées. » Dans quelques heures, ils pourront embrasser leur fille au lieu d’embrasser sa photo.
La famille d’une prisonnière palestinienne attend sa libération : reportage de Farida Nouar et Benjamin Thuau